David Mandessi Bell

(Agence de presse panafricaine) -A  la faveur d’une intense activité commerciale fort répandue pendant la période allemande entre Bafang et Yabassi, de nombreux bamiléké furent accueillis, adoptés, éduqués  et socialisés dans des familles sawa. La plupart  a bénéficié des avantages liés au patrimoine foncier. D’autres encore ont été érigés aux grades les plus élevés de la notabilité coutumière sawa. Le cas de  ce riche planteur, intendant  du roi Doumb’a Douala Manga Bell,  plus connu sous le nom de  David Mandessi Bell dont beaucoup ignorent  l’histoire nous intéresse, afin de démythifier le principe du vivre-ensemble devenu une panacée depuis peu.

 

 

 

 

Qui est David Mandessi Bell ?

 

 

Un de ces Hommes ordinaires et exceptionnels que j’aimerais présenter ici est David Mandessi Bell (DMB). Né dans les grassfields (pays bamiléké), DMB aurait été vendu en esclavage, étant encore enfant, dans la famille royale Bell à Douala. Malgré sa condition d’esclave, DMB deviendra l’un des hommes les plus puissants de Douala actifs aussi bien dans les secteurs comme la pêche, le commerce et surtout des larges plantations dans le mungo qui s’inspiraient du modèle des grandes plantations allemandes dans le Fako.

 

 

 

Les revenues de DMB lui permettront de construire de 1904 à 1910 la Villa Mandessi Bell  qui jusqu’aujourd’hui reste l’un des joyaux architecturaux de la ville de Douala et une attraction touristique située à l’entrée principale du quartier Bonanjo. Construite suivant le modèle architectural colonial allemand, ce joyaux fut vraisemblablement l’une des premières grandes bâtisses de style occidental construites par un Camerounais. Bien qu’aujourd’hui pas entretenues, leur splendeur d’antan reste encore visible.

 

 

Epanouissement social singulier

 

 

L’histoire de DBM semble emblématique d’un système d’esclavage que le Grassfield (pays Bamiléké) a connu et que le chercheur Jean-Pierre Warnier a appelé «traite sans raide».  Ce système a vu beaucoup de Bamilékés être vendus vers les ports de Douala et de Calabar au Nigeria initialement pour exportation dans le cadre de la Maafa (‘traite transatlantique’). Après l’abolition de cette traite transatlantique, des bamilékés continuèrent à être vendus comme esclaves en ces mêmes lieux pour des besoins locaux (travaux de plantation et travaux domestiques) dans un système qui cependant permettait une certaine ascension de ces esclaves et était certainement plus humain que le système d’esclavage des noirs vers les Amériques.

 

 

DMB ferait partie de cette dernière catégorie et des récits existaient également à Calabar sur le caractère de ces esclaves Grassfield perçus comme étant : «paisibles, honnêtes et énergiques». C’est peut-être ces traits de caractère qui ont permis à DMB de construire son empire. Mais nous entrons là dans la spéculation car la biographie de DMB reste à faire !

 

 

PS : Pour en savoir plus, deux sources introductives :

 

 

1) Andreas Eckert (1998) Slavery in Colonial Cameroon, 1880s to 1930s, Slavery & Abolition, 19:2, 133-148.

 

 

2) Warnier Jean-Pierre. Traite sans raids au Cameroun. In: Cahiers d’études africaines, vol. 29, n°113, 1989. pp. 5-32.

 

 

 

 

Hermine Yeye pour (App)

 

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