Cameroun : Les comptes de Rougier scellés

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Après l’opération de cession de ses actifs au Cameroun et en République centrafricaine le 16 juillet 2018 à Douala, à la Société de distribution nouvelle d’Afrique (Sodinaf), contrôlée par le Camerounais Fabrice Siaka, les comptes de Rougier-Cameroun restent scellés. On parle d’une affaire de remboursement de crédits Tva. Comme quoi, on n’est toujours pas sorti de l’auberge.

En phase de redressement judiciaire depuis mars 2018, le groupe français Rougier, spécialisé dans l’exploitation forestière en Afrique, a officiellement annoncé le 19 juillet 2018, avoir obtenu le 13 juillet, soit quelques jours plutôt, l’aval du Tribunal de commerce de Poitiers, pour la cession de ses actifs au Cameroun et en République centrafricaine.

Ainsi donc, à la faveur d’une transaction conclue par les parties, le groupe Rougier, propriétaire de la Société forestière et industrielle de la Doumé (Sfid) et spécialiste des bois tropicaux, a cédé  ses actifs à la Société de distribution nouvelle d’Afrique (Sodinaf), contrôlée par le Camerounais Fabrice Siaka. De même, l’entreprise Cambois, de la société Sud et la société Rougier Sangha-Mbaéré (Rsm), en République centrafricaine ont également été rachetées par cet opérateur économique.

Tout est parti de fin 2016, quand Rougier supportait une créance de 8 millions d’euros de Tva non remboursée par le seul Cameroun, et de 15,6 millions d’euros en incluant les créances du Congo et du Gabon. Il s’est alors trouvé que le chiffre d’affaires 2017 affichait une baisse de 7,5% sur les 149,4 millions d’euros de 2016.

Alors qu’il était accusé par des Organisations non gouvernementales (Ong) réunies au sein de l’Organisation camerounaise pour la protection de l’arbre (Ocpa), qui avaient d’ailleurs déposé une plainte au Tribunal de grande instance de Wouri (Tgi) pour « exploitation abusive des forêts camerounaises » pendant cinquante ans, sans rentabilité socioéconomique, surtout en défaveur des populations des régions de l’Est et du Sud Cameroun, l’entreprise française Rougier continuait d’affirmer et de persister que ses difficultés économiques et financières étaient liées à la logistique camerounaise, exacerbées par des retards importants dans le remboursement des crédits de Tva dans tous les pays (Rca, Congo, Gabon) concernés par les activités du groupe.

 Une accusation rejetée fermement par le Port autonome de Douala (Pad), ainsi accusé d’avoir provoqué des engorgements bloquant les exportations de bois. Selon l’autorité portuaire camerounaise, l’exploitation des statistiques de la période 2016 et 2017, démontrait plutôt une progression importante des opérations de manutentions réalisées en faveur du Groupe Rougier de l’ordre de 93% pour les grumes, et de 100% pour le bois débité, traité et exporté.

D’où la procédure de redressement judiciaire qui s’est soldée par la vente des filiales locales à Sodinaf.

Alors qu’on croyait que c’était la fin du calvaire, le jeune opérateur économique Fabrice Siaka qui en est le nouvel acquéreur n’est toujours pas à l’abri des problèmes, avec l’administration fiscale. Celle-ci l’accuse de ne pas honorer les versements au titre de remboursement de la Tva dans les caisses du trésor public.

Voilà comment, à peine racheté, la société Rougier-Cameroun étouffe encore, à cause de ses comptes scellés par les services des Impôts. par Ngom Marie


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