(Agence de presse panafricaine) -Avec 589 civils tués à ce stade de l’année dans le centre du Mali, alors que la détérioration de la situation en matière de sécurité et l’impunité généralisée sapent les efforts de protection des civils, a déclaré vendredi la Haute Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet.

 

 

 

Les violents conflits entre les communautés Peul, qui sont principalement des éleveurs, et Dogon, qui sont principalement des agriculteurs et des chasseurs, ont augmenté ces derniers mois, avec des milices communautaires, initialement formées pour défendre les communautés qui deviennent de plus en plus violentes et impliquées dans des attaques contre d’autres communautés. Du 1er janvier au 21 juin 2020, la Division des droits de l’homme et de la protection de la Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation au Mali (MINUSMA) a documenté 83 incidents de violences intercommunautaires dans la région de Mopti (centre du Mali). Les milices appartenant à la communauté peule ont été responsables d’au moins 71 de ces incidents violents, entraînant la mort de 210 personnes, tandis que celles issues de la communauté Dogon ont perpétré 12 attaques, faisant au moins 82 morts. Des individus ont été également été enlevés, contraints de rejoindre des milices communautaires ou déplacés, les assaillants visant clairement à infliger des dommages importants et durables aux communautés, en incendiant des maisons, en pillant des biens et des greniers, volant du bétail et en tuant.

 

Ces attaques intercommunautaires ont également été alimentées et instrumentalisées par Al-Qaïda au Maghreb islamique, l’État islamique dans le Grand Sahara, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans et autres groupes armés similaires ou affiliés, qui ont utilisé la violence intercommunautaire pour recruter membres dans leurs rangs. Ces groupes armés ont accru leur présence dans les régions du Centre alors qu’ils continuent d’être mis en difficulté dans le nord du Mali par les forces nationales et internationales. Selon les données documentées par la Division des droits de l’homme et de la protection, depuis le début de l’année, ces groupes ont été responsables de 105 atteintes aux droits de l’homme dans la région de Mopti, notamment la mort de 67 personnes. Des membres des Forces de défense et de sécurité maliennes envoyés dans la région pour lutter contre la violence communautaire et des groupes armés ont eux-mêmes été impliqués dans des violations des droits de l’homme, ciblant principalement des membres de la communauté peule. Toutes choses à l’origine des condamnations onusiennes par la voix la plus autorisée en l’occurrence  la Haute Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet.

 

 

 

Abdou Diof pour (App)

 

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