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Laure Olga Gondjout, acteur du livre

(Agence de presse panafricaine) -Laure Olga Gondjout revient notamment sur le soutien du président Bongo à Alassane Ouattara et sur la tentative américaine d’évincer la France du Gabon.

 

 

L’ex-ministre des affaires étrangères gabonaise Laure Olga Gondjout, longtemps secrétaire particulière du président Omar Bongo, dévoile les arcanes du pouvoir gabonais et de la Françafrique dans son livre, Instants de vie, publié en Côte d’Ivoire. Elle revient notamment sur le soutien de M. Bongo à Alassane Ouattara et sur la tentative américaine d’évincer la France du Gabon.

 

« M. Bongo avait fait le serment au président [ivoirien] Félix Houphouët-Boigny de protéger Alassane Ouattara quoiqu’il advienne, car il avait une grande ambition pour lui et pour la Côte d’Ivoire», affirme Mme Gondjout, qui était très proche d’Omar Bongo.

 

Guerre de tranchées

 

 

Depuis la mort d’Omar Bongo, en 2009, Libreville est le théâtre d’une succession digne d’une pièce tragi-comique : des centaines de millions d’euros à répartir entre 53 héritiers. Les deux principaux, Ali, le président du Gabon, et sa sœur aînée, Pascaline, se déchirent.

 

 

Il faut dévisager un instant cette femme échevelée de 58 ans pour deviner les bonnes manières d’une personne éduquée et sa ressemblance avec son père, le richissime Omar Bongo, feu le président du Gabon. La «fille chérie», comme elle se qualifie elle-même, fut sa directrice de cabinet, la gérante de sa fortune et, surtout, la gardienne des secrets jusqu’à sa mort, le 8 juin 2009. A Paris, Pascaline Bongo reçoit dans un lieu discret du 16e arrondissement, à l’abri des regards et des opposants gabonais. En ce mois de mars, l’aînée de la fratrie Bongo porte des vêtements simples, presque négligés. Aucun accessoire ne laisse transpirer son train de vie de princesse d’Afrique centrale, ses demeures fastueuses à Beverly Hills, Genève et Abidjan, ses luxueux appartements parisiens gelés par la procédure pénale française des «biens mal acquis», ou ses millions de dollars que l’on dit à l’abri sur des comptes bancaires à Beyrouth, Hongkong ou Singapour.

 

 

Réserves spécieuses

 

A Libreville, «Madame sœur» est peu à peu tombée en disgrâce depuis que son frère, Ali Bongo, est devenu le chef de l’Etat en 2009. Au palais présidentiel du bord de mer, son vaste bureau a été vidé mais elle a toujours la haute main sur la fortune colossale d’une famille qui se déchire aujourd’hui autour de l’héritage du père, dirigeant du Gabon pendant quarante-deux ans. «Il y a trop de fantasmes sur la richesse présumée d’Omar Bongo», assure-t-elle au Monde. De quoi faire sourire. Alors, elle nuance : «Il était très riche mais il a distribué beaucoup d’argent avant sa mort». Tout indique pourtant que la succession porte sur des montants considérables. Patrimoine immobilier, comptes bancaires… Jusque-là, rien que de très classique. Mais il y a chez les Bongo un autre magot : la holding Delta Synergie dont le site Mediapart a révélé l’étendue. C’est à travers elle qu’Omar Bongo avait investi dans plus de quarante entreprises gabonaises parmi les plus importantes. Banques, industries, mines, pétrole, transport, services, agroalimentaire, aucun secteur n’a échappé à l’appétit de Delta Synergie qui se retrouve aujourd’hui au cœur des tensions entourant la succession de l’ancien président. L’entreprise possède ainsi des participations dans la holding BGFI, première banque d’Afrique centrale, dans la Sogafam, principale société de fabrication de médicaments au Gabon, ou encore dans la Somipar, une importante société minière. Soit une valorisation estimée à 43 millions d’euros.

 

 

 

Endy Pascale Ngueng pour (App)

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