(Agence de presse panafricaine) -Le mouvement contestataire pour un 3e mandat d’Alassane Ouattara s’étend désormais au-delà des zones urbaines pour atteindre l’arrière-pays. Ainsi à Bonoua, selon des sources crédibles, la police aurait tiré à balles réelles sur les manifestations faisant des morts et deux jeunes grièvement blessés.

 

 

 

Plusieurs voies ont été obstruées dans des villes du pays et singulièrement à Abidjan selon le constat fait. Par endroit, des heurts ont éclaté entre policiers et manifestants qui tentaient d’ériger des barricades sur les principales voies à Abidjan. Des villes telles que Bonoua, Divo, Sikenssi, Adzopé et des axes des grandes voies des villes de l’intérieur ont été également obstruées avec des pneus en feu et biens d’autres. Routes barricadées, rues occupées par des manifestants, villes mortes à certains endroits de la ville : tel est l’atmosphère qui prévaut depuis quelques jours en Côte d’Ivoire, suite à la mobilisation de la société civile contre ce qu’elle qualifie de 3e  mandat anticonstitutionnel d’Alassane Ouattara.

Des Victimes

Ladite mobilisation se densifie. Plusieurs unités de la police nationale étaient postées aux abords des principales artères du District d’Abidjan en vue de disperser des regroupements de manifestants, notamment les militants de l’opposition qui réfutent un troisième mandat au président sortant, Alassane Ouattara.

 

Colère de la rue et exactions policières

 

Au moins quatre personnes sont mortes mercredi et jeudi en Côte d’Ivoire, dans des violences liées à la candidature controversée du président Alassane Ouattara à un troisième mandat lors de l’élection présidentielle du 31 octobre. Depuis l’officialisation de sa candidature, plusieurs mouvements de l’opposition ont appelé à manifester depuis jeudi dernier contre cette candidature. Et depuis lors, un jeune de 18 ans a été tué jeudi à Bonoua (sud-est) au cours de heurts avec les forces de l’ordre, une information confirmée par le maire de la ville située à 50 km d’Abidjan, par ailleurs ancien fief de l’ex-première dame Simone Gbagbo. Plus graves sont les fréquents affrontements entre manifestants et policiers : “Le commissariat de Bonoua a été saccagé par les manifestants en colère“, a témoigné Hervé Niamkey, un habitant de la ville.

Manifestant

La situation est tendue dans cette ville traversée par une voie internationale qui relie Abidjan à Accra. Des violences ont aussi éclaté à Daoukro, bastion de l’ancien président Henri Konan Bédié, également candidat à la présidentielle. Toutefois, “Le calme revient timidement, mais nous déplorons trois morts” a indiqué une source sécuritaire, sous couvert de l’anonymat. Des témoins ont aussi fait état de trois morts lors d’affrontements entre des partisans d’Henri Konan Bédié et des jeunes favorables à Ouattara. D’autres heurts ont eu lieu jeudi entre manifestants et force de l’ordre, notamment dans la capitale économique Abidjan. Les autorités avaient interdit les manifestations.

 

 

Aux sources des affrontements

 

Le président Alassane Ouattara, 78 ans, élu en 2010 puis réélu en 2015, avait annoncé dans un premier temps en mars passer le relais à son Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. Mais celui-ci est décédé le 8 juillet d’un infarctus. Après ce décès, Alassane Ouattara a annoncé le 6 aout qu’il briguerait finalement un troisième mandat.

heurts ont éclaté entre policiers et manifestants

 

La Constitution limite à deux les mandats présidentiels, mais opposition et pouvoir sont en désaccord sur l’interprétation de la réforme adoptée en 2016: les partisans de Ouattara affirment qu’elle a remis le compteur des mandats à zéro, ses adversaires jugent anticonstitutionnelle une troisième candidature.

 

 

 

Jean François Hiac  (App) Paris

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