Côte d'Ivoire
Alassane Ouattara provocateur

(Agence de presse panafricaine) -A une semaine d’une élection présidentielle à risque que veut, coûte que coûte, organiser le gouvernement ivoirien, Abidjan retient son souffle. Dans cette lourde atmosphère, pendant que les populations ivoiriennes attendent un discours conciliateur allant dans le sens de l’apaisement de la part des politiciens, et particulièrement du chef de l’Etat, c’est un Alassane Ouattara provocateur, haineux et méprisant qui s’est étalé ce samedi 24 octobre 2020 dans les colonnes du journal français « le Monde ».

 

 

 

Un appel à la désobéissance civile par l’opposition, des manifestations dans plusieurs localités du pays, des morts qui se comptent chaque jour, voici l’atmosphère qui prévaut en Côte d’Ivoire à une semaine (jour pour jour) de l’élection présidentielle du 31 octobre prochain. Ce n’est un secret pour personne, tous les ingrédients sont réunis pour que cette élection aboutisse à une crise pouvant entraîner le pays dans le chaos. C’est l’analyse de tous les observateurs politiques nationaux et internationaux. Tout le monde sauf Alassane Ouattara et son camp, qui tiennent à organiser le scrutin. Dans l’interview au journal « le monde » de ce samedi 24 octobre 2020, c’est un chef d’état dans une posture de super héros qui défie le peuple ivoirien. «Il n’y a aucune raison de reporter le vote ou de retirer sa candidature. La Constitution ne m’interdit pas d’être candidat. Moi, je ne peux pas changer comme cela la date des élections. C’est impossible et l’opposition le sait. Elle espérait une insurrection dans le but d’installer une transition. C’est pour cela qu’elle organise des petits coups ici ou là. Mais la Côte d’Ivoire est aujourd’hui un pays moderne et la Constitution sera appliquée intégralement », défie le chef de l’État.  Après avoir déchiré le tissu social et dressé les Ivoiriens les uns contre les autres, Alassane Ouattara veut désormais se faire passer pour le super héros sans qui la Côte d’Ivoire ne peut connaître la stabilité. « Ma candidature est une candidature d’urgence face à un cas de force majeure suite au décès d’Amadou Gon Coulibaly. Mon parti me l’a demandé et comme il est majoritaire à l’Assemblée, au Sénat et dans les mairies, cela signifie que la majorité des Ivoiriens m’a demandé d’être candidat. Je me présente contre ma volonté, ce n’est pas un plaisir. Je me fais insulter alors que je serais parti auréolé aussi bien en Afrique que sur la scène internationale. Je tiens à mon aura mais voulez-vous que j’abandonne mon pays à ces ivoiritaires [sorte de préférence nationale], ces gens qui ont dilapidé les ressources de la Côte d’Ivoire pendant des décennies ? J’avais une obligation citoyenne et personnelle d’être candidat », explique Alassane Dramane Ouattara. On aurait pu le croire.

semaine d’une élection présidentielle à risque
l’opposition

Mais en réalité, les raisons de la candidature du candidat du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP)  se trouvent ailleurs. Il y a d’abord son parti. Alassane Ouattara est conscient que son RHDP est une maison bâtie sur le sable et qu’à la moindre tempête, elle disparaîtra sans lui. Ensuite, Alassane Ouattara ne cache plus sa haine contre Henri Konan Bédié. A la question de savoir pourquoi après le décès en juillet d’Amadou Gon Coulibaly, n’aurait-il pas été préférable d’organiser des primaires au sein de votre parti plutôt que de revenir sur l’annonce de votre retrait ? Voici sa réponse « mon parti aurait éclaté entre ses différentes tendances et Henri Konan Bédié serait sorti président. Cela, je ne peux pas l’accepter. Si Bédié revenait, ce pays serait détruit. Tout ce que nous avons fait aurait été dilapidé. Ça, je ne peux pas l’accepter ». Aucun discours de paix, ni de réconciliation n’est sorti de ce long entretien que le chef de l’État a accordé au canard français. Au contraire, Alassane Ouattara est resté dans sa logique de menace à l’endroit des opposants qu’il veut balayer s’il reste au pouvoir. «Les tensions sont artificielles. Elles sont créées par des politiciens nostalgiques des postes qu’ils avaient. Nous qui avons plus de 70 ans, nous devons sortir du jeu politique et après l’élection je modifierai la Constitution pour balayer tous ces gens-là », envisage-t-il.

 

Côte d'Ivoire opposition
l’opposition unanime

Même Laurent Gbagbo reste toujours dans le collimateur du chef de l’État sortant. « Laurent Gbagbo va rentrer, il n’y a aucun problème. Il a un procès en cours. Il a été acquitté en première instance par la Cour pénale internationale (CPI). Il y a une procédure d’appel et dès que cela sera terminé, je prendrai les dispositions pour qu’il puisse rentrer. Mais attention, il a été condamné pour le pillage de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest et puis il y a des victimes qui ont ouvert une procédure ici pour les tueries qui ont été perpétrées pendant sa présidence. Si je ne fais pas quelque chose, quand il rentrera, il ira directement en prison. Je ne compte pas l’amnistier », menace ADO. Pour la grande majorité des observateurs et particulièrement la majorité des Ivoiriens, cette interview est la bienvenue. Car elle a permis de comprendre les motivations d’Alassane Ouattara à briguer un 3ème mandat. Mais surtout de savoir ce à quoi les Ivoiriens doivent s’attendre s’il reste au pouvoir. En tout la paix, la stabilité et la réconciliation semblent ne pas être au menu de ce troisième mandat.

 

 

 

Eugène YOBOUET (cp) pour (App) en Côte d’Ivoire

1 COMMENT

  1. Désolé mais l’article se positionne comme un procès d’intention. L’argumentaire sensé justifié le titre reste extraordinairement pas pertinent. Juste des rebondissements sur l’article de ”le Monde” avec des EDL empruntés à Affi et autres meneurs de l’opposition.
    Une chose est certaine sous Ouattara les velléités de déstabilisation avec les attaques de commissariats et brigades de gendarmerie et casernes de l’armée ont toutes été vouées à l’échec. Même l’enquête diligentée après l’attaque terroriste de Bassam a permis d’interpeller les auteurs et commanditaires. Ce sont plus d’une dizaine d’attentats et coup d’État qui ont été étouffés dans l’œuf sous Ouattara. Avec une telle prouesse l’on peut aisément conclure que le Pdt Ouattara reste un garant de stabilité. Quitte à ce que cela deplaise à certains.

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