(Agence de presse panafricaine) -les dernières tribulations de la justice ivoirienne semblent alimenter dans ce pays les prémices d’une énième crise sociopolitique à l’approche de la présidentielle qui devrait sonner l’alternance au sommet de l’Etat. mais mu par des velléités de perpétuation d’un régime désormais honni, le pouvoir multiplie des artifices pour tronquer le jeu politique, non sans commettre pour ce faire une nouvelle marionnette qui lui obéira au doigt et à l’œil au détriment d’acteurs politiques majeurs à l’instar de Guillaume SORO redouté en raison de sa parfaite maîtrise des enjeux qui interpellent ce pays.

 

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(App) -Me, avec la condamnation de Guillaume SORO, quelle suite donner à son avenir politique immédiat étant entendu que celle-ci le déchoit de ses droits civiques ?

 

A travers cette question, je me réjouis de savoir qu’au-delà de nos frontières ivoiriennes, la candidature de Monsieur Guillaume SORO, Président de GPS, suscite l’intérêt de la jeunesse Africaine, n’en déplaise au pouvoir d’Abidjan, qui s’acharne vainement à éliminer le candidat le plus redoutable à leur projet de conservation du pouvoir par la force. Pour en revenir à votre question Monsieur Guillaume SORO reste et demeure candidat pour les élections présidentielles à venir. En effet, cette parodie d’audience du 28 avril qui ne visait qu’un seul objectif, celui de rendre M. Guillaume SORO inéligible est nul et de nul effet, comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises. Cette audience est considérée comme ne jamais avoir existé au regard de la décision de la CADHP, qui a «demandé le statu quo ante », c’est-à-dire revenir à l’état où les choses se trouvaient auparavant concernant le Président Guillaume SORO et ses proches, ce qui implique de revenir à la situation avant le 23 décembre 2019. Nous sommes dans une grave violation du principe de la primauté du droit international sur le droit interne, par ceux là même qui sont censés l’appliquer et la faire respecter.

 

(App) -A ce propos, le collectif d’avocats de sa défense auquel vous appartenez a émis moult réserves, quelles sont les chances pour qu’elles aboutissent et permettent à votre client de briguer valablement en octobre la magistrature suprême pour laquelle il a déclaré être toujours candidat ?

 

Vous faites allusion sans doute aux dénonciations de la cabale politicojudiciaire de cette affaire, je présume ? Pour ce qui nous concerne, il ne s’agit pas de réserves, mais de montrer clairement que le dossier judiciaire à l’encontre de notre client est vide. Il faut noter que la décision de la CADHP est implacable et limpide en ce qu’elle ordonne clairement à l’Etat de Côte d’Ivoire, outre l’observation du statu quo ante des poursuites judiciaires à l’encontre de Monsieur Guillaume SORO, le sursis à l’exécution du mandat d’arrêt émis à son encontre, la libération immédiate de ses proches en détention, et de rendre compte dans un délai de 30 jours de l’exécution de toutes ces mesures. Le régime de M. Ouattara, au lieu de faire de la fuite en avant, n’aura de choix que de se conformer au droit et d’exécuter les obligations qui lui incombent pour respecter sa signature et ses engagements internationaux.

 

(App) -Au demeurant, cette condamnation aux relents de règlement de comptes politique met à mal la crédibilité de la justice ivoirienne, quel commentaire cela vous suggère-t-il ?

 

Il ne fait l’ombre d’aucun doute que toute cette gymnastique juridicopolitique de quelques magistrats à la solde de M. Ouattara a un seul objectif, écarter M. Guillaume SORO de l’élection présidentielle. Monsieur Ouattara, tenez-vous bien, après avoir essayé vainement de persuader notre client de renoncer à ses ambitions politiques, foule au pied la Constitution ivoirienne en mettant à mal la séparation des pouvoirs. Dans cette configuration, notre justice, par le biais de certains magistrats inféodés est instrumentalisée pour assouvir les desseins d’un homme et son clan. L’ironie ici, c’est que c’est cet homme qui était autrefois interdit de fouler même le sol ivoirien, qui est devenu celui qui l’interdit à son tour aux autres, en empêchant par des artifices la candidature de ceux qu’ils considèrent comme les plus dangereux ! Jamais notre système judiciaire n’a

 

été autant instrumentalisé et j’en veux pour preuve, les protestations en janvier 2019, de deux syndicats de la magistrature à savoir l’Union Nationale des Magistrats de Côte d’Ivoire (Unamaci) et l’Association Syndicale de la Magistrature (ASM) puis de l’ordre des avocats de Côte d’Ivoire qui intervenait deux semaines plus tard. A travers leurs déclarations publiques, nos magistrats et l’ordre des Avocats réclament l’indépendance et l’impartialité de la justice ivoirienne en dénonçant l’immixtion de l’exécutif dans le pouvoir judiciaire. Au-delà de l’affaire Guillaume SORO, le régime de M. Ouattara a un véritable problème avec la loi, et ce n’est pas moi qui le dis, notre justice va mal !

 

(App) -Peut-on penser que la Côte d’Ivoire se mette en marge de l’Union Africaine en ignorant l’arrêt de la Cour africaine des droits de l’Homme et des Peuples qui a sommé sa justice de suspendre toute procédure à l’encontre de votre client ?

 

Comme évoqué plus haut, nous nous en tenons à la décision de la CADHP. Au terme de la date buttoir d’exécution de la décision de la Cour, nous prendrons toutes les mesures qui s’imposent pour faire valoir les droits de notre client. Comment comprendre que le régime d’Abidjan qui se félicitait de la décision rendue par la Cour relativement à la Commission Electorale Indépendante, décide de retirer la déclaration de reconnaissance de la compétence de cette même Cour au profit des citoyens Ivoiriens et des ONG, au prétexte qu’une décision ne lui est pas favorable ! Quelle incohérence ! M. Ouattara ne respecte la loi que lorsqu’elle lui est favorable, quand elle lui est défavorable, il ne la respecte pas !

 

Tout ceci vient corroborer notre assertion selon laquelle M. Ouattara est désormais prêt à tout pour conserver le pouvoir à son profit et celui de son clan, y compris en imposant aux ivoiriens son candidat. Nous espérons que l’Union Africaine saura ramener à la raison ce régime qui fait peser de graves menaces sur la paix et la stabilité de notre pays en usant de l’appareil judiciaire pour écarter de la course à l’élection présidentielle tous les candidats susceptibles de battre le candidat du RHDP, le parti de M. Ouattara.

 

(App) -Enfin, n’est-on pas là entrain de poser de nouveaux jalons pour une crise politique majeure en Côte d’Ivoire qui pourrait se muer en une nouvelle guerre civile, étant donné le courroux engendré aux partisans de Guillaume Soro par cette condamnation ?

 

Vous constatez avec moi, comme beaucoup d’Africains d’ailleurs que M. Ouattara par son comportement veut conduire le peuple de Côte d’Ivoire vers une nouvelle crise, mais nous ne le suivrons pas sur cette voie. Face à un régime dictatorial, fasciste et totalitaire, nous lui opposons le droit, et le droit vaincra !

 

(App) -Envisagez-vous explorer quelque médiation auprès des pairs africains d’Alassane Ouattara pour une éventuelle amnistie de votre client ?

 

Pourquoi une amnistie ? Je vous l’ai déjà dit, nous ne nous sentons pas concernés par la nébuleuse judiciaire de M. Ouattara.

 

 

(App) -À sept mois de la présidentielle, les partisans de votre client doivent-ils rester confiants, sinon, quelle stratégie pensez-vous mettre en œuvre pour ce faire ?

 

Oui, absolument, les militants et partisans de M. Guillaume SORO doivent rester sereins. A ce propos, je peux vous rassurer sur la détermination et l’engagement des partisans de notre client qui s’impose chaque jour comme une alternative crédible pour notre pays. Le GPS, le mouvement qu’il préside voit chaque jour ses rangs grossir avec près de 200 000 adhérents au moment où nous parlons. Mieux, le capital-confiance et sympathie des ivoiriennes et ivoiriens à l’égard de notre client se consolide. Notre client est et demeure candidat à la prochaine élection qu’il remportera, j’en suis convaincue. Paradoxalement, l’acharnement du régime d’Abidjan à l’endroit de M. Guillaume SORO prouve 2 choses, qu’il en a peur et qu’il se sait à l’agonie parce qu’il a perdu le pouvoir. Quant à notre stratégie, si je vous la dévoilais, cela n’en serait plus une.

 

(App) -La Côte d’Ivoire vient de se retirer de la cour africaine de justice au lendemain de la condamnation de Guillaume SORO que cache ce retrait, alors que la procédure demande qu’on le fasse un an plutôt ?

 

Le retrait de l’État de Côte d’Ivoire reste sans effet sur la décision de la CADHP pour la simple raison que la décision de retrait n’a de conséquences que dans un an et toutes les procédures pendantes devant la Cour seront poursuivies. En réalité, la décision de retrait du régime d’Abidjan n’est rien d’autre qu’une fuite en avant pour chercher à gagner du temps.

 

 

 

Entretien mené par Mary Ngom et Abdou Diof pour (App)

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