(Agence de presse panafricaine) -Certains l’accompagnent depuis des années. D’autres ont tenté des incursions au sein du parti présidentiel avant de faire amende honorable. Des hommes et des femmes qui gravitent autour de l’ancien Président de l’Assemblée Nationale, Guillaume Soro et qui, ces derniers mois, ont resserré les rangs.

 

Ils n’auraient manqué cela pour rien au monde, le 22 octobre 2019, quand Guillaume Soro faisait son grand retour en Côte d’Ivoire après deux mois d’absence. Dans un salon privé de l’aéroport international Félix-Houphouët-Boigny d’Abidjan, une cinquantaine de personnes attendent le président de l’Assemblée nationale. On discute bruyamment, on se congratule. Au premier rang, formant une sorte de haie d’honneur, sa garde rapprochée, prête à accueillir celui qu’ils appellent le PAN, Bogota (son nom de code du temps des années de lutte estudiantine) ou même le leader éclairé. Parmi cette pléiade d’hommes, on ne saurait ignorer Affoussiata Bamba Lamine dont les prises de position sont univoques face aux manœuvres du pouvoir à l’encontre de son égérie. Et quand bien même au fil des années et des postes qu’il a occupés, Guillaume Soro s’est constitué un cénacle hétéroclite, on ne saurait y soustraire Affoussiata Bamba Lamine qui a toujours été là. Une garde rapprochée que ses détracteurs qualifient volontiers de «garde nébuleuse», avec laquelle il aime échanger jusque tard dans la nuit et où les rôles ne sont pas forcément très bien répartis. Très secret, Soro aime cloisonner les différents cercles qui l’aident à concevoir sa stratégie. Il y a des politiques, des communicants au rang desquels trône Affoussiata Bamba Lamine, quelques hommes d’affaires et (surtout) des militaires. Il y a ceux qu’il expose et ceux qu’il protège.

 

Diluer la cacophonie de la communication

 

Beaucoup furent des cadres de l’ancienne rébellion des Forces nouvelles. Vieux camarade de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci), un temps proche de la mouvance des Jeunes Patriotes, Sidiki Konaté accompagne ainsi Soro depuis les négociations interivoiriennes de 2002. Proche des confréries musulmanes, le président de la Commission défense et sécurité de l’Assemblée nationale, devenu député de Man (Ouest) sous la bannière du Rassemblement des républicains (RDR), mobilise pour lui ses réseaux politiques et religieux. Ancien journaliste et directeur général de Nord-Sud Quotidien, Sindou Meïté, détermine avec Soro la ligne à adopter dans les médias. Mais l’articulation de la communication donne parfois un sentiment de cacophonie et fait régulièrement l’objet de tensions internes qu’a tôt fait de tempérer chaque fois Affoussiata Bamba Lamine. C’est le cas entre Moussa Touré, un fidèle chargé de la communication officielle à l’Assemblée nationale, et l’ancien ministre Alain Lobognon, qui a longtemps été le visage médiatique de la galaxie Soro. «Il a parfois été reproché à Moussa de parler de sujets qui ne le concernaient pas», explique un proche du PAN. Ancienne porte-parole des FN de retour dans le giron de Soro depuis sa défaite aux dernières législatives et sa sortie du gouvernement, Affoussiata Bamba-Lamine s’est également vu confier la tâche de s’exprimer dans les médias. À noter que, comme elle, Sidiki Konaté s’était rapproché de la direction du RDR avant de revenir auprès de Soro et de faire amende honorable.

 

                                         Affousiata Bamba Lamine et Guillaume Soro (App)

 

Interface stratégique

 

Comme annoncé, les deux hommes se sont bel et bien rencontrés à la Haye, une rencontre qui est intervenue peu de temps après la visite effectuée par Affoussiata Bamba Lamine, l’ancienne ministre de la communication et proche de Guillaume Soro qui en a très certainement ficelé les contours. Au menu des échanges, la réconciliation nationale : «Monsieur Guillaume Kigbafori Soro, Président de GPS et sieur Charles Blé Goudé, Président du COJEP, s’engagent à œuvrer pour une réconciliation sincère et non propagandiste en Côte d’Ivoire. Toutefois, les deux personnalités conviennent que la réconciliation doit se nourrir de vérité et de repentance, gage de tout pardon», lit-on dans le communiqué final conjoint de ladite rencontre. Dans ledit communiqué conjoint, «Les deux leaders exhortent le régime d’Abidjan à organiser des assises politiques nationales inclusives en vue de vider tout le passif de la récente crise qui a endeuillé la Côte d’Ivoire et de créer les conditions idoines pour une stabilité et une paix sociale durable : les deux personnalités ont convenu de poursuivre les échanges et initiatives pour le triomphe de la paix en Côte d’Ivoire, sous l’égide de Affoussiata Bamba Lamine».

 

Nyobe Nyobe pour (App)

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