(Agence de presse panafricaine) -Héritant d’une commune territoriale multicolore, le maire Rdpc entend privilégier la gestion participative articulée sur l’intégration des suggestions des autres composantes politiques du conseil municipal aux destinées duquel il préside, sans pour autant manquer d’accorder la part belle à la vision de sa bannière politique  le Rdpc.

(App) -Vous venez d’être porté à la tête de la mairie de Douala 3e. Sur quel axe orienterez-vous votre bataille ?

La première mission, c’est de faire savoir aux populations qu’il y a un changement. Douala 3e, c’est l’une des plus grandes communes urbaines du Cameroun aux potentialités énormes ; malheureusement, lorsqu’on y observe de près, on a l’impression que Douala 3e est semi rurale. Ce qui est à l’origine de ce paradoxe, c’est une insuffisance de mise en place de schéma directeur. Vous avez l’impression que le développement s’est fait d’une manière un peu anarchique au détriment des habitants. Vous avez des habitations qui sont à côté des rivières. Vous avez une route centrale qui traverse l’arrondissement d’un bout à un autre. Mais on a l’impression que cette route n’est pas connectée aux axes secondaires. On a l’impression que cette route n’a pas de voie parallèle. Dès qu’elle est bloquée,  c’est toute l’économie du Cameroun qui est bloquée, la route constituant l’entrée Est de la ville. Pourtant, on devrait développer des voies secondaires. Voilà la situation d’une cité pour laquelle on m’a investi. Mais on a n’a pas pensé à entretenir le capital investi. Vous avez des routes qui sont totalement abandonnées. Donc quand les dynamiques populations de l’arrondissement sentent qu’il y a quelque chose qui a changé à travers une équipe qui est proche d’elle.


(App) -Est-ce que vous avez pu recenser les véritables problèmes qui minent l’arrondissement de Douala 3?

Depuis que nous avons perdu cette commune, au sein du Rdpc, on s’est mis dans un processus de reconquête de la commune. On est même allé au-delà de ce que certains partis on fait en engageant des travaux ; comme pour montrer ce que nous pouvons faire sans les élections. Le problème majeur que nous avons trouvé ainsi que je vous disais tout à l’heure, c’est le bâtiment de la mairie qui n’a pas été entretenu, ce sont les routes, c’est l’insalubrité, c’est l’insécurité à combattre avec l’implication des commissariats et surtout en électrifiant les quartiers avec des lampadaires.  Vous avez aussi le problème du sous-emploi que nous pourrons résoudre à travers la coopération internationale, parce que soit-il dit en passant, on copie toujours ce qui se passe ailleurs de mieux ; nous allons essayer de mettre en place des systèmes qui permettront, en dépit du manque de moyens, à la commune de résoudre ses problèmes, de mieux fonctionner. En dehors du problème de mobilité du personnel, nous avons trouvé un autre qui est celui de l’optimisation des recettes de la commune. Il m’a suffi d’un seul jour de travail à la mairie pour me rendre compte qu’il n’y a pas un système de recouvrement digne, rigoureux. Il faudra faire un travail à long terme pour que tout ce qui est perçu, rentre dans les caisses de la commune. En coaction avec les collaborateurs que nous avons trouvés sur place, nous allons nous y atteler dans les prochains jours, nous organiserons avec l’ensemble des conseillers municipaux et les adjoints, des journées d’échanges avec les populations à travers lesquelles nous les écouterons, question de savoir quels sont leur désidérata, leurs besoins et passerons le message relatif à notre vision. Nous tenons à présenter quelque chose de positif au terme de notre mandat. Tout cela va être consigné dans un document.

(App) -Cette élection a donné droit à l’entrée d’autres formations politiques au sein du conseil à l’instar du Pcrn. Comment comptez-vous travailler avec ces citoyens ? Est-ce que leurs visions seront intégrées dans la vôtre ? Comment comptez-vous vous y prendre en fait ?

(Sans hésitation). Leurs avis seront pris en compte s’ils sont pertinents. Le Rdpc ne va pas gérer tout seul. Ce sera avec les autres partis en tenant compte de la composante diversifiée de notre conseil ; mais dans ce genre de situation, il faudrait toujours penser à l’examen des propositions et la décision des résultats sera prise de manière consensuelle.

(App) -Au plan de l’urbanisation, et des autres actions de développement, dans quel sens se présentera la coopération entre la mairie et les populations ?

Il n’y vraiment pas de quoi exclure les populations qui nous ont élus. On va tout simplement s’asseoir avec ces populations. Tenez : pendant la campagne, nous avons débarqué dans un quartier et le chef de quartier nous a simplement dit que nous n’allions pas y tenir de meeting pour des raisons qui lui étaient propres. Nous l’avons écouté et on n’a pas tenu de meeting. Pour vous dire que nous serons entièrement à leur écoute et leur ferons aussi comprendre en retour qu’on ne peut pas faire d’omelettes sans casser les œufs. Il y aura un minimum de facilitateur, de sensibilisateur pour avoir leur avis pour avoir une ville décemment construite sur un itinéraire et qui nous évitera les conflits entre elles et la commune.  Tous les paramètres seront pris en compte pour l’exécution d’un projet d’urbanisation.


(App) -Le Cameroun va abriter le Chan 2020 et la Can 2021. Douala 3e est au cœur de cet évènement qui verra débarquer des étrangers au Cameroun. Que présentera votre commune sur le plan touristique pour le bonheur des visiteurs qui séjourneraient dans celle-ci ?

Nous avons localisé et hébergeons un grand site qui sera aménagé. Si le Chan est déjà là, nous verrons ce qu’il y a lieu de faire pour la Can qui est pour «demain». Nous pensons au grand site à proximité du stade de Yapoma, nous pensons à d’autres disséminés à travers la commune comme celui de Mbanya. Tous ces projets vont être étudiés au plus vite. On pense par exemple solliciter Camrail afin qu’il mette à notre disposition au moins deux wagons qui feraient le trajet entre la gare de Japoma à la gare de Bessengue et vice-versa. Ce qui facilitera la mobilité des personnes.


(App) -Avec la mise en application du code général de la décentralisation, les exécutifs communaux ont désormais des pouvoirs plus étendus. On sait que votre arrondissement continue à être le fief des litiges fonciers orchestrés par plusieurs acteurs (chef de village, chef de quartier, et ceux qui ont beaucoup d’argent…)

Je vais m’appuyer sur les connaissances de ceux qui s’y connaissent en matières foncières afin qu’ils me fassent des propositions. Ce qui est sûr, c’est que nous allons réussir à préserver le patrimoine foncier de la commune. On va pouvoir garder les espaces qui ont été réservés au public. On va s’assurer que ces espaces ont été sécurisés et voir comment on peut avoir une politique de gestion foncière qui soit compatible.


(App) -L’opinion publique indique que vous n’êtes pas très proche des populations. Beaucoup pensent que votre place est ailleurs. On vous considère comme un palliatif. Cette idée ne vous enchante certainement pas. Quel commentaire faites-vous ?

(Pause et soupir) C’est un dilemme. Je vous le dis sincèrement. Il y a beaucoup d’avantages et d’inconvénients parce que, quand vous regardez de près ce que fait la communauté urbaine,  les missions qui ont été dévolues à la communauté urbaine avec sa modernité des investissements, on peut dire que la Cud et les ingénieries financières qui ont été mises en place ont fait un grand pas en avant comme ici au niveau du Pad. Cela manquerait à beaucoup de candidats. Mais il faut que je vous dise sincèrement…

Nous avons mené des investigations qui nous laissent croire que le peuple Sawa voulait que vous soyez le futur maire de ville de Douala…?

Sans les collègues conseillers, je ne pourrais rien sans que ceux-ci ne sentent pas ce que nous avons convenu pendant longtemps avant que je vienne à la commune de Douala 3e. Comme  les conseillers qui constituaient le corps électoral me demandaient de porter ma candidature, je l’aurai volontiers fait fort de leur soutien.


(App) -Un dernier mot…

Je vais dire aux à mes collègues, à l’électorat de base aux militants et sympathisants du Rdpc qui ont toujours cru aux instructions du président de la république S.E Paul Biya sur l’arrivée de nouvelle figure dans la gestion des affaires locales, ces nouvelles figures qui étaient dans l’ombre et qui aujourd’hui sont au-devant de la scène, leur dire que nous ne comptons pas faillir à nos engagements. Je pense qu’il faut laisser une marque indélébile. Je voudrais aussi avec mon équipe de conseillers et leurs adjoints, laisser cette marque-là. Le SDF nous a légué une mairie totalement délabrée. Ce n’est pas possible pour quelqu’un qui a un mandat, qui sait qu’il doit rendre compte. Nous voulons nous inscrire dans le temps et dans l’histoire. C’est la première fois qu’on a cette configuration dans cette mairie. Il est temps pour moi et de réfléchir et d’éviter d’aller me disperser à la mairie de la ville, de penser, de m’asseoir et de mettre en application tout ce que j’ai appris à travers les relations, ma carrière pour qu’il y ait quelque chose de visible à Douala 3e.

Entretien Réalisé Par Nyobe Nyobe pour (App)

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here