Rencontre avec Alassane Ouattara
Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara le dialogue

(Agence de presse panafricaine) -Le mur du silence entre les présidents Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara à été brisé le 11 novembre 2020 à travers une rencontre inédite à l’Hôtel du Golf dans la commune de Cocody (Abidjan).  Et cette il fallait s’y attendre, les doutes ont traversé toute la Côte d’Ivoire.  D’une part il y a ceux qui pensent qu’il ne fallait y aller tant que les prisonniers politiques ne sont pas libérés. D’autre part, il y a ceux qui approuvent l’acceptation de cette main tendue. Et pourtant, en l’analysant de près, ce geste à lui seul, symbolise la maturité spirituelle, psychologique et politique du Président Henri Konan Bédié.

 

 

 

Henri Konan Bédié a-t-il flanché devant Alassane Ouattara ? Cette question, beaucoup d’Ivoiriens se la posent depuis ce mercredi 11 novembre 2020 après la rencontre des deux hommes à l’Hôtel du Golf dans la commune de Cocody (Abidjan). En pleine crise post-électorale où les manifestants contre le 3ème mandat d’Alassane Ouattara, sont massacrés dans leurs villes et villages par les miliciens du régime RHDP, où les opposants sont séquestrés et abusivement et injustement  emprisonnés,  l’Ivoirien lambda s’est étonné que Henri Konan Bédié ait accepté une rencontre avec Alassane Ouattara. Et pourtant cette rencontre était très importante pour la suite du combat de l’opposition ivoirienne contre ce troisième mandat d’Alassane Ouattara.

 

Le piège tendu par Ouattara que Bédié a évité

 

 

Dans son discours à la nation du 9 novembre 2020, Alassane Ouattara, se faisant passer pour l’homme de paix et de dialogue à lancé devant la face du monde une invitation à l’opposition et particulièrement au Président du Conseil National de Transition. « Conformément aux valeurs de paix et de dialogue que nous a léguées, le Père de la Nation ivoirienne, le Président Félix HOUPHOUËT-BOIGNY, je voudrais réaffirmer ma disponibilité, aujourd’hui comme hier, pour un dialogue sincère et constructif avec l’opposition, dans le respect de l’ordre constitutionnel. Je voudrais donc inviter mon aîné, le Président Henri Konan BEDIE, Président du PDCI-RDA, à une rencontre, dans les tout prochains jours, pour un dialogue franc et sincère en vue de rétablir la confiance », a-t-il indiqué. Dès lors, tous les regards étaient tournés vers l’opposition et son leader. Que va faire Bédié face à cette main tendue de Ouattara ? Mais en fin politicien, le Président du CNT a pesé les dessous de cet appel du Président du RHDP. En effet, en cas de refus, l’opinion internationale et plusieurs observateurs de la vie politique ivoirienne, dont la CEDEAO, l’Union Européenne, les Nations Unies, allaient l’interpréter comme la preuve que c’est l’opposition, c’est le président du CNT qui ne veut pas discuter.

 

 

Alors que depuis des mois, ils ont proposé cette issue à Alassane Ouattara. Que ce soit au PDCI-RDA de Bédié, au FPI de Gbagbo ou du GPS de Guillaume Soro, des propositions de dialogue ont été faites au pouvoir RHDP et à son président. Ces propositions sont restées sans suite jusqu’à ce 16 octobre 2020, lors du lancement de sa campagne Ouattara nargue ses opposants « Ils disent qu’il faut que je dialogue avec eux. Mais pour leur dire quoi ». Alors toutes ces nations, la France, l’Union Africaine, la CEDEAO qui s’attendait à interpréter un quelconque refus comme étant la preuve que c’est l’opposition qui n’est pas ouverte à des pourparlers, ont tous eu une leçon de diplomatie tactique de la part du Président Henri Konan Bédié. Le président du CNT est allé à cette rencontre pour montrer aux yeux du monde qu’il n’a pas peur du dialogue. Pour indiquer à Alassane Ouattara que c’est la voie indiquée par laquelle l’on aurait évité ces morts. Le Président Bédié ne pouvait donc pas tourner le dos à ce qui lui était tendu comme un piège contre lui. S’il n’avait pas consenti à cette rencontre, tout le monde entier se retourneraient pour dire que ce sont les Bédié, Gbagbo, Affi, Soro  et consorts qui ne veulent pas discuter parce qu’ils ont un plan pour la déstabilisation de la Côte d’Ivoire ou qui veulent brûler le pays. Le président est donc parti à ce rendez-vous et il a fait un pied de nez à ceux qui s’attendaient à un refus de sa part.

 

 

 

Eugène YOBOUET (cp) pour (App) en Côte d’Ivoire

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