Evanescence : Le mode opératoire de Paul Biya

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(Agence de presse panafricaine) De moins en moins présent sur la scène médiatique nationale, Paul Biya est enfin sorti de son mutisme sans passer en revue les préoccupations de l’heure : l’impératif d’un retour à la norme dans les régions du Nord-ouest et du Sud-Ouest avec son corolaire de redéfinition attendue de la forme de l’Etat. Plus grave, il sera resté très évasif sur les articulations choisies à dessein de son message, un peu comme s’il redoutait quelque embrasement du genre de celui qui suivit le fameux «sans objet » au plus fort des revendications politiques d’il y a 29 ans pour la tenue d’une conférence nationale souveraine en prélude à la restauration du multipartisme au Cameroun.

En somme, on n’aura guère évolué politiquement depuis lors et ce, en dépit de nombreux colmatages constitutionnels ayant renforcé le régime présidentialisme qui est le nôtre, n’en déplaise aux adeptes de la langue de bois. Pire encore, Paul Biya vient de rater une nouvelle occasion d’entrer dans l’histoire, à moins pour lui d’avoir choisi une sortie par la petite porte ou par décès au pouvoir afin de ne point répondre de ses multiples manquements et récriminations pourtant à l’origine de moult mouvements sociaux dont l’épilogue a débouché sur la crise sociopolitique qui sévit depuis plus de trois ans dans les régions évoquées supra et qu’ignore toujours le Chef de l’Etat en dépit de l’amoncellement de morts. Des morts inutiles alors qu’on se serait attendu qu’elles mettent en branle une mutation politique en profondeur, mais au lieu de cela, on concède plutôt aux entrepreneurs de la guerre de tirer les marrons du feu en multipliant des artifices les uns plus savants que les autres pour endeuiller davantage de familles camerounaises par leurs propres compatriotes.

Du coup les détracteurs du Chef de l’Etat n’ont pas hésité à l’assimiler au vampire avide de sang frais et surtout insatiable qui ne se préoccupe guère du mieux-être de ses concitoyens aussi longtemps son règne peut être perpétué. Et c’est tout naturellement qu’il ne lésine pas sur les moyens pour disposer d’une force militaire moderne et efficace à tous points de vue. Plus grave, les bonnes conditions de travail qui sont les leurs en font des zélés par ailleurs convaincus de leur impunité. Et quand bien même le régime consentit des avancées significatives par rapport aux revendications originelles, on sera resté évasif quant à leur application, renforçant ainsi, la radicalisation du ton de nos compatriotes des régions anglophones en dépit d’une accélération du processus de décentralisation resté en berne depuis sa mise en branle du début des années 90.

Et c’est fort à propos qu’on opposa plutôt au dialogue indispensable en pareille circonstance, une traque armée contre les supposés instigateurs des velléité sécessionnistes desdits compatriotes plutôt invités à déposer les armes sans préalable aucun, si ce ne sont des artifices tenant du comité de promotion du bilinguisme et du multiculturalisme, quand bien même Paul Biya s’en défend en évoquant les défis urgents qui nous interpellent de manière plutôt urgente : approvisionnement en eau et électricité, la résorption du chômage endémique des jeunes, en privilégiant par ailleurs l’équilibre régional et linguistique. Par Kelle Doudou App


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