(Agence de presse panafricaine) -L’an deux mille dix-huit et le 03 décembre à 15 heures, il a été organisé la soutenance publique du Doctorat en Sciences Sociales option : Sociologie de la Ville de Monsieur Franck Elmer ESSONO EDOH SOSSOU intitulée ‘’Restructuration urbaine à Libreville (Gabon). Politique de la ville et logiques d’acteurs’’ dans la salle de deuxième année du département des Lettres Modernes.

Inscrit à la Formation doctorale Anthropologie-Sociologie sise à l’Université Omar BONGO depuis quatre (4) ans, l’impétrant a soutenu valablement son travail fruit d’une recherche poussée en Sciences Sociales et Humaines devant un jury international composé du :

•      Président : M. Raymond MAYER, Professeur d’Anthropologie à l’Université Omar BONGO, Libreville (Gabon)

•      Pré-rapporteur : M. Michel LESOURD, Professeur de Géographie à l’Université de Rouen (France)

•      Pré-rapporteur : M. Jean-François OWAYE, Professeur d’Histoire à l’Université Omar BONGO, Libreville (Gabon)

•      Directeur de thèse : M. Fidèle Pierre NZE-NGUEMA, Professeur de Sociologie à l’Université Omar BONGO, Libreville (Gabon)

 

Autant préciser que le Jury a été composé d’un Sociologue, d’un Anthropologue, d’un Géographe et d’un Historien ce qui a favorisé la richesse des échanges pluridisciplinaires et transdisciplinaires pour cerner une thématique de recherche pionnière au Gabon. C’est ainsi qu’après trois (3) heures de soutenance, l’impétrant a obtenu la délibération sur Procès-Verbal n°010/18 établi le 03/12/2018 et selon la formule consacrée suivante : Après délibération, le candidat a été jugé digne du grade de Docteur en Sciences Sociales option : Sociologie de la Ville avec la mention : « Très Honorable, avec les Félicitations du Jury et la Promesse de Publication ».

Depuis 2009, les gouvernements « émergents » gabonais ont lancé un vaste programme de déguerpissement dans la ville de Libreville et sa périphérie censé permettre « l’assainissement et la restructuration » de plusieurs parcelles. Des centaines d’habitations et commerces sont détruits dans le cadre de l’opération ‘’libérez les trottoirs’’visant à raser les constructions « illicites » afin de construire des logements sociaux, d’agrandir la route nationale 1 et d’écurer les bassins versants. Sachant que la politique de déguerpissement implique non seulement la déterritorialisation forcée mais aussi, souvent une réinstallation imposée, les opérations de déguerpissement observées à Libreville ont été précédé d’une indemnisation financière pour la plupart des déguerpis et expropriés ne laissant plus de doute sur un quelconque relogement. Plus qu’un bien économique, le logement résidentiel qu’il soit social, collectif, individuel voire socio-économique est avant tout une nécessité sociale impérieuse. De ce fait, il doit impérativement être appréhendé sous un double aspect : D’une part, une logique économique qui s’impose comme étant l’exercice d’une activité immobilière conférant à un titulaire le droit au profit. Et d’autre part, selon l’utilité sociale qui le caractérise à travers les projets immobiliers qui sont destinés spécialement aux publics vulnérables. La recherche d’un arbitrage mutuel entre ces deux (2) logiques opposées a constitué notre défi tout au long de notre recherche doctorale. Cette constatation nous amène cependant à un questionnement : Le traitement du logement à caractère social dans la vision actuelle purement néolibérale et individualiste ne risque-t-il pas de faire perdurer cette problématique ? En matière de logement social, est-il permit de n’accorder qu’une faible importance à l’aspect social ? Dans quelle mesure est-il possible de réconcilier le social et l’économique au service de la promotion d’un secteur à vocation sociale ?

La question du logement social locatif au Gabon est un problème récurrent posé aux gouvernements successifs sans que des solutions probantes n’aient été apportées. Dans la plupart des quartiers précaires de Libreville, la misère sociale est visible dans la débrouillardise quotidienne des citadins pour sortir de l’état de pauvreté perpétuelle. Toutefois, la résorption de l’habitat précaire est une partie intégrante de l’aménagement du territoire, et demeure une question participative dont les différents acteurs sociaux sont responsabilisés. En effet, la politique de l’habitat, c’est avant tout une politique territoriale. Sur la base des résultats obtenus lors de notre recherche doctorale, les acquis de cette thèse exhorte à promouvoir une meilleure intégration de l’individu en milieu urbain par l’instauration d’une vision plus humanisant de la ville qui favorise une participation consciente des populations au développement social, politique et économique, et une plus grande loyauté dans l’application des politiques définies par les pouvoirs publics.

 

Dr. Franck Elmer ESSONO EDOH SOSSOU

Sociologue du développement des territoires/Spécialiste des questions sociales inclusives
Responsable des formations à l’ONG IDRC Africa
Chargé d’étude à la Coordination nationale des jeunes pour la culture de la paix (PAYNCOP Gabon)
Membre Chambre sociale Certification FSC
Membre Certification RSPO

 

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