La chronique de Dobell: LA GALÈRE APRES LES ORS ET LES DÉLICES DU POUVOIR ?

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Une des questions qui hantent les esprits sous nos cieux est de savoir pourquoi les Africains se cramponnent au pouvoir. N’est-il pas possible de vivre paisiblement après avoir occupé des fonctions de pouvoir ? Notamment celle de Chef d’Etat ? Certains s’en tirent plutôt bien, tandis que pour d’autres commence la descente aux enfers.

Ce qui arrive depuis quelques mois à la famille Dos Santos en Angola depuis que Eduardo le père, a cédé le fauteuil présidentiel à Joao Lourenzo est révélateur à plus d’un titre.

A peine installé, ce dernier s’est attelé à faire le ménage et châtier les ripoux. Dans la première brouette les enfants Dos Santos.

Dans le  combat du successeur de DOS SANTOS contre la corruption, les premiers à rendre gorge, limogés de tous les postes juteux où les avait installés leur père quand il était le deus ex machina du pays.

L’un d’eux José Filomeno, hume la paille humide d’une  cellule de prison. La fille Isabel qui passait pour l’une des femmes les plus puissantes du continent est aussi descendue du piédestal de la compagnie nationale du pétrole (sonangol) dont elle était la présidente ;

Deux autres qui étaient aux commandes de la chaine de TV publique TPA 2 ont subi la même infortune. Chasse aux sorcières, c’est tout comme.

Autres espaces, mêmes chutes spectaculaires avec Karim Wade au Sénégal, le couple Mugabe au Zimbabwe, la guerre fratricide au Togo après le décès du père Gnasingbe. La partie s’est achevée par l’emprisonnement de Kpacha.

En Gambie, on a poussé le bouchon si loin que le successeur de Kenneth Kaunda a dénié à ce dernier la nationalité du pays dont il a été le bâtisseur.

Il faut néanmoins saluer la démocratie ghanéenne initiée par l’ex capitaine Jerry Rawlings qui, depuis 1996 a donné cinq présidents successivement élus au pays de Kwame Nkrumah. Figurent également sur cette liste le Nigéria, le Sénégal, le Mali dans une certaine mesure dont certains chefs ont perdu des élections sans connaître des ennuies judiciaires.

Naturellement, la tentation est grande d’associer femmes et enfants aux délices du pouvoir. Ce qui arrive aux familles contre lesquelles s’est retourné le coup du sort devrait inspirer prudence aux chefs en qui sommeillent des  velléités monarchiques.

Une république digne de ce nom ne saurait être transformée en royaume. L’histoire est jalonnée de ces tragédies qui ont emporté royaumes et empires du jour au lendemain et des familles entières ont payé le prix des abus et rancœurs accumulés par des peuples frustrés.

Si on aime vraiment les siens, il vaut mieux les éloigner de ces arènes où certains pensent et croient que tous les coups sont permis et que la vengeance est un repas qui se mange froid.

On peut cependant faire la politique comme l’a écrit Jean Paul Sartre, sans se salir les mains et surtout sans y impliquer les siens, forcément. La République a ses règles, la monarchie les siennes. On ne force pas les vocations.

Dobell


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