3ème mandat
Des morts

(Agence de presse panafricaine) -Depuis le 6 août 2020 où le président sortant Alassane Dramane Ouattara a transformé son adresse à la nation à l’occasion de la fête nationale, en un discours de meeting pour annoncer qu’il sera candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2020, la Côte d’Ivoire s’est embrasée. Les manifestations contre ce 3ème mandat jugé anticonstitutionnel sont multipliées dans plusieurs villes du pays. En face, il y a la répression de la part des forces de l’ordre en complicité avec des miliciens à la solde du pouvoir qui entraîne des morts, des enlèvements et des dégâts considérables.

 

 

 

Petit à petit, la Côte d’Ivoire est en train de sombrer dans une crise pré-électorale qui, si l’on n’y prend garde, risque de basculer dans une guerre civile. Cette atmosphère de tension s’est installée depuis que le président sortant Alassane Dramane Ouattara a pris la décision de tordre le coup de la loi fondamentale du pays pour briguer un 3ème mandat à l’élection présidentielle d’octobre 2020. Les Ivoiriens qui pensent avoir tout donné à Alassane Ouattara, ne semblent plus prêts à lui accorder cette faveur de violer leur constitution et s’imposer  à eux comme leur président après le 31 octobre 2020. Cette volonté d’opposer une fin de non recevoir à un 3ème mandat, considéré comme anticonstitutionnel, les Ivoiriens l’expriment chaque jour à travers des manifestations dans différentes localités du pays. De Daoukro à Gagnoa en passant par des villes comme Bonoua, Bongouanou, Divo, Lakota, Toumodi, Aboisso, etc… c’est tout un pays qui est en pleine ébullition. L’appel à la désobéissance civile dont la phase active a été lancée le 15 octobre dernier par les candidats Henri Konan Bédié du PDCI-RDA et Pascal Affi N’Guessan  du FPI a eu un écho favorable auprès des populations.

 3ème mandat
crise pré-électorale

« Partout, les populations sont sorties massivement pour manifester leur opposition au double coup d’Etat constitutionnel et électoral. La quasi-totalité des Départements du pays sont désormais actifs dans la désobéissance civile avec des formes d’actions diverses», indique le porte-parole de la plateforme de l’opposition. Malheureusement, face au succès du mot d’ordre de désobéissance civile de l’opposition, le  régime d’Abidjan a  décidé de répondre « par l’usage abusif disproportionné, illégal et illégitime de la violence » selon les propos de Pascal Affi N’Guessan. Et le constat est triste. Depuis quelques jours de nombreuses localités du pays ont pris des allures de champs de batailles et parfois de champs de ruine. C’est le cas de Bonoua, de Bongouanou, de Dabou et d’Abidjan-Cocody. On assiste à des affrontements sanglants entre manifestants et des miliciens, appelés communément « microbes »  dans le jargon abidjanais, avec leurs corollaires de morts. Ces mouvements de protestation   « Depuis que Alassane Ouattara a déclaré qu’il se portait candidat à un 3ème mandat, on peut déjà évaluer plus de 50 morts dans le pays. C’est un lourd sacrifice que les Ivoiriens consentent à la lutte pour la démocratie, pour l’état de droit et pour l’avenir de la Côte d’Ivoire», regrette le candidat du FPI et porte-parole de la plateforme de l’opposition.

 

crise pré-électorale
3ème mandat

L’espoir que les Ivoiriens avaient placé en une médiation de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est tombé à l’eau. Cette médiation a connu un échec  à cause du manque de courage des membres de la délégation à amener les protagonistes à faire des concessions. Et c’est le décompte des morts qui se poursuit chaque jour. Ce jeudi 22 octobre 2020, le bilan des affrontements  à Dabou, à une trentaine de kilomètres d’Abidjan, fait état de 8 morts et 41 blessés. Aujourd’hui, les tournures que prennent les violences en Côte d’Ivoire, laissent présager un chaos. C’est en ce sens que le  candidat à la présidence du Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi N’guessan, affirme que les dirigeants de l’opposition souhaitent que l’Union africaine et l’ONU aident à résoudre les différends relatifs à l’élection du 31 octobre. Il demande à l’ONU d’être « résolument du côté du peuple ivoirien afin d’interrompre le processus électoral ».

 

 

 

Eugène YOBOUET (cp) pour (App) en Côte d’Ivoire

 

 

 

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