Soudan-politique
Abdalla Hamdok, Premier ministre soudanais

(Agence de presse panafricaine) -Samedi, à Khartoum, des centaines de manifestants ont appelé à la démission du gouvernement de transition. Ils déplorent son inertie face à une économie exsangue. Il lui est reproché le manque d’initiative pour mettre fin au marasme politique.

 

 

 

Les manifestant ont répondu à l’appel d’une une faction séditieuse des Forces pour la liberté et le changement (FLC), coalition civile de la “révolution”, emmenée par deux anciens chefs rebelles, dont le ministre des Finances de l’exécutif en place. La veille, le chef de l’exécutif reconnaissait l’échec de son équipe, évoquant une crise inédite.

 

” La grave crise politique que nous vivons en ce moment, je n’exagérerais pas en disant que c’est la pire et la plus dangereuse qui ne menace pas seulement la transition, mais qui menace notre pays tout entier. Cette crise n’a pas été créée aujourd’hui, elle ne nous est pas tombée du ciel et elle ne nous a pas du tout su repris. J’en ai parlé et je l’ai diagnostiquée en détail : elle a pour cause, l’absence d’un accord entre les forces de la révolution et les partis du changement pour la réalisation des objectifs de la révolution de décembre, les aspirations de notre peuple à la liberté, la paix, la démocratie et la justice», a expliqué Abdalla Hamdok, Premier ministre soudanais.

 

Faits aggravants

Inflation galopante sur fond de mesures d’austérité du FMI, crise entre civils et militaires, élections renvoyées en 2023, l’espoir suscité par le printemps soudanais semble céder la place au d’espoir dans un pays qui vient de déjouer une tentative de coup d’Etat attribuée aux proches de l’ex-régime. De quoi redouter un éternel recommencement. “Il nous faut un gouvernement militaire, le cabinet actuel a échoué et seule l’armée peut nous apporter la justice et l’égalité“, souligne Abboud Ahmed, agriculteur qui se décrit lui-même comme “pauvre“. Pour les soutiens du gouvernement, ces manifestants sont sous la coupe de l’ex-régime. Un sauf-conduit plutôt malvenu au su des nombreuses attentes inassouvies des populations soudanaises dont la moindre n’est pas la scolarisation plus accrue de la jeune fille et bien évidemment davantage de liberté d’expression face aux menaces islamistes. En effet, Le Soudan connaît une transition difficile depuis l’éviction en avril 2019 de l’ex-autocrate Omar el-Béchir sous la pression de la rue, après 30 ans de règne sans partage. Le pays est actuellement dirigé par un Conseil souverain composé de civils et de militaires, censé assurer la transition vers un pouvoir civil. Selon un de nos correspondants, de nombreux manifestants sont venus dans la capitale en prenant le train depuis d’autres régions du pays. Certains ont lancé des pierres sur les forces de sécurité, qui ont eu recours à des grenades lacrymogènes pour les disperser sans succès.

Endy Pascale Ngueng avec Africa News

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