(Agence de presse panafricaine) -Vestige de la défunte Camair, la compagnie nationale aérienne du Cameroun peine toujours à prendre son envol du fait à la fois de choix stratégiques inopérants et aussi et surtout d’une forte immixtion du politique dans la gestion au fallacieux motif d’en être le principal actionnaire. Au total, aucune lisibilité entérinée autant par une flotte sous dimensionnée pour un effectif pléthorique.

 

 

 

Fort de ce qui précède, il est évident que Camair-Co était mal partie à l’essence mais ambitionnait néanmoins d’inverser cette tendance et surtout se muer en onzième région nationale comme le fut en son temps la compagnie qui l’a précédée. Malheureusement on ne capitalisa guère les causes de l’échec de celle-ci afin d’éviter les mêmes travers. Du coup, ce qui devait arriver arriva plus corsé qu’avant, étant entendu les tribulations politiciennes inhérentes au choix des dirigeants statutaires de la nouvelle compagnie du reste desservie autant par un lourd passif légué par la Camair qu’en raison d’une forte propension des mêmes dirigeants à s’enrichir sur le dos de la compagnie. Ainsi en a-t-il été avec une mauvaise exploitation de la flotte (vente des avions en propriété pour le leasing qui assurait des rétro commissions) et pire son inadéquation avec les dessertes de la compagnie qui a tôt fait de se focaliser uniquement sur le passage alors qu’en la matière c’est bien le fret qu’elle a concédé qui constitue le volet le plus important du chiffre d’affaires de toute compagnie aérienne.

 

 

Plus grave encore, l’extraversion de la sous-traitance et de la maintenance (tout l’entretien des avions était fait à l’extérieur à des coûts exorbitants) alors que le stock des pièces de rechange était assuré par des prestataires non qualifiés pour ce faire. Des choix bien évidemment qui laissaient libre cours à la surfacturation et l’approximation des acquisitions qui obligèrent parfois les dirigeants statutaires à recourir en dernier ressort aux professionnels en la matière avec des coûts induits supplémentaires qui érodèrent progressivement les maigres réserves financières de la compagnie en lui imposant dès lors un surendettement. Dans la foulée, il n’est pas de l’ignorance même des dispositions régissant le transport aérien et singulièrement en son volet de réciprocité de mise à disposition du ciel aux compagnies aériennes étrangères. Si bien que Camair-Co s’est vite retrouvée débordée par la concurrence qui présentait pourtant des atouts bien supérieurs aux siens quand bien même son fonds de commerce traditionnel pouvait faire valoir son nationalisme pour lui accorder prioritairement ses faveurs.

 

 

 

Hermine Yeye pour (App)

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