(Agence de presse panafricaine) -En Condamnant mardi à 20 ans de prison pour corruption, l’ancien président de l’assemblée nationale ivoirienne et ex-Premier ministre Guillaume Soro, qui vit en exil depuis décembre, la justice ivoirienne a inéluctablement étalé son inféodation au pouvoir à sept mois de la présidentielle, à laquelle il a assuré rester candidat.

 

pour ce faire, Il a été reconnu coupable de “recel de détournement de deniers publics” et “blanchiment de capitaux” lors de l’achat de sa résidence d’Abidjan en 2007, alors qu’il était Premier ministre d’un gouvernement d’union nationale, au terme d’une audience boycottée par ses avocats et qui a duré environ trois heures afin de ne point se mettre en marge de l’union africaine qui quelque temps plutôt avait exigé de la justice ivoirienne la suspension de toute procédure judiciaire pendante à son encontre.

 

Lourde condamnation

M. Soro, 47 ans, a été condamné à 20 ans d’emprisonnement, 4,5 milliards FCFA d’amendes (6,8 millions d’euros), la confiscation” de sa maison, la privation de ses droits civiques, ainsi qu‘à verser 2 milliards de FCFA (3 millions d’euros) de dommages et intérêts à l’Etat de Côte d’Ivoire. En outre, devant la “caducité” des mandats déjà émis en février, le tribunal a lancé un nouveau mandat d’arrêt. Suffisant pour comprendre qu’en fait de procès il s’est agi d’une parodie visant simplement à légitimer les manœuvres d’un pouvoir qui se sait désormais honni et surtout aux abois face à la montée en puissance de  l’ancien PM et Pan qui se voit ainsi néanmoins interdit de se présenter à la présidentielle d’octobre, tant iles vrai qu’il fait de plus l’objet de poursuites depuis décembre 2019 pour une tentative présumée d’“insurrection”. or, il est de notoriété que toutes ces charges participent plutôt de ce qu’Alassane Ouattara avec qui ils avaient un gentlemen agreement ne voudrait plus s’y conformer car désormais atteint du syndrome de perpétuation de son pouvoir à l’instar de nombreux potentats africains aux affaires à défaut pour lui d’y commettre comme il vient de le faire une marionnette qui lui réponde à l’œil et au doigt en se sachant son obligé à plus d’un titre, comme l’est inexorablement Amadou Gon Coulibaly .

 

Détermination malgré la rétorsion indue

“Je reste candidat à la présidentielle et je gagnerai”, a réagi rapidement M. Soro sur les réseaux sociaux, qualifiant le procès de “parodie”. Et, le président Alassane Ouattara “qui porte aujourd’hui avec beaucoup d’aisance les habits de dictateur, soumet la justice à sa botte et commande des sentences de mise à mort politique contre ses rivaux afin de les exclure de la compétition électorale, incarne la pire version du dirigeant africain”, a-t-il estimé. “Il a bien vite oublié que cette justice qu’il manipule aujourd’hui est la même qui l’avait décrété il y a quelques années, inéligible (…) La suite nous la connaissons tous: il est devenu président”, a-t-il ajouté.

 

Coup de tonnerre

Longtemps allié de M. Ouattara, qu’il a aidé à accéder au pouvoir pendant la crise pots-électorale de 2010-2011, Guillaume Soro était devenu Premier ministre, puis président de l’Assemblée nationale, avant de se brouiller, puis de rompre avec le chef de l’Etat début 2019, ce dernier voulant brider ses ambitions présidentielles, selon les observateurs. Le 22 avril, une juridiction africaine avait ordonné à la Côte d’Ivoire de suspendre le mandat d’arrêt contre Guillaume Soro et de remettre en liberté 19 de ses proches, emprisonnés depuis quatre mois. En effet : “La Cour africaine des droits de l’Homme avait ordonné à l’Etat de Côte d’Ivoire de revenir au statu quo ante“ (revenir à la situation avant les poursuites, Ndlr). Cette audience ne devait pas avoir lieu. Si elle s’est tenue, les magistrats en porteront la responsabilité”, avait déclaré avant l’audience Me Affoussiatta Bamba-Lamine, justifiant ainsi le boycott de l’audience par les conseils de M. Soro. a preuve, c’est par contumace qu’il fut condamné.

Abdou Diof pour (App)

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