la chronique de Dobell : Pénurie de pièces de monnaie LA COLONIE CHINOISE MISE EN CAUSE

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Il est de notoriété publique que la petite monnaie, les jetons de 50 et 100 francs se font rare dans les échanges. On frôle parfois des rires entre vendeurs et acheteurs, entre les transporteurs et leurs clients au moment du remboursement. La situation est inquiétante.

Pour contourner cette pénurie une boulangerie de Douala dont les produits sont particulièrement prisés s’est dotée de jetons en papier plastifié pour effectuer le remboursement sans heurt. Pendant que l’on se posait des questions sur cette curieuse absence de jetons des rumeurs persistantes indexaient déjà les commerçants chinois qui les récupéreraient pour fabriquer des bijoux.

La rumeur accouche finalement de l’info lorsqu’il y a quelques mois au second semestre de l’année dernière, la gendarmerie met la main sur des commerçants chinois. Une chaine de télévision qui a eu le nez creux tombe sur l’affaire mais reçoit l’instruction, on ne sait d’où de mettre l’affaire sous embargo.

Selon nos sources un individu sorti de nulle part pour faire une intrusion dans la scène politique, à la faveur de l’élection présidentielle dont le chemin lui a été barré par le conseil constitutionnel téléphone aux reporters de ne pas ébruiter l’affaire. Ainsi est étouffé dans l’œuf à Douala un crime économique bien monté. Mais comme un crime n’est jamais parfait, surtout de cette envergure-là voila qui à Garoua le Sous-préfet de Garoua 2e et son état-major démantèlent un réseau d’opérateurs chinois de machines à sous. Ils ont réussi de mettre hors du circuit normal trois millions de francs en jetons de cent francs.

Les complices haut placés de ces pirates n’ont pas eu de temps de les couvrir. Ils sont huit à répondre de leur forfait devant la justice depuis le 1er février dernier. Certes Garoua n’est pas Douala, la ville des affaires, pour ne pas dire de toutes les maffias. Les parrains nationaux ont réussi à protéger des chinois qui ont stoqué selon nos sources plus de huit millions de francs en jetons qui manquent pourtant cruellement dans les échanges commerciaux.

Il faut relever pour le regretter que ces nouveaux partenaires économiques asiatiques, particulièrement ceux de l’empire du milieu s’illustrent par un activisme débridé tous azimuts. Les chinois sont accusés entre autres de dévaster l’environnement dans l’Adamaoua et l’Est dans l’exploitation artisanale des minerais dont l’or. Les mêmes plaintes se font entendre dans le commerce où ils font le gros et le détail au détriment des débrouillards camerounais.

Employeurs, des patrons chinois  ne respectent pas les barèmes de salaire en vigueur au Cameroun. Pour preuves les grèves sont légion dans les grands chantiers que le gouvernement camerounais confie aux entreprises chinoises. Encore qu’ils font venir au Cameroun les leurs dont la qualification n’est pas avérée, ne parlant ni le français ni l’anglais.

Il n’est pas question de stigmatiser ou de jeter l’opprobre sur les chinois. C’est du reste avec la complicité active des fonctionnaires et des autorités camerounais qu’ils passent à travers les mailles de la règlementation. Le cas du silence qui a enveloppé les jetons découverts à Douala est des plus éloquents. Les pièces d’argent entrent dans l’exploitation des machines à sous qui font florès dans les métropoles camerounaises. A Garoua et les environs, le Préfet de la Bénoué a mis le holà. Lui, les sous-préfets et les responsables du maintien de l’ordre font leur travail et mettent les délinquants à la disposition des magistrats.

Pourvu que partout ailleurs l’exemple de Garoua soit suivi et que les jetons reviennent dans le circuit commercial normal.


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