Le président angolais, Joao Lourenço, a quitté Luanda hier en direction de Moscou, pour une visite officielle de quatre jours, à l’invitation de son homologue russe. Une visite qui vise à élargir la coopération entre les deux pays.

Selon un communiqué du cabinet du président angolais, João Lourenço mènera un “programme intense”, qui comprend une réunion avec Vladimir Poutine et des entretiens au plus haut niveau entre les délégations des deux pays, dans le but d’étendre et de renforcer la coopération bilatérale.

Dans la capitale russe, selon une note cabinet civil de la présidence de la République, le chef de l’Etat angolais mènera un programme intense comprenant une rencontre avec Vladimir Poutine et des entretiens au plus haut niveau entre des délégations des deux pays, en vue de renforcer et d’étendre la coopération bilatérale. “On s’attend à élargir les horizons d’investissement dans l’un et l’autre marché”, indique le communiqué, qui ajoute que le programme officiel comporte un aspect culturel. En effet, João Lourenço sera reçu à Douma (Parlement russe), puis au théâtre Bolchoï, avant de participer à un forum entrepreneurial sur l’investissement dans les deux pays respectifs.

A ceci s’ajoute le fait que João Lourenço décernera le jeudi 4 avril, au Kremlin, au président Vladimir Poutine, l’Ordre Agostinho Neto, symbole de l’amitié entre les deux pays. Ce geste qui constitue l’un des temps forts de cette visite viendra ainsi à la suite d’un autre point aussi important, qui sera celui de la signature de 10 nouveaux accords. Notamment en ce qui concerne la coopération dans les domaines des finances, de l’agriculture, de la pêche, des nouvelles technologies, des télécommunications. Mais, parmi ces divers accords que l’homme d’Etat angolais a l’intention de signer avec le gouvernement russe, le point culminant est le renforcement de la coopération militaire, avec la négociation de l’installation de l’industrie de guerre en Angola, pour laquelle la Russie se montre disponible.

On se souvient que lors de la dernière réunion entre João Lourenço et Vladimir Poutine, tenue en Afrique du Sud en juillet 2018, les deux hommes d’Etat ont souligné la nécessité d’élargir la coopération au-delà des domaines de l’industrie extractive. Ceci, en dépit du fait que dans  les secteurs politiques de l’opposition et les organisations de la société civile angolais, on  critique cette démarche, estimant qu’on ne voit pas la nécessité de créer une industrie de l’armement dans le pays. Surtout que certains craignent que nombre de ces armes ne soient entre les mains de criminels. “L’installation d’une usine d’armes, même si elle crée des emplois, ne me semble pas une priorité absolue, car notre société a un taux de criminalité très élevé et une usine a tendance à voir plus d’armes à feu dans les rues et ce n’est pas priorité pour l’Angola “, a déclaré Le politologue João Lucombo.

Pour rappel, les “relations privilégiées” entre l’Angola et la Russie ont atteint leur “point culminant” en 1976, lorsque Moscou (alors capitale de l’Union des républiques socialistes soviétiques) et Luanda ont signé le traité de l’Amitié et de la Coopération.

“De 1976 à nos jours, les relations entre les deux pays ont connu différentes étapes de coopération et sont actuellement plus importantes dans les domaines de l’énergie, de la géologie et des mines, de l’enseignement supérieur, de la formation, de la défense, de l’intérieur, des télécommunications et des technologies, de l’Information, Pêche, Transports, Finance et Banque “, lit-on dans le communiqué de le présidence angolaise.

Par la même occasion, on apprend que la dernière visite officielle d’un président angolais en Russie a eu lieu en 2006, avec José Eduardo dos Santos, qui avait également effectué une visite officielle en 1979.

Toujours dans le communiqué, il est rappelé que le 5 mars 2018, le ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Sergueï Lavrov, était à Luanda, à l’époque où “les liens d’amitié et de coopération ont été renforcés”. De même, ce mois-ci, le ministre angolais des Relations extérieures angolais était à Moscou après avoir participé à une réunion sur les droits de l’homme à Genève. par Mary Njana App

Pour l’heure, le ministère des Relations extérieures angolais estime qu’environ 1 000 citoyens russes vivent en Angola et qu’au moins 1 500 Angolais vivent en Russie.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here