Dans un  communiqué diffusé lundi 4 mars 2019,  par la représentation onusienne au Burundi, la fermeture du bureau du Haut-Commissariat des Nations-unies aux droits de l’homme situé à Bujumbura est « devenue effective le 28 février ». Une bonne nouvelle pour le Burundi.

Cette fermeture arrive ainsi trois mois après la demande des autorités burundaises. Sans oublier qu’en réaction au rapport de l’équipe des experts indépendants des Nations-unies sur le Burundi, établi par le Conseil de droits de l’homme, Bujumbura avait suspendu en octobre 2016 toute coopération avec les services de cet organisme onusien.

Pour le Haut-Commissariat des Nations-unies aux droits de l’homme, au Burundi, madame Bachelet, la déception est immense : « C’est avec un profond regret que nous avons dû fermer notre bureau au Burundi après 23 ans de présence dans le pays », a-t-elle déclaré. Et de poursuivre : «Depuis la création du Bureau des droits de l’homme des Nations Unies au Burundi en 1995, pendant de nombreuses années, nous avons travaillé avec le gouvernement sur la consolidation de la paix, la réforme du secteur de sécurité, la réforme du secteur de la justice et contribué à renforcer les capacités institutionnelles et de la société civile sur toute une série de questions des droits de l’homme », déplore-t-elle.

En guise de bilan, elle relève que « le Bureau des droits de l’homme des Nations Unies au Burundi a été créé en 1995, dans le contexte de violations massives des droits de l’homme commises dans le pays à la suite de l’assassinat du Président Melchior Ndadaye. Le Bureau a contribué à assurer l’incorporation d’une dimension des droits de l’homme dans la mise en œuvre de l’Accord d’Arusha, qui a été le socle de la stabilité du pays depuis de nombreuses années. Le Bureau a joué un rôle de premier plan dans la création de la Commission nationale indépendante des droits de l’homme, de la Commission Vérité et  Réconciliation, dans les réformes législatives ainsi que dans l’émergence d’organisations de la société civile fortes.

« Malheureusement, un bon nombre de ces avancées en matière de droits de l’homme ont été mises en péril depuis 2015 », a déclaré Mme Bachelet.

Pour le Haute-Commissaire Bachelet, « Nos rapports sur la situation des droits de l’homme au Burundi ont toujours été produits dans un esprit constructif, destiné à soutenir la promotion et la protection des droits de l’homme dans le pays. Mais je suis déçue par le manque de coopération du Burundi ces dernières années avec les mécanismes des Nations Unies en matière de droits de l’homme – qui sont même allés jusqu’à inclure des menaces pour poursuivre les membres de la Commission d’enquête internationale indépendante établie par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. », a-t-elle déclaré.

Le Burundi se réjouit de l’exécution de cette décision

« Le Gouvernement a exprimé sa volonté de travailler avec le Haut-Commissariat des Nations-unies aux Droits de l’Homme après la fermeture de son bureau au Burundi, et nous sommes prêts à échanger de manière constructive. J’invite également le gouvernement burundais à coopérer avec tous les mécanismes pertinents des Nations-unies en matière des droits de l’homme, y compris les experts indépendants des Nations-unies et les organes de traités des droits de l’homme ». , a déclaré dans la journée de mardi 5 mars, Martin Nivyabandi, ministre burundais des droits de l’homme qui trouve plutôt que «le pays n’est plus en insécurité».

«Nous sommes à même de faire le suivi en matière des droits humains», a-t-il affirmé aux médias locaux. A la radio nationale du Burundi, déclaré : «Nous sommes heureux d’apprendre que l’Office de l’Onu pour les droits de l’homme a fermé son bureau à Bujumbura, c’est l’exécution d’une décision du gouvernement prise en décembre».

En rappel, l’office de l’Onu pour les droits de l’homme avait été établi au Burundi en 1995, dans le sillage des violations massives perpétrées au cours de la crise politique ayant suivi l’assassinat du président Melchior Ndadaye, le 21 octobre 1993. par Jean François

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