Comores : Élection présidentielle anticipée L’ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi assigné à résidence

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Considéré comme le véritable challenger du président-sortant Azali Assoumani, à l’élection présidentielle anticipée du 24 mars prochain, c’est par courrier qu’il a finalement fait part de son intention de représenter l’opposition, parce qu’il est assigné à résidence dans le cadre de l’affaire dite de la « citoyenneté économique ».

En réalité, il s’agit d’une affaire qui date du temps où Mohamed  Ali Soilihi était ministre des Finances. A l’époque, on faisait état de  plus de 900 millions de dollars jamais arrivés dans les caisses de l’État comorien,  alors que 48 000 passeports avaient bien été vendus à des pays du Golfe entre autres. Il a produit les preuves de comptes de l’État crédités des recettes de cette vente, mais reste sous contrôle judiciaire.

Il vient encore d’être entendu par un juge d’instruction dans le cadre de cette affaire, avant d’être aussitôt assigné à résidence dans le cadre de cette enquête. Cependant l’ancien vice-président et ministre des Finances n’entend pas se priver d’une campagne électorale, a confirmé son conseil Me Abdillah M’madi Saïd : « Comme d’habitude il vient pointer devant le juge trois fois par semaine. Et il n’est pas étrange aujourd’hui qu’il soit auditionné sur le fond. Après notre audition d’aujourd’hui, on a transmis un courrier au juge d’instruction pour demander qu’il puisse passer ces campagnes librement. Nous avons cinq jours pour obtenir une réponse ».

On se souvient que lors de l’élection présidentielle de 2016, le président Azali l’avait emporté de seulement 4 000 voix sur Mohamed Soilihi.  Ce qui en fait un sérieux concurrent pour l’élection anticipée du 24 mars prochain. A preuve, une foule importante était là pour témoigner son soutien à l’ancien vice-président, qui est sorti de l’enceinte du tribunal sous les acclamations du public.

Comme promis, après le succès de son référendum controversé de juillet, le président élu en 2016, Azali Assoumani, a remis en jeu avant l’heure son mandat de cinq ans et convoqué les électeurs le 24 mars prochain et, en cas de second tour, le 21 avril 2019.

Mais en attendant, sur le terrain, plusieurs figures de l’opposition comorienne ont été condamnées par la justice, ces derniers mois, à l’instar du sérieux prétendant qu’est Mohamed Ali Soilihi, plus connu sous le nom de « Mamadou », qui  est donc en résidence surveillée, et n’a pas le droit de sortir de chez lui. Raison pour laquelle c’est par courrier qu’il a fait part de son intention de représenter l’opposition, et  n’est même pas sûr que sa candidature soit autorisée.

En face, le président comorien Azali Assoumani, candidat à sa réélection le 24 mars après une réforme constitutionnelle controversée, assure qu’ « il n’y a pas « d’arrestation politique » dans son pays, les interpellations et condamnations récentes de plusieurs membres de l’opposition étant,  selon lui, des “coïncidences malheureuses’’ ». par Ngom Marie


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