Des manifestations organisées hier jeudi 4 avril 2019 à l’appel de plusieurs partis de l’opposition béninoise afin de protester contre leur exclusion des élections législatives prévues le 28 avril 2019 ont été interdites et dispersées à Cotonou la capitale béninoise.

Selon des témoignages recueillis sur place, l’«appel à la résistance» annoncé par les leaders de l’opposition a donc tourné court. Avant même le départ des rassemblements organisés à Cotonou, les manifestants ont été dispersés dans la matinée par la police et l’armée. La présence policière était bien particulière. L’on a pu constater le quadrillage en plein centre de la capitale économique par d’importants détachements des forces de l’ordre lourdement armées. Par contre, d’autres manifestations ont pu avoir lieu, notamment dans les communes de Djakotomey et Klouékanmè- Centre, où quelques centaines de militants sont sortis dans les rues, ont témoigné certains journalistes qui ont affirmé avoir vu «Les Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), parti de l’ancien chef d’État Thomas Boni Yayi, Restaurer l’espoir (RE) et le Parti pour la libération du peuple (PLP) appeler leurs supporters à manifester et envahir le siège de la Commission électorale nationale autonome (Cena)».

Tout a donc commencé en début du mois de mars 2019, la Cena avait estimé que seuls deux partis membres de la mouvance proche du président Patrice Talon avaient rempli les conditions requises par le nouveau code électoral – adopté en 2018 et durcissant les règles régissant les partis politiques – pour pouvoir présenter des listes, excluant de facto toute l’opposition des législatives prévues le 28 avril 2019.

Pour l’ancien président Nicéphore Soglo  «c’est une situation ubuesque», a-t-il déclaré devant les journalistes, en accusant Talon qui, pour lui, «s’est trompé de pays et d’époque»

Éric Houndété, vice-président du Parlement et un des leaders de l’opposition proche de Boni Yayi, a dit que « sans l’opposition il n’y aura pas d’élections au Bénin. Il n’y a pas de partis en lice pour cette élection. Chacun de nous sait que cette élection des députés n’aura pas lieu. Le Bénin ne permettra pas l’élection de 83 députés privés du chef de l’État. Nous userons de tous les moyens que la loi nous donne pour agir», a-t-il conclu.

En réaction, le gouvernement a indiqué vouloir «respecter scrupuleusement l’ordre constitutionnel établi, ne permettant aucune violation des lois en vigueur et poursuivre le processus pour la tenue des élections à bonne date».

Le film continue donc.

par Hermine Yèyè App

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