Côte d’Ivoire
Alassane Ouattara

(Agence de presse panafricaine) -Alassane Dramane Ouattara, dans un discours à la nation le 9 novembre 2020, a invité le Président du Conseil National de Transition, Henri Konan Bédié à une rencontre pour un dialogue franc en vue d’établir la confiance. Cet appel tardif au dialogue du Président sortant ivoirien surprend plus d’un observateur  quand on sait qu’il y a quelques semaines l’homme se montrait hostile à cette voie.

 

 

 

« En demandant le dialogue, il faut dialoguer mais pas avec le peuple. On me dit qu’il faut que Ouattara dialogue avec eux. Mais pour leur dire quoi ? », s’interrogeait Alassane Ouattara lors du lancement de sa campagne le 15 octobre dernier à Bouaké, dans le centre de la Côte d’Ivoire.  Près d’un mois après, le discours du candidat du RHDP a changé. Dans un discours à la nation prononcé ce lundi 09 novembre 2020, Alassane Ouattara dit vouloir « inviter le Président du Conseil National de Transition, Henri Konan Bédié à une rencontre pour un dialogue franc et sincère en vue de rétablir la confiance ».  La question que se posent désormais les Ivoiriens est de savoir ce que cache cette main tendue d’Alassane Ouattara à Henri Konan Bédié, alors que plusieurs leaders de l’opposition et plusieurs collaborateurs sont emprisonnés.  En effet, depuis le 2 novembre 2020, le pouvoir Ouattara mène une traque des opposants. Le domicile du président du Conseil national de Transition Henri Konan Bédié fait l’objet d’un blocus  policier. Et malgré les sorties du procureur de la République Adou Richard faisant état de ce que « le président du PDCI-RDA n’est ni arrêté, ni en résidence surveillée », il est impossible de se rendre à la résidence privée du patron de l’opposition ivoirienne.

Côte d’Ivoire
Manifestation

Le même blocus se constate autour des domiciles des leaders de l’opposition comme Pascal Affi N’Guessan, porte-parole du CNT, les ministres Assoa Adou et Hubert Oulai du Front Populaire Ivoirien (FPI),  Albert Mabri Toikeuse de l’Union pour la Démocratie et la Paix en Côte d’Ivoire (UDPCI).  C’est  donc après cette tentative de décapitation de l’opposition que Alassane Ouattara a trouvé bon de parler de dialogue. Pour les observateurs de la vie politique ivoirienne, cette démarche du Président du Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) est tout simplement un piège. « Après avoir vu son élection validée par le conseil constitutionnel, Alassane Ouattara veut crédibiliser sa forfaiture. Sortir d’une rencontre avec le Président du CNT, devant les caméras et les photographes, sera une belle opportunité pour Alassane Ouattara  de montrer aux yeux du monde que l’opposition ivoirienne a reconnu son élection. C’est aujourd’hui l’objectif du candidat du RHDP. Celui de légitimer sa forfaiture », analyse un observateur de la vie politique ivoirienne qui conseille à l’opposition, particulièrement au Président du CNT d’éviter de tomber dans cette démarche d’Alassane Ouattara si les leaders de l’opposition ne sont pas sortis de prison. Ouattara sera-t-il prêt à accepter les conditions de Bédié pour ouvrir un processus de dialogue ? Voici ce qui coince. Car le piège semble avoir été découvert.

 

 

 

Eugène YOBOUET (cp) pour (App) en Côte d’Ivoire

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