(Agence de presse panafricaine) -Tout comme le VIH SIDA, le virus Ebola, la grippe aviaire, le virus porcin et aujourd’hui on parle de l’apparition d’une nouvelle épidémie nommée le coronavirus (Covid-19) qui sème la psychose mondiale. C’est en Chine, notamment dans la région Wuhan que le premier cas de cette épidémie grippale s’est fait connaître chez les populations du troisième âge. Selon l’Encyclopédie libre Wikipédia, « Les coronavirus sont un groupe de virus enveloppés entrainant des pathologies chez les mammifères et les oiseaux. Chez l’homme, les coronavirus provoquent des infections des voies respiratoires généralement bénignes, comme le rhume, bien que des formes plus rares telles que le SRAS, le MERS et le COVID-19 puissent aussi provoquer des infections gastro-intestinal et du système nerveux et être parfois mortelles. ».

Apparu le 30 décembre 2019 en Chine par le médecin chinois et lanceur d’alertes Li Wenliang (aujourd’hui déclaré mort de suite du Coronavirus par les Autorités chinoise), l’actualité mondiale tourne autour du Coronavirus dont la propagation touche tous les continents, sauf l’Antarctique, et perturbe la vie quotidienne et économique dans nombre croissant de pays. On parlerait plutôt aujourd’hui de pandémie que d’épidémie. De manière officielle, les premiers cas infectés par le Coronavirus sur le sol africain ont été enregistré dans dix (10) pays (notamment en Égypte, en Algérie, en Tunisie, au Maroc, au Nigeria, au Cameroun, au Gabon au Sénégal…) Toutefois, il est plus qu’évident que ces pays ne sont pas en reste connaissant la porosité de nos frontières et le manque de stratégies nationales en matière de santé publique. Autant dire que les personnes infectées et mortes se chiffrent en milliers de personnes dans les pays développés du monde. Autrement dit, l’état d’urgence médicale est déjà déclaré en France et en Italie. Face à cette constatation, nous sommes en droit de nous demander si les pays africains sont-ils prêts pour faire face au Coronavirus ?

Malgré le faible trafic aérien depuis décembre en provenance de la Chine et même dans les autres pays infectés, il semble difficile pour tout Etat de rassurer sa population sur les mesures de préventions prises face à la vitesse de propagation du Coronavirus. C’est le cas du Gabon où les Autorités publiques affirment avoir pris des mesures efficiences pour éviter toute infection sur le sol national. Sachant que « l’homme est un animal politique » selon Aristote, il sera difficile d’éviter une propagation de masse, sauf si tout le monde reste confiné chez soi ce qui serait insoutenable pour l’économie nationale de tout pays qui se veut prospère. C’est cette situation controversée dans la lutte efficace contre la pandémie qui fait dire à plusieurs détracteurs que tout comme le VIH SIDA, le virus Ebola, la grippe aviaire, le virus porcin et aujourd’hui le Coronavirus restent des  inventions de laboratoires en relations commerciales avec les firmes pharmaceutiques : ces virus ou armes bactériologiques ont à chaque fois des cibles différentes.

Au Gabon, l’actualité sur le Coronavirus s’est très vite fait ressentir suite au message à la communauté française de la part de l’Ambassade de France au Gabon et à São Tomé et Principe et du consulat général à Libreville qui daterait du 6 mars 2020 et reste consultable sur leur site officiel. Ce message confirme que le Gabon n’a pas encore enregistré aucune infection lié au Coronavirus. Chose étrange, les établissements à l’éducation française du Gabon sont fermés jusqu’ à nouvel ordre selon les recommandations de l’Etat français. C’est suite à ce message de l’Ambassade de France au Gabon et la détection le 6 mars 2020 de la présence de ce virus au Cameroun, pays frontalier, que les Autorités gabonaises ont émis le 7 mars 2020 la restriction des voyages vers ou en provenance des pays révélés comme étant à haut risque de contamination, le renforcement significatif du dispositif sanitaire au niveau de toutes les frontières : aériennes, terrestres et portuaires est venu se greffer entre autres renforcements  en équipements, la création d’un fonds spécial pour la riposte contre le COVID-19, des deux laboratoires destinés au dépistage du COVID-19 à Libreville, en addition à celui du Centre International de Recherches Médicales de Franceville (CIRMF), laboratoire certifié par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).  Ces mesures énumérées ont été annoncé par le biais d’un communiqué de presse lu par le Ministre de la Communication, porte-parole du Gouvernement, Edgard Anicet Mboumbou Miyakou.

 

De plus, le gouvernement au terme d’un Conseil présidentiel spécialement dédié à cette épidémie mortelle a décidé de reporter « tous les événements internationaux prévus au Gabon ». Une décision qui rentre dans la cadre clairement défini par l’exécutif comme « l’examen des mesures qu’il convient de prendre en pareille circonstance, dans le but d’assurer et de garantir la protection des personnes vivant sur notre sol ». Ainsi donc tous les évènements prévus sur le sol gabonais à caractère international sont reportés à une date ultérieure qui fera sans doute l’objet d’une autre communication gouvernementale. Ainsi, ces mesures d’urgence médicale restent davantage confirmées depuis l’annonce officielle du premier cas testé positif au Coronavirus par les Autorités compétentes. En effet, il s’agit d’un gabonais âgé de 27 ans, résident au Gabon, ayant récemment séjourné à Bordeaux en France. Il est rentré ce dimanche 8 mars 2020 par l’aéroport Léon MBA de Libreville sans signes particuliers. Les résultats des examens du 12 mars 2020 ont véritablement confirmé l’infection au Coronavirus et le malade reste entièrement pris en charge par l’Etat.

plus, ces mesures certes urgentes et nécessaires vont toutefois ralentir davantage un pays dont l’économie nationale reste axée principalement sur les revenus issus de la rente forestière, minière et pétrolière, en clair des ressources naturelles brutes. Voulant diversifier son économie rentière, les Autorités publiques ont toujours fait du secteur agricole une prioritaire malgré la forte dépendance alimentaire extérieure, notamment du Cameroun et du Congo par rapport aux pays de la sous-région Afrique centrale. Après 60 ans d’indépendance, la production agricole du Gabon couvre moins de 20% des besoins nationaux. Le secteur agricole qui représentait encore 44% du PIB en 1963, et assurait aux populations l’autosuffisance alimentaire, ne représentait plus que 3.6% de la richesse nationale en 2014. Le Gabon est ainsi passé du statut d’exportateur net de produits alimentaires à celui d’importateur structurel. Ce constat traduit l’échec des politiques agricoles menées par les gouvernements successifs. Ainsi, se pose la difficulté de mise en place des mesures étatiques pour fermer momentanément toutes les frontières nationales, notamment celles frontalières avec le Cameroun. En effet, le Gabon n’est pas prêt pour faire face au Coronavirus sur le plan d’infrastructures sanitaires, les stratégies de mise en quarantaine des personnes infectées, la disponibilité des médicaments comme le témoigne les photographies prises cette semaine, par les immigrés et publiés sur le réseau social Facebook, à la frontière gabonaise avec le Cameroun.

 

A travers les photographies, nous voyons très bien que les agents de force de l’ordre sont juste équipés d’un masque médical, des gants et d’un pistolet laser infrarouge pour le prélèvement de la température (Cf. Photographie). De plus, les agents du service d’hygiène ne sont pas très nombreux, d’où la rotation des effectifs.  Autant dire que ces mesures sont utiles mais reste en inadéquation avec l’offre médicale nationale.

In fine, il est important de souligner que les pays africains seront impuissants face à la lutte contre le Coronavirus. En effet, la plupart de l’outillage, des molécules et des principes actifs utilisés dans la médecine occidentale proviennent de la Chine car, elle est devenue l’usine du monde depuis des décennies. Ainsi, sans de mesures de préventions radicales, le Coronavirus risquerait de faire plus de dégâts humains et économiques que les précédentes pandémies.

 

Dr. Franck Elmer Essono Edoh

Sociologue et Consultant indépendant en développement des territoires

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