Les parlementaires : élus du peuple ou élus de leur part ? Leçons de choses politiques (Par Jean Valentin Leyama)

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(Agence de Presse Panafricaine) – Ces accusations ne sont pas nouvelles, elles sont plutôt récurrentes. En effet, lors des campagnes électorales, les candidats promettent de représenter fidèlement les populations et de traduire leurs préoccupations. Alors, comment voter la confiance à un gouvernement qui, dix mois après sa première déclaration de politique générale, n’a tenu aucun de ses engagements, en particulier sur les problématiques de base : santé, éducation, routes, chômage ? Comment ne pas ressentir un sentiment de trahison lorsque vos représentants accordent un satisfecit à un gouvernement qui a échoué sur toute la ligne ? La colère et l’indignation sont parfaitement compréhensibles !


Or, une fois élus, beaucoup de parlementaires découvrent à leur détriment que leur mandat ne découle pas du peuple qui a voté mais du parti politique qui les a investis ! Autrement dit, il est plus toléré de tourner le dos au peuple qu’à son parti politique. Récemment, on a vu des élus perdre leur mandat par suite des sanctions infligées unilatéralement par leur parti, sur la base de présomptions que de preuves réellement établies ou simplement parce que ceux-ci avaient exprimé des avis discordants par rapport à la ligne dominante du parti en ce moment-là. Outre la bipolarisation de la vie politique entre majorité et opposition uniquement, cette primauté du parti sur les suffrages des populations a été consacrée, en 1994, lors des Accords de Paris et coulée dans la Constitution, en son article 39 et dans le code électoral.


Les Accords de Paris ont imposé les partis politiques comme unique instrument d’expression politique. Exit les indépendants, les associations et la société civile ! Un parti sans un seul élu compte plus qu’un leader indépendant avec 20 élus, par exemple. En cela, ils ont dévoyé les acquis de la Conférence nationale.
C’est la dictature des partis politiques qui impacte sur le fonctionnement du Parlement et restreint la liberté d’expression de ses membres qui vivent sous l’épée de Damoclès de l’exclusion pour cause d’indiscipline présumée.
Vous comprenez désormais les mobiles des votes à une écrasante majorité et…qui boude, bouge !


Par Jean Valentin Leyama (Ancien Directeur de cabinet adjoint du président de la République)


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