Coopération bilatérale : Le grand retour de Denis Sassou Nguesso à l’Elysée

Partagez
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

(Agence de presse panafricaine) Ce jour, mardi 3 septembre 2019, Emmanuel Macron recevra Denis Sassou Nguesso dont le soutien est jugé à Paris indispensable pour sauver la forêt en Afrique centrale et préserver la biodiversité dans l’optique de donner une réelle chance à l’implémentation des résolutions sur le climat prises lors de la cop 23 qu’avait abrité la capitale française en 2015.

En marge de ce sujet central, les deux chefs d’états passeront également en revue les questions politico-financières relatives au Congo. Il sera probablement aussi question des situations de crise en Libye et en Centrafrique, dans lesquelles le président congolais joue un rôle de médiateur. Mais les échanges entre Emmanuel Macron et Denis Sassou Nguesso seront surtout consacrés au Bassin du fleuve Congo, second « poumon » de notre planète.

Relancer la problématique de l’appoint financier à accorder au  Bassin du fleuve Congo

Un peu plus d’une semaine après la fin du G7 de Biarritz, la visite de Denis Sassou Nguesso permettra d’effacer un oubli. L’Afrique avait été médiatiquement mise à l’honneur dans ce G7 avec la participation de cinq chefs d’États africains (Afrique du Sud, Burkina Faso, Egypte, Rwanda et Sénégal) et des responsables de plusieurs organisations africaines. Très curieusement, alors que les changements climatiques et la préservation des écosystèmes étaient à l’ordre du jour et que l’Amazonie avec ses 5 millions km2 était dans toutes les discussions, le Bassin du fleuve Congo, avec sa superficie de 4 millions de km2 et ses 220 millions d’hectares de forêt était à peine évoqué. L’avenir du Bassin du fleuve Congo est pourtant tout aussi préoccupant que celui de l’Amazonie. A posteriori, Paris s’est probablement rappelé que le président Denis Sassou Nguesso est un incontournable interlocuteur pour cette question de gouvernance mondiale.

Restauration induite de l’aura de Denis Sassou Nguesso

Il va de soi que le régime du président Denis Sassou Nguesso est la référence en matière de mauvaise gouvernance, de détournement des ressources naturelles du pays et de démocrature africaine. Qu’à cela ne tienne, « Otchouembe » – le surnom de Sassou signifiant vieux lutteur invincible – est bien plus que le chef de l’État de la République du Congo. Ses hautes responsabilités maçonniques lui confèrent une aura et une influence bien au-delà de l’Afrique centrale. Beaucoup plus que le Camerounais Paul Biya ou l’Équato-guinéen Teodoro Obiang  Nguema Mbasogo, ses aînés, Denis Sassou Nguesso (75 ans) est certainement le chef d’État africain le plus expérimenté (33 ans cumulés de pouvoir) et le plus soucieux des affaires diplomatiques. Il est considéré comme le «patriarche»,   »le vieux sage», ce qui compte évidemment beaucoup sur le continent africain. Il apparaît comme le digne successeur de feu Omar Bongo, qui avait épousé sa fille. Denis Sassou Nguesso sait également entretenir un réseau influent d’amitié qui s’est mobilisé pour cette visite. Mondafrique avait publié plusieurs enquêtes d’Éric Lafitte à ce sujet. Sa ministre du Tourisme et de l’Environnement, madame Arlette Soudan-Nonault, connaît bien les milieux médiatiques parisiens et les organisations écologiques mondiales.

Chantre de la défense des intérêts continentaux

Si on peut dresser une liste non exhaustive des méfaits de Denis Sassou Nguesso, on ne peut pas lui retirer sa proximité avec la nature. L’agro businessman d’Oyo est le président de la Commission climat d’Afrique centrale et de son bras financier qu’est le Fonds bleu du Bassin du Fleuve Congo. une commission qu’il a à cœur de développer et surtout lui assurer davantage d’autonomie à tous les points de vue afin de sortir le continent de cette dépendance qui en avait fait un permanent assisté et pire développé une sorte de paternalisme inhibiteur chez la majorité de ses partenaires au développement. Inévitablement, la protection de l’écosystème du Bassin du fleuve Congo et la recherche de financements  se heurtent aux intérêts, souvent privés, des États concernés. On peut donc se demander si Denis Sassou Nguesso est vraiment le meilleur avocat de la protection de l’écosystème du fleuve Congo . Par Jean François App


Partagez
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Read Previous

Sonara : Charles Metouck emprisonné par les français du Cameroun

Read Next

Financement de l’économie : Le coup de pouce qui vient d’Impex trading

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *