Romuald Wadagni, ministre de l'économie et des finances
(Agence de presse panafricaine) -De la date de son accession à l’indépendance, le 1er août 1960, à nos jours, l’histoire économique du Bénin est marquée par deux périodes : une instabilité politique avec un système économique de type socialiste (de 1960 à 1990) et l’avènement de la démocratie avec une économie de marché tournée vers la mondialisation (de 1990 à nos jours). Voici un pan du bilan des acquis économiques du Bénin.
L’évolution du secteur industriel béninois révèle que sur la période 1960-1972, la plupart des
entreprises qui existaient résultent de l’héritage colonial et qu’elles ne faisaient pas des
échanges interindustriels entre unités de production. Le tissu industrielle existant était
composé de sept (07) industries de la colonisation (1952 à 1959) et de dix-neuf (19) industries créées entre 1960 et 1972, révélant de surcroit une forte concentration (74,0%) à Cotonou et dans le département de l’Atlantique.
Selon une étude de la direction générale des affaires économiques (Dgae),  ces unités de production étaient caractérisées par une forte prédominance des industries alimentaires (50%). La part du secteur privé dans le tissu industriel est estimée à 61,53% contre 23,08% pour le secteur public et 15,38% pour les unités de gérance mixtes. Cette période était également caractérisée par une absence de cohérence entre les politiques d’industrielles. Au cours de la période 1972-1990, le secteur industriel national a été contrôlé et dirigé de façon centralisée par l’Etat. L’une des stratégies adoptées par l’Etat était le démarrage du processus d’industrialisation en 1977 et 1980 préconisant le développement de l’exportation des biens manufacturés et la valorisation rationnelle de toutes les richesses naturelles du sol et du sous-sol. Ceci s’est révélé à travers la création d’infrastructures industrielles de base, la répartition des industries à travers le pays en fonction des zones de production des matières premières, l’extension de la branche des industries agroalimentaires et des industries de substitution des importations.
A l’avènement
de la démocratie, les recommandations de développement de l’économie nationale ont mis
l’accent sur le rôle prépondérant que doit jouer le secteur industriel. A cet effet, les Ministères
successifs en charge de l’Industrie et des Petites et Moyennes Entreprises ont initié plusieurs
actions dans la perspective de réhabiliter les capacités industrielles existantes, de
satisfaire les besoins fondamentaux de la population par l’accroissement de la production et
l’amélioration de la qualité des produits, de renforcer le tissu industriel via une
valorisation des ressources naturelles et la promotion des échanges intersectoriels et de
créer des emplois à travers le développement des initiatives privées par la promotion des
PME/PMI et de l’artisanat de production et de transformation.
La décennie 2006-2016 a été marqué par la formulation de mesures de politiques visant à
redynamiser le tissu industriel national. Les mesures de politiques préconisées sont entre
autres la poursuite du désengagement de l’Etat du secteur de production, la relance
du secteur textile, la satisfaction d’une demande intérieure de plus en plus croissante, l’accroissement de la production et l’amélioration de la qualité des produits, la
valorisation des matières premières locales, la promotion des échanges intersectoriels, le développement des initiatives privées par la promotion des PME/PMI et de l’artisanat de production et de transformation,  la mobilisation du surplus à investir à partir de la
croissance générée par l’industrie,  la création et l’aménagement dans tous les
départements, des zones industrielles viabilisées, la poursuite et l’accélération de toutes
les actions menées au plan interne et externe, notamment, auprès des Partenaires Techniques et Financiers en vue de la mise en exploitation urgente de la Zone Franche Industrielle du Bénin et des Sites Industriels.
 Mais les résultats en termes d’amélioration de la contribution de
ce secteur demeurent toujours mitigés. Il pourrait cependant constituer un levier pour la
relance de l’économie béninoise et la réduction de la pauvreté. L’analyse du potentiel des
branches industrielles à l’aide du simulateur SIMSIP SAM de la Banque Mondiale, a permis
d’identifier des secteurs à forte liaison en amont, des secteurs à forte liaison en aval et des
secteurs clés autour desquels pourra s’articuler une politique industrielle. Les secteurs clés
sont les branches d’activités qui tirent le plus la croissance de l’économie et qui subissent une
forte liaison en aval. «De l’analyse croisée des secteurs, il ressort que les branches  Agro-artisanat, Agro-industrie,  Eau-Electricité et autres industries modernes sont de
potentiel source de croissance pour l’économie béninoise», selon la Dgae.
L’économie locale
La décentralisation a obligé l’État central a octroyer des ressources aux collectivités territoriales. Mais cela ne devrait pas suffire pour l’essor tant voulu. Ainsi, les communes, sous l’impulsion de l’association nationale des communes du Bénin (Ancb) développent l’économie locale à travers des financements de coopératives agro-alimentaires, des initiatives des jeunes entrepreneurs, les groupements de femmes. Les recettes au niveau des communes sont gérées de manière autonome et efficiente avec le concours des services déconcentrés de l’Etat. Le foncier, la vache à lait de certains élus, fait partie des plats de résistance des conseils communaux et municipaux. Les taxes collectées par les mairies ne vont plus directement dans les caisses de l’Etat central mais permettent de résoudre des problèmes de chaque localité, avec comme ordonnateur du budget, le maire. Ainsi, les communautés locales apportent de l’oxygène à l’économie nationale, d’une manière ou d’une autre.
Membre des organismes sous-régionaux
Le Bénin, dans le souci de faire rayonner son économie, a souscrit volontiers à l’intégration sous-régionale. C’est ainsi qu’il a adhéré à la communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Cette ouverture sur la sous-région lui permet d’avoir des appuis techniques voire financiers des pays frères et autres institutions internationales. Les relations de bon voisinage lui ont permis de faire face aux différents chocs pour sortir la tête de l’eau en dépit des crises économiques successives jusqu’en août 2019 où le géant de l’Est, le Nigéria, a décidé de façon unilatérale de fermer ses frontières terrestres d’avec certains de ses voisins dont le Bénin.
Fermeture des frontières du Nigeria
En effet, tel que l’ont reconnu des économistes et même le chef de l’État, le Bénin était tellement dépendant du Nigéria au point le Naïra, monnaie nigériane, est utilisée à certains endroits sur le territoire béninois. Il a fallu des études unilatérales, pour que Muhamadu Buhari décide de mettre un blocus sur le Bénin. La raison fondamentale évoquée était que les produits de la contrebande émanaient du pays de Patrice Talon pour tuer l’économie nigériane. Les tentatives de la Cedeao et bien d’autres médiateurs sont restées vaines. Du coup, il est impossible pour les commerçants des deux pays de faire des échanges transfrontaliers. Les taxes que l’État Béninois percevait à la frontière bénino-nigériane sont, de facto, suspendues. Mais le gouvernement crois savoir que le peuple est résilient et s’en félicite.
Palme d’or pour le gouvernement Talon
En dépit de la crise économique généralisée indue par la crise sanitaire du Coronavirus, le Bénin fait des bonds significatifs sur le plan international. Dans le cadre de l’évaluation par la Banque Mondiale des politiques et des institutions nationales en 2020, le Bénin est classé 2ème du continent africain en matière de gestion économique. Avant cela, en 2019, le Bénin a été classé premier des pays francophones d’Afrique en matière de transparence budgétaire, par une structure internationale d’enquête partenaire de la Banque Mondiale, du FMI et de l’OCDE.
«Cette rigueur dans la gouvernance, associée aux efforts de chacun, a permis à notre pays, depuis le début de cette année, de sortir de la liste des 25 pays les plus pauvres de la planète et de quitter la catégorie des pays à faible revenu pour intégrer le groupe des pays à revenu intermédiaire», se réjouit Patrice Talon lors de son discours ce vendredi 31 juillet.
Parfait Folly correspondant (App) Bénin

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