la chronique de Dobell: NOS CHEFS DEVANT LA MALADIE ET LA MORT

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Stéthoscope et code de déontologie médicale.

Le 23 janvier dernier le discours d’investiture du tout nouveau président de la République démocratique du Congo, Félix Tshiséhédi a été interrompu pendant une dizaine de minutes. Le temps que l’orateur reprenne ses esprits à l’issue d’un malaise.

Le 15 janvier, c’est assis dans la chaise roulante installé derrière un bureau disposé dans un vaste hall que le Chef de l’Etat gabonais, Ali Bongo Ondimba a assisté à la cérémonie de prestation de serment de son nouveau premier ministre Issoze Ngondel et de son gouvernement. C’est pour ce cérémonial que le chef de l’Etat Gabonais est parti de Rabbat au Maroc où il suit sa rééducation après un accident vasculo-cérébral qui l’a terrassé en octobre 2018.

Après des soins à Riyad en Arabie Saoudite, il est en convalescence au Maroc où il est retourné le 16 janvier dernier. Abdel Aziz Bouteflika, le président de l’Algérie est lui aussi sur une chaise roulante depuis des années victime d’un AVC. Mais le système gouvernant algérien ne lui trouve pas un remplaçant.

En France Georges Pompidou élu président de la république en 1969 après avoir été successivement directeur de cabinet puis premier ministre du Général de Gaulle de 1958 à 1968 est décédé en cours de mandat sans que la presse occidentale le jette en pâture. Le soviétique Brejnev est mort au pouvoir sans être la curée des médias européens au courant de tout.

Et pourtant, un rhume ou une bronchite du chef d’un Etat tropical nourrit très vite les colonnes des journaux européens. La pudeur, voire le halo de mystère dont bénéficient les dirigeants européens est catégoriquement refusé aux autres. On  les voit très vite à l’article de la mort.

Cette dernière est pourtant si lourde que l’on ne saurait l’annoncer à la cantonade. Surtout celle des personnes qui portent le poids d’une communauté, d’une nation. Le vide qu’elle entraine est redoutable. Elle nécessite des précautions à prendre. Dans certains de nos contrées celui à qui revient pourtant la mission de divulguer la disparition d’un chef est aussitôt banni, chassé même de la communauté.

C’est pourtant le dramaturge français Pierre Corneille qui écrit dans l’une de ses plus belles pièces que pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes. Ils meurent comme tous les autres hommes. On comprend donc difficilement la frilosité avec laquelle les médias occidentaux scrutent à la loupe l’état de santé des princes qui nous gouvernent. Ils sont ce qu’ils sont. Mais l’état de leur existence : la maladie ou la mort devrait être traité avec une certaine réserve ou dignité. Ils l’ont d’ailleurs si bien compris qu’ils se livrent de moins en moins au voyeurisme des médecins de certains pays occidentaux plus promptes à les enterrer vivants qu’à les soigner en observant le secret médical.

Au bout de ce qui précède, il appartient aux gouvernements africains d’assurer une formation de qualité à ceux des jeunes attirés par la science médicale et pourquoi pas de valoriser la médecine tropicale par la recherche pour que eux-mêmes et leurs compatriotes soient soignés sur place comme les asiatiques le font. C’est possible. Il faut y croire et s’armer d’une volonté politique inébranlable.

DOBELL


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