Dialogue politique en Côte d’Ivoire
l’opposition dénonce

(Agence de presse panafricaine) -Après un premier séjour du 4 au 6 octobre 2020 sanctionné par un communiqué mi-figue mi-raisin, les Ivoiriens attendaient beaucoup de la deuxième mission de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) conduite par Mme Shirley Ayorkor Botchway, Ministre des Affaires Étrangères du Ghana. Malheureusement, tous les espoirs placés en cette deuxième mission ont été déçus. Car, par manque de courage, les émissaires de l’institution sous régionale se sont mués dans une attitude que l’opposition ivoirienne qualifie de manipulation.

 

 

 

Le mot d’ordre de la désobéissance civile lancé par la plateforme des partis politiques de l’opposition ivoirienne est maintenu et la tension reste vive dans une Côte d’Ivoire où la psychose se lit chaque jour sur le visage des populations. Et pourtant, dans le cadre du Protocole de la CEDEAO relatif au Mécanisme de prévention, de gestion, de règlement des conflits, de maintien de la paix et de la sécurité et avec son Protocole additionnel sur la Démocratie et la Bonne Gouvernance, deux missions ont été effectuées en terre ivoirienne par des émissaires de l’institution sous régionale. Ces missions qui se sont effectuées  à Abidjan, d’abord du 4 au 6 octobre et ensuite du 17 au 19 octobre et conduites par  Mme Shirley Ayorkor Botchway, Ministre des Affaires Étrangères du Ghana se sont soldées par des échecs.  En effet, ces missions avaient pour objectif  de consolider et amplifier les acquis. Elle vise également à faire aux autorités et aux acteurs politiques ivoiriens, des recommandations destinées à permettre une élection inclusive, transparente et crédible. C’est d’ailleurs ce que les Ivoiriens dans leur grande majorité attendaient de Mme Shirley Ayorkor Botchway et ceux qui l’accompagnaient.

Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’Guessan

Malheureusement les Ivoiriens sont restés sur leur faim à l’issue des deux missions. Car après avoir, à chaque fois, rencontré les différents protagonistes de la crise, la mission produit des communiqués qui ne reflètent les réalités du terrain. Là où l’on attendait du zèle de la part des émissaires de la CEDEAO en faisant des recommandations fermes pour ramener tout le monde à la table des négociations, ce sont des communiqués qui faisant  fi des revendications des partis de l’opposition, insistent  sur l’organisation de l’élection à la date du 31 octobre 2020. « La CEDEAO se trompe une nouvelle fois dans son analyse de la situation en Côte d’Ivoire, en feignant d’ignorer les problèmes réels relatifs à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 qui ne peut se tenir à date échue, sous la forme actuelle », regrette les candidats Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’Guessan dans un communiqué conjoint produit le jeudi 22 octobre dernier.

 

Dialogue politique en Côte d’Ivoire
l’Ouest (CEDEAO) conduite par Mme Shirley Ayorkor Botchway

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’est la sortie du ministre ivoirien de l’administration du territoire et de la décentralisation après le dernier passage de la mission de la CEDEAO. Dans son communiqué, le ministre Sidiki Diakité a avancé que «qu’au cours de la rencontre avec Madame la Ministre des Affaires Étrangères du Ghana, les candidats Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’Guessan auraient formulé comme demande la restructuration de la CEI avec un poste supplémentaire pour l’opposition et un poste de vice-président pour le PDCI- RDA ».

Dialogue politique en Côte d’Ivoire
Dialogue politique en Côte d’Ivoire

Pour les candidats de l’opposition, cette information ne reflète pas le contenu de leurs échanges avec la mission de la CEDEAO. « Cette affirmation erronée est une manipulation des échanges de la rencontre du 18 octobre 2020, au cours de laquelle les candidats Henri Konan Bédié et Pascal Affi  N’Guessan n’ont, à aucun moment, formulé une telle demande. Les candidats Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’Guessan portent à la connaissance de la Communauté nationale et internationale et surtout de la CEDEAO qu’ils ne se reconnaissent nullement dans cette affirmation du gouvernement qui ne reflète en rien les discussions avec la délégation ministérielle de la CEDEAO ». Ainsi, tout en maintenant son mot d’ordre de désobéissance civile, la plateforme de l’opposition ivoirienne demande à la CEDEAO de continuer à jouer son rôle de facilitation et de médiation dans le conflit ivoirien. Mais que cela se fasse en tenant compte de ses revendications que sont  le retrait de la candidature anticonstitutionnelle et illégale d’Alassane OUATTARA ; la réforme de la CEI et du Conseil constitutionnel ; l’audit international de la liste électorale et le retour des Exilés et la libération des prisonniers politiques

 

 

 

Eugène YOBOUET (cp) pour (App) en Côte d’Ivoire

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