Dossier spécial Vol 2: Crise énergétique au Cameroun, des solutions existent pourtant!

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Dossier réalisé par Victor Bakomba

Concept des économies d’énergies

Il faut aussi dire que le contexte de crise énergétique mondial emmène les entreprises, les ménages, les administrations à être plus regardants dans la gestion des énergies, car le monde vit une grande mutation écologique et climatique. En effet, et particulièrement, les entreprises se doivent d’être citoyennes et respectueuses de l’environnement, à l’heure où le coût de l’électricité augmente d’année en année. Il devient très urgent de mettre en application, au cas par cas, des méthodes d’économies d’énergies. Nous devons commencer par les économies d’énergies dans les secteur de l’éclairage, car, il fait partie de la vie courante que ce soit comme éclairage « civil » ou usuel. Il faut distinguer l’éclairage passif (lumière du jour) qui a toute son importance dans les aménagements des bâtisses, les ouvertures sont nécessaires pour apporter au maximum la lumière

du jour à l’intérieur de l’habitat et réduire au maximum l’usage de la lumière artificielle. Par les réductions de charges existantes, (exemple  on  passe  d’une consommation de 100 à 23w/h

pour une lampe de 23w de puissance ayant la même luminosité) pour l’éclairage. Les communautés urbaines de Douala et de Yaoundé pourraient libérer des centaines de mégawatts en passant des lampes à incandescence de 280w (qui chauffent beau-coup) à des lampes LED de 70 à 90w pour l’éclairage public, ce qui permettrait d’importantes économies financières, et les énergies ainsi libérées permet-tant d’approvisionner les périphéries et les zones suburbaines voisines. Les économies d’énergies sont une affaire de tous dans

les ménages, dans les administrations, dans les entreprises, rai-son pour laquelle cette notion passe par des procédés de formation des utilisateurs (attitudes, comportements).

En outre, pour la récupération des énergies usées pour faire fonctionner des chaudières ou l’optimisation du courant d’appel des machines industrielles, sont autant de techniques d’économies d’énergies. Nous pouvons dire à la suite de l’Agence de régulation du secteur électrique (ARSEL ) : « l’économie d’énergie en commençant à la

maison ». Il ne faut pas perdre de vue que les équipements ou appareils sujets à ces ajustements doivent toujours rester performants ou mieux encore plus que par le passé. C’est l’occasion ici d’attirer, l’attention des pouvoirs publics, des usagers, de l’administration de la douane en rapport aux importations de la brocante en électro-ménagers, dont la plupart des appareils sont dépassés parce que énergétivores et présente beau-coup de menaces pour l’environnement quant à leur recyclage en fin de vie.

Les désagréments causés par les coupures persistantes et parfois imprévues, tout en plombant le système de production des entreprises surtout les PME/PMI, causent de gros dégâts dans les ménages avec une prime, de nombreux appareils électroménagers endommagés.

La politique énergétique du Cameroun, adossée sur la production de l’hydroélectricité pour l’approvisionnement en énergie des consommateurs publics, privés, domestiques, industriels et autres, s’avère timide et même obsolète. Certes que le CAMEROUN détient le 2ème potentiel en hydrologie d’AFRIQUE, capable de produire plus de 12.000 MW, mais en raison de la grave crise économique qui a duré deux décennies, le pays n’a pas été à même d’investir dans la densification du parc infrastructurel de production énergétique, exigeant des investissements colossaux, et parfois des études d’impact environnemental longues et fastidieuses. Il faut pouvoir aussi noter qu’il n’y a pas eu assez de réflexes d’anticipation concernant la rénovation,

à temps, du parc existant. Les grandes réalisations énergétiques dites de première génération, n’ont pu en rien influer sur la de-mande qui se fait croissante d’année en année, compte tenu d’une démographie galopante, de l’émergence de villes secondaires, des bidonvilles et bourgades, et surtout de l’accroisse-
ment rapide des classes moyennes. Selon le planificateur (Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi – DSCE), le processus d’industrialisation du CAMEROUN qui devrait se situer autour de 2015 et 2018 avec l’entrée en scène du complexe industrialoportuaire de Kribi, pour le lancement des extractions minières et leur transformation, le port en eau profonde de Limbé, pour la transformation agro-alimentaire et autres PMI de l’hinterland, la densification du parc infrastructurel de production hydroélectrique et la diversification des sources de production (solaire ou photovoltaïque, biomasse et autres) seraient en phase très avancée. Ce qui veut dire, sur le plan pratique, que le CAMEROUN à prix un gros retard qui lui est préjudiciable depuis plu-sieurs années et freine ainsi la croissance et l’émergence annoncée en 2035.

Pourtant même en l’état de la situation de sévère crise énergétique, des solutions d’urgence peuvent être implémentées pour résorber ce déficit et rattraper ainsi le retard pris. Dans cet ordre de chose, il est question de privilégier des partenaires publics/privés, nationaux et inter-nationaux.

L’on avait cru pourvoir trouver des solutions à la crise énergétique qui sévit depuis plusieurs années, en pointant du doigt le « miss management » des sociétés publiques ou parapubliques et sous la pression du Fonds Monétaire International (FMI), l’on a privatisé ces sociétés de souveraineté nationale, sans pour au-tant que les nouveaux acquéreurs privés étrangers n’apportent de solutions substantielles aux problèmes posés, à l’instar de celui de la production, du transport et de la distribution de l’énergie électrique. Était-ce un leurre ?

La timidité d’action du Ministère de l’Eau et de l’Energie, face à la non disponibilité en quantité et en qualité de ces deux éléments vitaux, laisse perplexe quant à l’urgence signalée concernant l’appropriation de la valorisation des techniques et méthodes de recours accru aux énergies propres, et aux nouvelles tech-niques, soucieuses de la protection de l’environnement. En même temps, des opérateurs économiques et intellectuels camerounais sont disposés à apporter leur contribution pour inverser la tendance de cette rude cri-se énergétique, et actionner l’effectivité de la production efficiente à partir des énergies propres et renouvelables à notre portée, et à moindre coût, le stockage de masse de l’énergie produite et sa rétribution en temps de besoin, ceci pour palier à toutes les éventualités. Demain pour la suite du dossier…



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