Gabon : Tanasa Mbadinga, victime d’un acharnement ?

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(Agence de Presse Panafricaine ) – Osons croire que l’opération « Scorpion » ne sera pas de la poudre aux yeux des Gabonais qui n’ont peut- être pas tort de penser par expérience qu’une fois de plus, les autorités de leur pays ont opté, comme elles l’ont si souvent fait, pour à nouveau les divertir, alors qu’elles les savent très soucieuses de leur avenir et de celui de leurs enfants.


D’où le citoyen lambda est favorable à l’instauration d’opérations d’envergure pour non seulement débusquer, mais aussi punir les responsables indélicats qui font peser une menace sérieuse sur l’économie du Gabon, pays qui ne se porte déjà pas bien ces temps derniers et qui a pris pour habitude, en dépit de ses importantes ressources mal gérées, de tendre la main vers les organismes financiers internationaux. La crainte du Gabonais est donc légitime vu sous cet angle, pourvu qu’il n’y ait pas de discriminations entre les scélérats en col blanc quand il s’agit de traiter globalement d’une question claire dans laquelle il est, dit- on, établi qu’ils ont chacun sa part de responsabilité si cela était prouvé arguments à l’appui. Qu’est- ce à dire ? Qu’il n’y ait pas de deux poids, deux mesures. Puisqu’on nous bassine les oreilles avec le fameux refrain : « le Gabon est un État de droit ».


Depuis l’interpellation de nombreux Directeurs généraux de sociétés d’État, Caisse de dépôt et de consignation (CDC), Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS), Société équatoriale des mines (SEM), Caisse de stabilisation (CAISTAB), et Gabon Oil Company (GOC) pour officiellement détournements à grande échelle sans que l’on enregistre jusqu’ici la moindre réaction de la Cour des comptes, les écrits de la presse diffèrent selon qu’elle est publique (ce qui se confond ici avec la presse gouvernementale) ou privée. Alors que la première dont le célèbre «L’Union », la référence, fait choux gras de cette actualité pour le moins rocambolesque en donnant l’impression qu’elle est aux ordres, la seconde ne masque aucun détail, traitant les sujets interpellés sur un pied d’égalité, dénonçant chez les uns ce qu’elle dénonce chez les autres.


C’est- à- dire qu’alors que l’Union semble ne s’acharner visiblement que sur l’ancien  DG de la GOC Patrichi Christian Tanasa Mbadinga que le journal ne ménage guère, s’employant du mieux qu’il peut à fouiller dans les poubelles quand il s’agit d’évoquer son cas, ce qui est contraire au traitement des autres cas, révélant au passage le montant supposé de tous ses détournements et malversations, le quotidien reste muet ou presque sur la question concernant les autres interpellés, entendez les autres DG. Nous de nous demander qu’est- ce qui motive une telle attitude, surtout lorsque l’on réalise que la presse privée, elle, travaille dans le sens d’élucider le sujet avec une méthodologie respectant l’impartialité et l’équilibre, nous renseignant jusqu’au détail près sur chacun des cas, y compris en nous édifiant sur les sommes « volées » par chaque responsable incriminé. Dans le cas de la GOC curieusement, l’on ne fait allusion qu’au seul DG, dire que les décisions collégiales du reste émane du Conseil d’administration, ce qui suppose de façon élémentaire que les membres de cette entité en tête desquels le Président du Conseil d’Administration (PCA) soient, au- delà d’être nommément cités, entendus dans le cadre d’une affaire aussi sensible.


D’ailleurs, il est clair comme l’eau de roche que leurs versions devraient permettre d’éclairer la lanterne sur la gestion pourtant saluée de l’ancien Directeur général Patrichi Christian Tanasa Mbadinga qui aurait des raisons de rougir si jamais cela ne se faisait pas, lui, étant au fait des questions relevant de l’orthodoxie financière et étant devant une situation de confrontation, capable d’apporter un brin de lumière nécessaire à l’éclaircissement d’une affaire que d’aucuns n’hésitent pas de qualifier d’opaque et même de politique ou de règlement de comptes pour les plus « inspirés » d’entre eux.


Voilà donc une affaire qui risque d’être diversement interprétée, ce d’autant plus qu’elle laisse libre- court aux supputations parmi lesquelles les plus fantaisistes et partisanes et chez de nombreux citoyens hélas l’odeur d’un règlement de comptes ni plus ni moins, voire d’une purge stalinienne dont les auteurs, quoique tapis dans l’ombre, seraient très certainement quelques gens n’arrivant pas à afficher leurs intentions au grand jour. Que gagne le Gabon dans un tel bal de vampires ? S’il arrivait que les détournements soient prouvés, que ferait- on de l’argent volé à l’État ? Et qu’en sera- t- il des autres responsables tout aussi indélicats que ceux sur qui l’on aura déjà mis la main, des responsables dont certains bénéficieraient d’une protection, pourvu qu’on nous démontre le contraire ?

Par Yorick KOMBILA MANFOUMBY (APP)


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