(Agence de presse panafricaine) -S’impliquant promptement dans la recherche de solutions contre la pandémie du Covid-19, ce jeune camerounais a conforté la maxime sel on laquelle « la valeur n’attend point le nombre d’années en se mettant au-devant de la scène grâce à la plateforme dénommée WeCareUp.com, devenue l’apanage des professionnels de la médecine contre ladite pandémie.

(App)- Bonjour pourriez-vous vous présenter SVP ?

Bonjour, je m’appelle Cedric ATANGANA, 28 ans, Camerounais, PDG et co-fondateur d’INFINITY SPACE, une entreprise d’innovation technologique basée à Marseille en France. Notre structure s’est au départ spécialisée dans le domaine des FinTech (Technologies Financières) avec son produit WeCashUp.com, une plateforme de paiement panafricaine qui permet aux entreprises d’accepter les paiements en ligne par Mobile Money partout en Afrique à travers une unique intégration d’API (Interface de Programmation). Aujourd’hui, la situation de crise sanitaire mondiale actuelle nous a poussé à innover de nouveau et nous avons mis sur pieds il y a quelques semaines la plateforme WeCareUp.com.


(App)-  Pourriez-vous nous en dire plus ? Qu’est-ce que «WeCareUP» et peut-on savoir quelle aura été votre motivation première au moment de la lancer ?

WeCareUp.com est une Plateforme médicale universelle et de prise en charge des patients en moins de 1 min.

Elle permet aux centres hospitaliers de mieux gérer ses flux de patients, d’organiser au mieux les tests de dépistage massifs au COVID-19 dans leurs localités, les prises en charge rapides des patients infectés et la mise en œuvre immédiate des traitements adéquats pour stopper cette épidémie. Elle permet aussi d’aiguiller les patients en temps-réel vers les centres hospitaliers adéquats en fonction de leurs antécédents médicaux, la gravité de leur cas, la disponibilité des lits, des équipements médicaux et des compétences des médecins desdits hôpitaux.

Avec la proposition de traitement du Covid-19 à l’Hydroxychloroquine faite par le Pr Didier Raoult, Directeur de l’Institut Hospitalo-Universitaire (IHU) de Marseille où nous sommes basés, le centre du monde s’est un peu déplacé dans notre ville pendant quelques semaines et nous avons été spectateurs de la montée du nombre de cas positifs autour de nous et le petit effet de panique qui s’en est suivi. Le Pr Didier Raoult ayant décidé de faire dépister systématiquement tous les patients qui se rendraient à l’IHU de Marseille, une grande foule de personnes s’y rendait désormais qu’ils aient des symptômes de la maladie ou pas ce qui allongeait drastiquement les files d’attente devant l’hôpital et agrandissait les risques de propagation du virus dans lesdites files.

Le 25 Mars dernier, une membre du personnel soignant de l’IHU de Marseille nous alertait officiellement à propos du risque de contamination que nous courrons en allant y faire un test de dépistage sans symptômes avérés. En allant à l’hôpital sans symptômes, le patient court le risque de se faire infecter dans les files d’attentes qui sont de plus en plus longues et où on peut facilement passer 5h au bout desquelles on est pas sûr d’être dépisté et recevoir un traitement parce que l’IHU est débordée et sa capacité d’accueil reste limitée.  Le 28 Mars, pris d’émoi par cette publication très pertinente ici à Marseille, mon équipe et moi avons décidé de développer une application de dépistage massif et de prise en charge médicale en moins d’une minute par les hôpitaux compétents. Le but étant de demander aux patients de réserver désormais un créneau de passage à l’hôpital (100 personnes maximum toutes les 30min) pour éviter que tout le monde y aille en même temps (ce qui allonge les files d’attente et augmente le risque de propagation du virus devant les hôpitaux). A partir de là, nous avons réalisé de multiples video-calls avec des médecins européens, africains, asiatiques et américains. Nous avons collecté leurs avis, suivi leurs conseils et avons amélioré notre idée de départ pour aboutir aujourd’hui à un système plus large qui aide non seulement les gouvernements à suivre l’évolution de la pandémie dans leurs pays, mais aussi aide les hôpitaux à optimiser l’usage du nombre de kits de tests de dépistage disponible et surtout à préparer l’après-covid-19. Si des hôpitaux aussi équipés que l’IHU de Marseille font face à ce type de problèmes, nous nous sommes dit que la problématique pouvait se poser chez nous en Afrique également. Nos échanges avec les médecins qui sont au front contre le Covid-19 dans nos pays Africains ont confirmé nos craintes et nous avons décidé de faire don de WeCareUp.com à tous les hôpitaux Africains pour les aider à mieux gérer la crise sanitaire actuelle. La plateforme est gratuite et nous sollicitons tous les gouvernements, tous les ministères de la santé publique en Afrique, tous les hôpitaux Africains et tous les médecins à nous solliciter pour un déploiement rapide dans leur pays. Cela ne prend que 5 min. C’est notre contribution citoyenne pour aider le corps médical à mieux protéger nos populations.


(App)-    il n’empêche qu’avec le Covid-19, votre structure a connu une restructuration opérationnelle, comment envisagez-vous en faire profiter au continent africain alors que votre activité est désormais réduite à 50% ?

Notre activité n’est pas réduite de 50% ! Bien au contraire, la situation de crise sanitaire actuelle, avec le confinement, nous a fait découvrir de nouvelles capacités que nous n’imaginions même pas avoir. L’essentiel de notre équipe s’est mis au télétravail et les résultats sont plus qu’impressionnant. La productivité de notre équipe a été décuplée, de nouveaux leaders ont émergé et les résultats sont extraordinaire. Nos précédents échecs, les difficultés auxquelles nous avons fait face auparavant et toute l’expérience que nous avons accumulée ces 5 dernières années nous ont conféré une très grande capacité d’innovation. C’est tout ceci qui nous permet aujourd’hui de construire une plateforme comme WeCareUp et la déployer dans 5 pays seulement 21 jours après l’écriture de sa première ligne de code. Après la crise, nous ferons des retours d’expérience précis pour aider tous les autres entrepreneurs Africains.

(App)-    Vous travaillez en collaboration avec l’une de vos compatriotes, est-ce un choix délibéré ou plutôt un choix dicté par la proximité de vos domaines d’intervention ?

J’ai une petite anecdote pour répondre à cette question. Quand je suis arrivé à Marseille en Septembre 2012, j’avais ramené un dernier paludisme de Douala et je suis tombé malade dans ma chambre d’étudiants. J’en ai fait part à mon frère qui a une amie à Paris qui a immédiatement appelé l’Amicale des Etudiants Africains d’Aix-Marseille (AEAFM) pour leur signaler qu’un étudiant Camerounais nouvellement arrivé était malade seul dans sa chambre d’étudiant. Quelques heures plus tard, 2 personnes ont frappé à ma porte, il s’agissait des membres de cette association qui m’ont ramené des médicaments. Le seul fait de voir des personnes qui sont venues me rendre visite et qui, sans me connaitre m’ont tendu la main m’a redonné du peps et je me suis levé immédiatement. Le but de l’Association est d’accueillir, de guider et de rassurer les étudiants étrangers qui arrivent à Marseille sans famille ni repère pour qu’ils puissent s’intégrer.

J’ai trouvé ce geste social tellement fort que j’ai décidé de rejoindre l’association et d’aider moi aussi à accueillir d’autres étudiants étrangers peu importe leurs origines, leurs couleurs de peau et leurs religions. 2 semaines après mon arrivée en France j’ai été élu Vice-Président de l’association et me suis mis à l’œuvre pour aider mon prochain. Les deux membres qui m’avaient apporté les médicaments étaient Lionel KILI, d’origine Ivoirienne, Ingénieur en Aéronautique et Annicelle KUNGNE, d’origine Camerounaise, Administratrice Financière et Présidente Fondatrice de l’Amicale des Etudiants Africains de Marseille. C’est ainsi que par le fait du hasard ou de la convergence d’énergies visionnaires positives, j’ai commencé à travailler avec Annicelle pour l’aider dans son action sociale à fort impact avec les étudiants et la ville de Marseille. Quelques années plus tard, quand l’idée de créer la société INFINITY SPACE est arrivée, naturellement elle a été la première personne vers qui je me suis tourné et elle a accepté de la co-fonder avec moi.

(App)-    Quel est votre message aux jeunes Africains ?

Nous les Hommes sommes constituées de vibrations. Il faut trouver l’aspiration profonde qui vibre en phase avec votre esprit et vos émotions. Au début, les gens vous acclameront, puis avec le temps ils se lasseront et vous abandonneront. Puis ils vous combattront mais au final, même dans le silence et l’indignation, la seule chose qu’ils ne pourront pas faire c’est de vous ignorer car l’extraordinaire nous attire un instant, la simplicité nous retient plus longtemps, parce que c’est en elle seule que réside l’essentiel. Restez simples et focus sur l’essentiel.

 

Entretien Mené par Jean Francois Iko pour (App)

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