(Agence de presse panafricaine) -Le pays du président Faustin Archange Faustin  Touadéra subit depuis quelques jours des actes de violence imputables à des colonnes d’hommes armés russes, libyens et syriens auteurs d’exactions multiformes à l’encontre des populations civiles et du pillage systématique des magasins appartenant à des opérateurs économiques de l’ethnie Goula dont est issu Michel Djotodia, son principal allié.

 

 

Loin d’être anodins, ces actes de violence viseraient un sombre dessein : celui d’amener cette ethnie qu’on connaît disséminée de par la Rca pour s’y investir dans des représailles contre le régime en place et susciter à terme une instabilité sociopolitique qui ouvrirait ainsi la voie au pillage des ressources minières de ce pays, notamment l’or et le diamant. A preuve ces combattants d’un autre genre ont choisi pour base opérationnelle Bria, ville connue pour ses activités diamantifères et essentiellement tenue par des commerçants Goula. Toutes personnes ayant constitué la cible desdits combattants depuis dimanche dernier avec pour point d’ogre la mise littéralement à sac du marché de la ville où commerçants, clients et riverains furent astreints le 27 avril 2021 à une fouille systématique assortie de la spoliation de leurs biens avec une prédilection pour les pépites de diamant. Si on peut y voir de la cupidité au premier abord, il s’agirait en réalité d’un savant artifice pour assouvir en réalité un dessein davantage sombre : amener la Rca vers une nouvelle guerre civile d’envergure et profiter de la situation pour la délester de l’essentiel de ses ressources minières, notamment son or et son diamant. Si jusqu’ici, ces assaillants parviennent à susciter la hantise des populations, ils n’ont néanmoins pas pu les enrôler au point que la résistance passive de celles-ci reste le gage d’une reprise en mains imminente de la situation sécuritaire dans la ville de Bria et plus prosaïquement dans la province de Haute-Kotto.

 

Sauf-conduit

Analyse faite, il s’agit d’un savant sauf-conduit à l’effet de préparer le terrain pour l’éviction du pouvoir de Faustin Archange Touadéra alors que dans le même temps, celui-ci réussit la prouesse de rallier à sa cause le plus puissant groupe armé du pays, l’UPC qui s’est engagé à quitter la coalition rebelle qui cherche à renverser le régime du président. Le pays est en guerre civile depuis près de huit ans. Pour rappel, l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), principalement actif dans l’est du pays où ses membres contrôlent de nombreux gisements miniers, est le groupe armé le mieux doté en Centrafrique. Ainsi, «le général d’armée Ali Darassa Mahamat et ses officiers s’engagent-ils à se retirer de la Coalition des patriotes pour le changement”, a écrit récemment Ali Darassa dans un communiqué dont l’authenticité a été confirmée. Dans celui-ci, il a fait valoir que “depuis le début de la crise électorale, la population souffre amèrement de l’insécurité, la situation sanitaire, la famine et de non-assistance humanitaire”. L’UPC, poursuit le communiqué, “réitère son engagement dans le processus de l’accord de Khartoum”, un accord de paix signé en février 2019 entre le gouvernement et 14 groupes armés, dont l’UPC. Le gouvernement centrafricain, s’il s’est dit prêt à engager un dialogue avec l’opposition démocratique, exclut pour l’heure de négocier avec les “mercenaires étrangers” membres des groupes armés, comme Ali Darassa qui est nigérien d’origine. Et devant ce blocus de fait, on imagine mal la coalition évoquée supra tenter quelque rapprochement pacifique avec le pouvoir. Ce d’autant plus que cette dernière semble multiplier des exactions contre les populations dans l’optique d’à défaut de les enrôler du moins à acquérir leur neutralité, le moment venu.

 

Etat d’urgence

Dans le même temps, les troupes centrafricaines, assistées par quelque 12.000 Casques bleus de la force de maintien de la paix de l’ONU, mais aussi par des centaines de militaires rwandais et de paramilitaires russes, ont lancé une contre-offensive depuis la capitale Bangui contre la CPC, qui a permis de libérer la plupart des localités occupées par les rebelles en décembre. Et, dans la foulée, le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé le 12 mars une résolution prévoyant d’augmenter progressivement de 3.000 Casques bleus les effectifs de la Minusca. Seulement, depuis, les membres de l’UPC ont été chassés de la plupart de leurs fiefs dans l’est du pays, et se sont majoritairement dispersés dans la brousse où ils continuent d’entretenir l’insécurité. C’est dire que mises ensemble, toutes ces escarmouches armées sont de nature à ébranler la sérénité au sein du régime qui dès lors n’aura d’autre solution qu’une riposte armée qui, nous l’espérons saura faire la différence entre ses véritables ennemis et ceux qui ont été contraints de quelque manière à s’engager dans un conflit dont ils ne maîtrisent pas toujours les tenants et les aboutissants.

 
Par Nyobe Baudouin, pour (App)

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