Quatre des 14 groupes armés signataires, dont deux des principaux, ont marqué leur désaccord avec la nouvelle équipe gouvernementale, et considèrent de ce fait leurs signatures, à l’Accord de Bangui, caduques.

Conformément à l’Accord négocié pendant des semaines à  Karthoum(Soudan) et  signé le 6 février à Bangui, un “gouvernement inclusif” a été formé dimanche dernier. Mais pour les ex-rebelles, aucun ministère régalien n’a changé de titulaire dans la nouvelle équipe gouvernementale. D’où des sons de cloches touts azimuts qui distillent la contestation.

Immédiatement après l’annonce du nouveau gouvernement par la radio nationale, le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (Fprc), a annoncé dès dimanche, ne pas vouloir participer à ce “gouvernement de mascarade”, bien qu’ayant deux représentants titulaires de maroquins ministériels. “En jouant au « On reprend les mêmes et on recommence », le président de la République (…) vient d’étouffer dans l’œuf l’espoir” mis par le peuple centrafricain dans l’accord de paix de Khartoum, estime le Fprc. Toutefois, ce parti, qui maîtrise une large partie du nord du pays, n’a pas spécifié s’il se retirait de l’accord.

Dans la journée de lundi, le Mouvement patriotique pour la Centrafrique (Mpc), l’un des principaux groupes armés basé le long de la frontière avec le Tchad dans le nord-ouest, issus de l’ex-coalition musulmane de la Séléka, qui avait pris Bangui en 2013, a déclaré que, bien qu’un de ses membres fondateurs ait été nommé ministre de la Modernisation, le gouvernement formé n’est “en aucun cas (le) gouvernement inclusif” prévu dans l’accord de paix. Par conséquent, cet accord est désormais  “caduc”.

A sa suite, deux autres groupes armés, mineurs sur la scène géopolitique centrafricaine, ont tour à tour dénoncé l’accord: le Front démocratique du peuple centrafricain (Fdpc), localement implanté dans le nord-ouest du pays, a annoncé “se retirer purement et simplement du processus de paix”. N’ayant bénéficié d’aucun poste, le groupe estime que le nouveau gouvernement “ne prend pas en compte les attentes des signataires”.

Tout comme le Fdpc, le Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (Mlcj), petit groupe implanté dans le nord, a demandé aux autorités de “revoir leur copie et rester dans l’esprit de l’accord”.

Pour rappel, cet accord de paix, soutenu par tous les partenaires de Bangui et préparé depuis 2017 par l’Union africaine (Ua), est le huitième signé depuis le début de la crise en 2013.

A ce jour, on constate qu’aucun des précédents accords de paix n’a abouti à un retour de la stabilité, pas plus que la Minusca, déployée en 2014 et forte de 11.000 Casques bleus, qui avait remplacé un déploiement français, Sangaris, et doit à terme laisser la place à l’armée centrafricaine, en reconstruction. par Ngom Mary

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