Cameroun la chronique de Dobell : LA DÉMOCRATIE AFFOLÉE

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Naguère, feu Emah Basile, alors trésorier national du RDPC, président de la grande section départementale du Mfoundi, délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé et bien entendu membre influent du comité central du partie au pouvoir clamait un retentissant non à la démocratie précipitée. Dans un calme relatif un autre homme politique, Célestin Bedzigui a parlé de démocratie apaisée après les années de braise (1990-1991). De nos jours, la scène politique camerounaise s’affole. Avec des partis qui étouffent sous la chape de plomb d’un parti majoritaire qui ne veut faire entendre que sa seule voix. Tout est mis en œuvre pour ce faire ; d’abord la préfectorale, l’autorité judiciaire, une frange des medias, les chefferies traditionnelles. Bref tous ceux qui peuvent contribuer à instaurer le statu quo.

Ceux des leaders politiques et associations de la société civile qui n’entendent pas se soumettre à cette loi d’airain font le va-tout, non seulement pour survivre politiquement, mais se faire entendre. C’est dans cette logique qu’il faut classer la marche du Social Democratic Front d’y l ya deux semaines exigeant les explications sur le report de la coupe d’Afrique des nations (CAN) de football en 2021 au lieu de 2019. Par une marche dite ‘’blanche’’ Maurice KAMTO, président du Mouvement pour le Renaissance du Cameroun (MRC) et ses partisans réclament leur « victoire volée » à l’élection présidentielle du 7 octobre 2018.

Que l’on soit ou non du même bord que les partis qui veulent utiliser la rue pour survivre ou se faire entendre, c’est de bonne guerre, dirait-on. Mais l’Etat qui joue un rôle de partisan au lieu de s’interposer comme arbitre se disqualifie totalement et donne raison à ceux qui l’habillent de la toge de l’Etat parti, l’Etat RDPC.

Loin de nous la volonté de l’absoudre les auteurs des exactions commises à l’ambassade du Cameroun en France, cela relève d’une « sauvagerie inqualifiable. » Tout comme on ne saurait applaudir des forces de l’ordre aux méthodes d’une soldatesque constituée de va nu-pieds sans formation. Que dire d’une administration aux reflexes des garde-cercles des années 40-50. Au plus fort de la période coloniale.

Les sécurocrates soutiennent que le maintien de l’ordre n’est pas une surprise partie animée par des adolescents.

On ne connait ni à qui on a à faire, ni ses intentions. Les adversaires de KAMTO boivent du petit-lait après ce qui lui est arrivé et pour cause, ministre délégué auprès du ministre de la Justice, il est parfaitement au courant des méandres de la loi anti-terroriste pour ne pas inciter ses partisans à tomber sous le coup de celle-ci comme des abeilles dans une casserole de vin de palme.

Cette  loi est extrêmement liberticide. Raison pour laquelle des ONG ont essayé de la combattre pendant qu’elle était en examen à l’Assemblée nationale. Elles ont été peu suivies par les politiques qui en subissent les affres aujourd’hui. Ceux qui s’en tirent le dos brisé dans ce combat de requins, ce sont les journalistes molestés, embastillés eux aussi et qui voient leurs matériels de travail détruits ou confisqués. En quoi peuvent-ils être dangereux en reportage ?

Se pose ainsi la lutte pour les libertés fondamentales dont celle d’expression. Décidément où est donc ce Cameroun où il n’est plus aller au maquis pour exprimer ses idées comme l’avait si bien clamé M. Paul BIYA, Président de la République.

DOBELL     


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