entretien exclusif Clément Sawadogo
Clément Sawadogo , Ancien ministre de la Sécurité et Vice-président du MPP

(Agence de presse panafricaine) -A quelques semaines de la tenue de l’élection présidentielle burkinabè, le Vice-président du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) et ancien ministre de la Sécurité, Clément Sawadogo, analyse la situation politique nationale et lance un vibrant appel au peuple pour la consolidation de la démocratie qu’il a lui-même initiée à travers son insurrection populaire.

 

 

 

 

APP Clément Sawadogo bonjour, Comment se porte le MPP à moins d’un mois des élections présidentielle et législative du 22 novembre 2020 ?

 

 

Clément Sawadogo – Le parti se porte bien pour ma part. Il s’est longuement préparé pour cette échéance électorale en tenant deux congrès; en mars 2020 et le congrès extraordinaire d’investiture de son candidat en juillet 2020.  Le parti a pris toutes les dispositions nécessaires pour se positionner dans cette grande échéance par la désignation de son candidat qui est sans surprise le Président Roch Kaboré.

 

Pour les législatives, nous avons aussi désigné nos candidats, sans beaucoup de tiraillements comme on le constate dans d’autres formations politiques. En plus de tout ça, nous avons travaillé sur le bilan et le programme de notre mandant qui s’écoule, mais également sur le nouveau programme qui est déjà prêt et nous allons le rendre public bientôt.

 

 

APP Pour la présidentielle, il n’y a pas eu de tiraillement comme vous le dites, mais au niveau des législatives, on a tout de même enregistré des démissions au sein de votre parti.

 

 

Clément Sawadogo-Mdr… Nous n’avons pas enregistré de démission suite au choix de nos candidats, il y a eu des démissions un peu avant l’établissement des listes et là aussi je pense que cela n’a concerné que deux ou trois députés. Ils ont estimé qu’ils pouvaient se positionner dans d’autres partis où il n’y a pas autant de rivalités parce que nous sommes un parti avec trop de cadres et quand on est très nombreux, on se bouscule aux portillons et ce n’est pas du tout facile; donc certains ont voulu aller voir ailleurs. Les démissions chez nous ne se sont pas enregistrées après la désignation des candidats comme ce fut largement le cas pour d’autres formations politiques.

 

 

App-Les élections se tiennent dans un contexte de crise sécuritaire difficile, n’est-ce pas un boulet que le pouvoir traine à l’orée du scrutin ?

 

 

Clément Sawadogo-Ce sont des questions qui effectivement touchent à la sécurité humaine et tout ce qui touche à la sécurité humaine est extrêmement sensible et je suis d’accord avec vous sur ce caractère sensible qui va bien sûr s’inviter dans la campagne. Mais, nous au MPP, nous sommes sereins. D’abord, en ce qui concerne la sécurité nationale en lien avec les attaques terroristes dans notre pays, nous n’avons fait que subir cette situation. Nous avons pris le pouvoir en janvier 2016 et moins de 10 jours après, ça a commencé à tirer en plein cœur de Ouagadougou et depuis ce temps, il y a eu assez fréquemment d’attaques partout.

 

 

L’un des motifs de ceux qui nous attaquent c’est qu’ils ne supportaient pas notre régime, issu d’une insurrection populaire. C’est donc un régime post insurrectionnel, laquelle insurrection a fait le deuil de l’ancien régime. Sous l’ancien régime, il y avait une relation étroite entre ceux qui aujourd’hui animent les groupes terroristes dans le Sahel. Dans l’esprit de tout le monde aujourd’hui, ceux qui nous attaquent sont des gens qui ne nous portent pas en cœur.

 

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C’est une situation assez complexe et mon constat est qu’elle peut faire le lit de notre victoire parce que les Burkinabè ne seront pas d’accord que ce soit des terroristes qui leur dictent qui doit diriger leur pays. C’est une question même de dignité nationale, de défendre son honneur face à des gens, qui, parce qu’ils en veulent aux populations d’avoir fait l’insurrection populaire, qui a mis fin à leurs haricots estiment qu’ils doivent se venger contre ce régime et contre notre pays. Donc de cette logique normalement, les Burkinabés doivent à travers ce vote, rappeler à ces personnes, qu’ils sont fiers et dignes d’avoir placé à la tête de ce pays des dirigeants qu’ils ont démocratiquement élus.

 

 

Au-delà de cette question, il faut aussi noter que la sécurité va au-delà de notre frontière, c’est une question régionale et qui concerne plusieurs pays. Ça tire depuis longtemps dans certains pays, Nonobstant cette situation, les dirigeant se font réélire par les peuples qui en sont responsables . Concernant l’organisation de la riposte terroriste, il faut que je vous le dise, nous avons commencé sans armée. Vous êtes attaqué et vous n’avez pas d’armée, puisqu’elle n’avait pas les moyens pour sa défense . Mais aujourd’hui, le Burkina est fier d’avoir une armée digne de ce nom, qui se défend, qui n’a plus peur d’aller à l’assaut, qui en plus, a le soutien de la mobilisation populaire avec les volontaires pour la défense de la patrie qui sont à leurs côtés et qui aujourd’hui font reculer le péril terroriste dans notre pays.

 

 

(App) -Il y a également la crise Covid-19 et la situation humanitaire avec les déplacés internes, tous ses aspects semblent ne pas faire bonne presse pour le MPP.

 

 

Clément Sawadogo-Pour la crise de la Covid-19, nous devons être félicités. Nous sommes l’un des pays qui a eu le moins d’impact négatif de la Covid-19. Sur le plan purement sanitaire, les statistiques montrent que nous sommes l’un des pays de la sous-région qui eut le moins de contagions et le moins de pertes en vies humaines. Ce qui veut dire qu’il y eu de gros efforts pour maîtriser la pandémie avec les moyens qui sont souvent des moyens de bord comme on le dit. D’autres pays, nettement mieux que nous économiquement parlant, n’ont pas pu endiguer la pandémie aussi efficacement. Donc je pense que sur ce plan, il n’y a rien à dire, en dehors de ceux qui aiment la polémique intitule.

 

 

Nous pensons que l’essentiel est fait. Même sur le plan de l‘impact économique de cette pandémie, là aussi les choses ont été largement maitrisées. Aujourd’hui, on ne peut pas dire que l’économie du Burkina Faso est bloquée du fait de la pandémie, bien au contraire, nous espérons nous positionner sur un sentier de croissance relativement acceptable au bout de l’année 2020.

 

 

Pour la gestion des déplacés internes, il faut avouer que c’est une situation difficile, mais dans d’autres contextes, on a vu que quand on atteint un million de déplacés, il y a des épidémies, de gros problèmes de malnutrition, de sérieux problèmes de santé et d’éducation des enfants; Ici, il y a eu ces problèmes, mais, ils ont été largement pris en charge de sorte qu’on a pu amoindrir les effets négatifs de cette situation avec l’aide de nos partenaires qui ont mis la main à la patte. Nous avons géré cette situation. Aujourd’hui, un certain nombre de déplacés repartent dans leurs villages d’origine en attendant que la tendance s’inverse progressivement et que la sérénité aussi revienne graduellement.

 

 

(App) -Est-ce pour cela que vous prônez « un coup Ko » ?

 

 

Clément Sawadogo-Pour « un coup Ko » dont il est question, voici les aspects qui fondent notre espoir. Sachez que nous avons eu une gouvernance de forte résilience, et c’est ça que le peuple va mettre en avant pour nous gratifier de son renouvèlement et de sa confiance. Nous avons eu une résilience forte face à une adversité sans précédent dans notre pays, et peut-être même dans la sous-région. Nous sommes restés debout, nous sommes restés un peuple digne, combatif et résilient, et ça ce n’était pas donné. Vous avez vu que certains acteurs de l’opposition ont reconnu cela et ont fait des déclarations publiques pour reconnaitre que à la place du Président Roch Marc Christian Kaboré, ils auraient forcement eu des difficultés à faire face à cette situation, mais bien au contraire, il faut se féliciter du type de gouvernance que le Chef de l’Etat a pu mettre en place, parce que nonobstant ces difficultés, le gouvernement a pu honorer sa promesse en réalisant à peu près 80% du programme national de développent économique et social (PNDES) qui est le référentiel du programme présidentiel et les résultats sont visibles et tangibles.

 

 

App-Des poids lourds de l’opposition conduisent eux-mêmes leurs listes pour les législatives, quels sont les scenarii possibles si le pouvoir n’a pas la majorité à l’Assemblée nationale ?

 

 

Clément Sawadogo-Plébisciter un Chef de l’Etat du Faso qui sera le Président Roch Marc Christian Kaboré et lui refuser la majorité parlementaire, c’est un cas de figure impensable. Ça sera vraiment dommage pour notre démocratie qui aura du mal à s’adapter à une telle situation. Donc moi, je préfère ne pas m’inscrire dans un scenario aussi catastrophique, je préfère conserver mon optimisme qui est que nous aurons à la fois la présidentielle et aussi les législatives avec une majorité avec nos alliés.

 

Donc nous espérons avoir la majorité. De toutes les façons, si nous n’arrivons pas à avoir la majorité, nous composerons avec nos alliés, des alliés stratégiques qui nous ont soutenus depuis cinq années et qui sont prêts à nous soutenir encore. Ils ont d’ailleurs fait une déclaration conjointe pour dire qu’ils vont soutenir le candidat Roch pour son programme et donc c’est une alliance stratégique sur laquelle nous comptons encore pour conduire le prochain quinquennat.

 

App-Nous sommes en période électorale, quel appel lancez-vous au peuple Burkinabè ?

 

Clément Sawadogo-C’est un appel à la dignité de notre peuple. Notre peuple a librement et s’est consciencieusement soulevé pour qu’il y ait une démocratie véritable dans notre pays et aujourd’hui, elle est indiscutable au Burkina. Tous les attributs et mécanismes de la démocratie sont au beau fixe dans notre pays et nous devons nous en réjouir. Nous avons défendu notre système au prix du sang, depuis l’insurrection populaire jusqu’à la défense de la patrie contre le terrorisme, et beaucoup de nos concitoyens ont payé de leur sang. Il y a donc lieu que ce vote soit un vote de confirmation de cette dignité, de cette quête vers l’avenir radieux, de ce refus de repartir en arrière parce que nous suivons les déclarations des uns et des autres, y compris de ceux qui sont en train de nous dire de cracher aux yeux de ce peuple, qu’il s’est trompé en réalisant l’insurrection populaire et que ce n’était qu’une affaire subjective. Il faut que le peuple aujourd’hui dignement les remette à leur place, qu’il les rappelle que c’est bien lui qui voulait de ce changement.

 

Le peuple a mis en place un gouvernement au sortir, qui s’est battu. Il n’a aucune raison de retourner sa veste pour repartir de là où il est sorti. Donc, c’est cet appel que je lance, c’est un appel à un vote digne et ce vote digne c’est en faveur du candidat Roch Marc Christian Kaboré, du MPP et des partis qui soutiennent le candidat Roch.

 

APP – Merci beaucoup monsieur le vice-président du MPP

Je vous remercie.

 

Entretien Mené par Jacques Yerbanga correspondant (App) Burkina-Faso

 

 

 

 

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