Gabon education
Eleves Gabon

(Agence de presse panafricaine) -La rentrée scolaire administrative au Gabon est programmée le 26 octobre 2020. Ce retard est consécutif à la pandémie du Covid 19. Toutefois, le cri de détresse des parents d’élèves est perceptible à cause de leur incapacité à assurer la scolarité de leurs progénitures, due à d’énormes difficultés.

 

 

 

Le Gabon, pays de l’Afrique centrale avec deux millions d’habitants, seulement, trouve du mal à rendre son système éducatif efficace. L’accès à l’éducation devient une véritable peine pour les parents moins nantis à cause de la cherté des études. Depuis l’arrivée du Président Ali Bongo au pouvoir, inscrire un enfant dans un établissement public (le pré-primaire, le primaire et le secondaire) devient un véritable combat pour les parents n’ayant pas des moyens financiers. Pour inscrire ou réinscrire un enfant au pré primaire et au primaire, le parent d’élève doit débourser au moins 50.000 francs CFA; et au secondaire, c’est près de cent mille francs. Chaque année scolaire, une famille sur quatre est incapable d’envoyer les enfants à l’école, faute d’argent.

 

 

Pourtant, conformément à la Constitution gabonaise, les écoles publiques sont gratuites pour tous les élèves. Or, les établissements secondaires publics facilitent de nos jours leurs accès à des parents assez nantis, poussant ainsi les démunis à inscrire leurs enfants dans les établissements privés qui ne sont pas parfois en règle. Néanmoins, ils proposent des prix dérisoires pouvant être à la bourse de ces familles en détresse, comme en témoigne Nathalie Okouma, commerçante au marché d’Akebe à Libreville: « je suis mère de sept enfants. J’ai quatre enfants qui sont au secondaire. L’année scolaire passée, j’ai réussi seulement à inscrire trois, car au C.E.S Léon 2. Il me fallait 86.000 francs par enfant, imposés par l’administration de l’établissement; avec les quatre, je ne pouvais pas m’en sortir. Mes enfants étaient sûrement les derniers à débuter les cours, car ils avaient commencé les cours à la fin du mois de novembre. Pour les trois autres qui devaient être inscrits au primaire, j’ai été aidée par une femme qui a une association. Cette année, avec la crise sanitaire, j’ai déjà la tête qui chauffe quand je pense à la rentrée scolaire. Je ne sais pas par où commencer ».

 

 

Certaines familles, malgré leur manque de moyens, se sacrifient pour inscrire leurs progénitures dans le privé. Ils dénoncent l’abandon des établissements publics par le gouvernement qui se contente tout simplement des affectations des responsables des établissements et ne procède pas au suivi de ces établissements publics. « Mes enfants sont inscrits au Lycée Jean Hilaire de Nzeng-Ayong. Ils étaient livrés à eux-mêmes et les enseignants, déjà insuffisants, venaient quand ils voulaient, sans compter les sommes d’argent injustifiables que réclamaient les responsables. On avait fait payer aux parents d’élèves, les frais de l’association des parents d’élèves alors qu’il n’existe aucun bureau de l’APE. On nous fait payer les uniformes scolaires chaque année (pour les cours et le sport) », a déclaré un parent d’élève.

 

 

En cette période de crise sanitaire, le gouvernement doit peser de tout son poids afin d’éliminer cette inégalité sociale organisée par les chefs d’établissements qui trouvent désormais leurs ressources de fonctionnement (argent, rame de papiers, boite de craies, encre, etc.) auprès des parents d’élèves. Les deux ministres en charge de l’éducation doivent surtout doubler d’effort sur leur volonté à reformer un système scolaire défaillant, en rendant l’accès possible à l’éducation à toutes les couches sociales et surtout en construisant les établissements, ou réaménageant, certains étant déjà dans un état de vétusté, afin d’éradiquer le phénomène d’effectif pléthorique.

 

 

Ulrich Corso Sima correspondant (App) Gabon

 

 

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