(Agence de presse panafricaine) -Près de 120 millions d’enfants dans 37 pays risquent de ne pas être vaccinés contre la rougeole cette année. C’est le résultat d’une étude menée par le centre de recherche sur l’épidémiologie des désastres (CRED) de l’UC Louvain, en collaboration avec l’Université de Stanford, la Harvard Medical School et l’Organisation mondiale de la santé.

 

 

 

La cause de cette absence de vaccination ? La priorité donnée à la lutte contre la covid-19. La rougeole était déjà en recrudescence ces dernières années, à cause notamment du mouvement «anti-vaccin» (pour tout savoir sur la vaccination et les vaccins, écoutez le dernier podcast UCLouvain Capito !). La pandémie actuelle augmente les risques de cette maladie, en la reléguant au 2e plan dans certains pays. Selon les scientifiques UC Louvain, une simple diminution de 15 % des vaccinations de routine contre la rougeole pourrait avoir pour conséquence le décès de près d’un quart de million d’enfants dans les pays pauvres. La situation est particulièrement grave dans les zones en conflit en raison de la malnutrition des enfants et de leur mère, qui aggrave la mortalité en cas de rougeole.

 

 

Dans l’Est de la République démocratique du Congo, par exemple, dans les régions d’Ituri et du Nord-Kivu touchées par des conflits, la lutte contre la covid-19 devrait retarder la vaccination de près d’un million d’enfants. Or, dans la plupart des pays pauvres, la mortalité due à la covid-19 est restée faible comparé aux risques suscités par la rougeole. Un seul exemple : en RDC encore, 37 personnes sont décédées du covid-19 en juin dernier tandis que 6 000 décès dus à la rougeole ont été enregistrés en quelques mois dans l’Est de la RDC, touchant principalement des enfants. Les scientifiques de l’UCLouvain, Harvard, Stanford et de l’OMS demandent que les politiques destinées à lutter contre le covid-19 tiennent compte des autres menaces que constituent les maladies à transmission élevée dans les pays pauvres, en particulier dans les zones de conflit. Car si les enfants ne sont pas vaccinés au bon moment, ils perdront les avantages d’une immunité à vie.

 

Cette recherche a été menée par Debarati Guha-Sapir et Maria Moitinho De Almeida, respectivement directrice et boursière au centre de recherche sur l’épidémiologie des désastres (CRED) de l’UCL ouvain, Mory Keita de l’OMS, Gregg Greenough de la Harvard Medical School et Eran Bendavid de l’Université de Stanford.

 

 

 

Hermine Yeye pour (App)

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