Cameroun : Justice Condamnation de Sisiku Ayuk Tabe et Cie

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(Agence de presse panafricaine) Le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale accuse le gouvernement camerounais de prêter le flan à la perduration de la crise socio politique et sécuritaire dans cette partie du pays, à travers cette décision de justice.

Face à la presse ce mardi, Maximilienne C. Ngo MBE, Directrice Exécutive du REDHAC a fait une déclaration

« En effet, après un procès scandaleux en violation flagrante de toutes les règles et procédures judiciaires, au mépris total des directives et principes sur le droit à un procès équitable et à l’assistance judiciaire en Afrique au terme de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) dont le Cameroun est membre signataire, dix des leaders poursuivis dans le cadre de la crise dite Anglophone ont très lourdement été condamnés au petit matin de ce jour après une torture physique et psychologique sans précédent qui aura duré toute une nuit.

Monsieur Ayuk Sisiku Tabe et 09 de ses coaccusés ont essuyé tenez-vous bien une condamnation à vie sans autre forme de procès. Une condamnation à la peine capitale assortie du paiement de 250 milliards de francs CFA de dommages et 12, 5 milliards d’amende. Je n’ai pas dit millions mais bel et bien 250 milliards de francs CFA, environ le montant du budget annuel du Ministère de la Défense du Cameroun ou encore celui des Travaux Publics. En d’autres termes, pour avoir exprimé des revendications jugées légitimes même si l’on peut débattre de la manière, cette dizaine de personnes que le pouvoir de Yaoundé a jeté à la vindicte populaire comme les meneurs de la crise dite sécessionniste, voient ainsi leur sort scellé pour l’éternité.

En français facile, il est décrété la fin de leur vie. De manière irrévocable, le REDHAC s’insurge et condamne sans vergogne ce simulacre de procès. C’est tout simplement inacceptable une telle plaisanterie judiciaire inique et cynique sans précédent dans un pays dit « de droit ». C’est là, la preuve s’il en était encore besoin que nous sommes dans un environnement où l’état de droit est foulé au pied de manière abjecte, c’est aussi là, la preuve convaincante et irréversible de la non séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Pour nous, et nous prenons d’ailleurs l’engagement solennel de dénoncer cela jusqu’à ce que nous soyons entendus, aussi, nous tenons pour principal responsable le gouvernement Camerounais d’un éventuel chaos qui pourrait survenir de ce déni de justice.

Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une tentative délibérée et manifeste du régime de Yaoundé de créer le pourrissement total de la situation dans les régions du Nord Ouest et du Sud Ouest qui ont pourtant, et ce pendant près de trois ans, payé le lourd tribut de cette crise qui chaque jour d’avantage s’envenime et se complexifie. C

e qui surprend et exaspère le plus dans ce show judiciaire de très mauvais goût, c’est qu’il survient dans un contexte pourtant marqué par une campagne de retour à l’école dans cette partie en crise baptisée Back2School initiée faut-il le rappeler par les sieurs Ayuk Sisiku Tabe et  Mancho Bibixy, mais aussi à la suite rappelez-vous du Tweet du Président de la République qui prônait le pardon et la mise en place du dialogue ayant conduit à l’amorce d’un prétendu dialogue à Genève en Suisse pour trouver des voies et moyens d’un retour à la paix.

Au demeurant, avant qu’on en arrive à cette situation catastrophique, il est important que vous sachiez que d’autres coaccusés de cette crise dite Anglophone endurent eux aussi les méfaits d’une justice aux ordres. En effet 174 d’entre eux (j’ai instruit que la liste vous soit remise en annexe) écroués à la prison centrale de Yaoundé y sont en détention préventive depuis plus d’un an sans jamais avoir été présentés devant un juge d’instruction.

Une scandaleuse aberration et tout aussi inadmissible quand on sait la vie dans nos prisons engluées dans une surpopulation carcérale intolérable. Ce qui me permet d’ailleurs de réitérer ici notre demande sans conditions de la libération immédiate de AYUK SISIKU TABE, MANCHO BIBIXY, leurs coaccusés et toutes les personnes interpellées dans le cadre de cette crise et celle post-électorale.

Nous demandons également à l’Etat du Cameroun de se soumettre à une mission indépendante et internationale d’établissement des faits concernant des allégations graves des violations et des exactions des Droits Humains au Nord Ouest et Sud Ouest, tout comme à l’extrême Nord du Cameroun. Il urge également la mise en place d’un cadre propice pour un cessez-le-feu immédiat afin de créer les conditions de la mise en place de la Commission Vérité Justice et Réconciliation pour un Cameroun de sécurité pour tous, justice équitable, paix durable, et développement pérenne… ».

Maximilienne C. Ngo MBE,

Directrice Exécutive du REDHAC


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