(Agence de presse Panafricaine ) -En 2020, les journalistes ont-ils exercé, en Côte d’Ivoire, librement leur métier et dans des conditions descentes ?”, s’interrogent les organisations professionnelles des médias et l’intersyndicale. À l’instar des autres pays, la  Côte d’Ivoire a célébré ce 03 mai, la 28è édition de la journée mondiale de la liberté de la presse.

 

 

Une commémoration qui a débuté par une grande marche,  organisée par l’Union Nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI),  a vue la participation  de Anne Lemaistre, représentante du Bureau UNESCO Abidjan, de la plus jeune élue de Côte d’Ivoire, Naya Karis Zamblé, des  journalistes et des  organisations professionnelles des médias.  Cette édition dont le thème était  “Je défends l’information comme bien public“,  a   été marquée  par la déclaration  des organisations professionnelles des médias et de l’intersyndicale. À cette occasion, Sam Wakouboué, porte-parole des organisations professionnelles des journalistes et de l’intersyndicale, est  d’abord revenu sur  les avancées du pouvoir ivoirien à matière de liberté de la presse.  «En effet, pour son classement de l’année 2021, RSF (Reporter Sans Frontières)  positionne la Côte d’Ivoire au 66e rang sur 180 pays, contre le 68e rang en 2019 et le 71e en 2018. Notre pays gagne ainsi 2 points. Au niveau de l’écosystème des médias, ces derniers mois ont été marqués par certaines actions positives posées par les pouvoirs publics ivoiriens. On peut noter :

 

 

– l’application effective de suppression des peines privatives de liberté pour les délits de presse (aucun journaliste n’est emprisonné en Côte d’Ivoire);

– Le financement de la construction de la salle de conférences de la Maison de la Presse d’Abidjan (MPA);

– L’effectivité de la Libération de l’espace audiovisuel avec l’octroi de licences de diffusion à plusieurs chaînes de télévision.

– La prise en compte des médias par la loi du 27 décembre 2017 portant régime juridique de la presse ;

– La subvention accordée aux entreprises de presse à l’effet de supporter les conséquences néfastes de la pandémie du Covid-19, a-t-il indiqué avant d’ajouter que ces acquis sont la face visible de l’iceberg de la situation de la liberté de la presse en Côte d’Ivoire.

Poursuivant, il a égrené le chapelet d’entrave à la liberté de la presse  subit par les journalistes en 2020.   «La liberté de la presse reste toujours en danger en Côte d’Ivoire. En effet,  alors que la peine privative de liberté est consacrée désormais,  les journalistes sont cependant encore interpellés  et déféré devant le Procureur de la République,  après plusieurs heures d’interrogatoire à la brigade de recherche de la gendarmerie nationale, dans des conditions déplorables. Ainsi, Gbané Yacouba et Barthélémy Téhin du quotidien le Temps, Cissé Sindou et Marc Dossa de Génération Nouvelle ont subi un interrogatoire de plusieurs heures, avant d’être déférés devant le parquet. Il faut mentionner également, le cas révoltant du journaliste Claude Passé, Secrétaire général de l’UNJCI, chargé des affaires syndicales. Ce journaliste a été objet de violences préméditées de la part du sieur Koné Kassoum, allias La Machine, agent d’encadrement à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA).

La liste est exhaustive. Il nous faut mentionner aussi que le 3 novembre 2020, des policiers ont arrêté Yao Alex Hallane Clément au domicile du président du PDCI, Henri Konan Bédié, un journaliste de la chaîne de télévision privée PDCI24. Ils l’ont battu et détenu durant des heures, avant d’être relâché suite à la pression du président de l’UNJCI.

Côte d'Ivoire-média
Sam Wakouboué porte-parole des organisations professionnelles des journalistes et de l’intersyndicale

Par ailleurs, le 9 novembre 2020, des policiers en civil ont arrêté Stéphane Beti, un reporter de l’Agence de Presse Panafricaine, une agence de presse privée basée au Cameroun, alors qu’il faisait un reportage sur les manifestations à Yopougon, dans la banlieue d’Abidjan. Ils l’ont battu, puis conduit au poste de police. Après l’intervention des dirigeants du SYNAPP-CI, de l’UNJCI et de l’Association de la presse  étrangère en Côte d’Ivoire (APECI), la police l’a libéré vers 17h 00 sans retenir des charges et donc, sans que ce  journaliste sache ce pourquoi, il a été arrêté et subi tous ces sévices», a-t-il dénoncé.

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«Nous déplorons et nous nous indignons comme vous toutes les atteintes à la liberté de certains journalistes dans l’exercice de leur métier. C’est pour cela qu’il nous faut savoir rendre hommage à celle et ceux qui ont choisi de se mettre au service de leurs communautés», a déclaré Amadou Coulibaly, ministre de la communication, des médias et la francophonie.La  journée mondiale de la liberté de la presse a été institué en 1991 à Windhoek en Namibie, à l’occasion d’un colloque international placé Sous l’égide de l’UNESCO et ayant regroupé des journalistes de tous les continents, les acteurs de la société civile et des droits de l’homme.

Stéphane Beti

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