(Agence de presse panafricaine) Les stridulations émanant du Nigeria sont remontées jusqu’au marché togolais ce jeudi, suite à un nouveau rebondissement dans la décision du géant de l’est de fermer ses frontières avec le Bénin et le Niger. Après la tomate, cette fois-ci, c’est le marché noir du carburant qui subit de plein fouet les secousses de la «sanction nigériane», précipitant les Togolais dans les stations d’essence.

Mercredi, le Colonel Hameed Ali, un des patrons de la douane nigériane a indiqué que son pays   maintiendrait ses frontières fermées, jusqu’à ce que ses voisins (pays limitrophes à l’ouest) « finissent par accepter les conditions mises en place pour favoriser les politiques économiques » du Nigeria. La nouvelle orientation de la première économie d’Afrique a été mal ressentie, dans un premier temps, sur les marchés béninois qui desservent le Togo. Dans ce pays voisin où le Kpayo (nom béninois de l’essence de contrebande) représente une part importante de la consommation, le prix a presque doublé depuis le 20 août. Le Nigeria a en effet été en mesure de «bloquer complètement l’afflux de marchandises illicites », et surtout «d’empêcher l’exportation de produits pétroliers illicites», comme le soulignait le Colonel Hameed Ali.

Une ruée vers les stations d’essence qui se retrouvent submergées par la demande. Si au Togo, l’essence de Contrebande «Boudê», représente encore une proportion relativement moins importante dans la consommation locale, les fluctuations de prix du frelaté ont  cependant «toujours» montré les signaux d’une augmentation prochaine des prix à la pompe. Ainsi, constatant une flambée sur le marché parallèle, une foule immense, anticipant une pénurie de l’or noir, s’est ruée vers les stations-services. En moins d’une journée, cette hausse a entrainé une situation des plus exceptionnelles : les prix du marché noir ont décollé en flèche, se situant à des niveaux supérieurs à ceux des stations-services restées stables malgré le vent de panique. En effet, au Togo, le carburant est subventionné et son prix est plafonné.

Dans la nuit de jeudi, sur le marché parallèle, le litre se négociait à 1000 FCFA, voire 1100 FCFA dans certains quartiers de Lomé, et à près de 2000 FCFA dans certaines localités de l’Intérieur du pays, contre le prix plancher de 564 FCFA dans les stations d’essence légales. Par Abdou Diof App

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