(Agence de presse panafricaine) Dans un communiqué rendu public hier, cette organisation non gouvernementale accuse les Forces de Défense et de Sécurité, au même titre que les groupes terroristes qui sévissent dans ces zones, de perpétrer des exactions au sein de cette tranche de la population, de même que sur les personnes du troisième âge. 

Emina Cerimovic, chercheuse senior auprès de la division Droits des personnes handicapées à Human Rights Watch affirme que : « Les personnes en situation de handicap dans les régions anglophones du Cameroun   sont happées dans les violences et luttent pour s’enfuir vers des lieux sûrs lorsque leurs communautés subissent une attaque. Elles rencontrent aussi des difficultés pour obtenir l’aide dont elles ont besoin… Les personnes handicapées figurent parmi les populations les plus marginalisées et les plus à risque, dans tout pays affecté par des crises et le Cameroun n’y fait pas exception ».

Entre janvier et mai 2019, Human Rights Watch dit avoir interrogé 48 personnes handicapées vivant dans les régions anglophones, des membres de leurs familles, des représentants des organismes de l’ONU et des organisations humanitaires nationales et internationales, dans le cadre d’une enquête

Tuées, violemment agressées ou enlevées, les victimes racontent leur calvaire 

Un habitant de Ntamru, âgé de 43 ans et atteint de déficience auditive a été sauvagement assassiné, comme le relate un voisin : « le 5 Mai dernier, parce qu’il ne répondait pas à leurs questions. Il a été tué d’une balle dans la tête et d’une autre dans la poitrine ». 

Un habitant de Kumbo, 41 ans, explique comment il a perdu son fauteuil roulant, après avoir tout perdu : « Le 03 Décembre 2018, ma maison a été rasée. J’ai eu la chance de pouvoir m’enfuir grâce à un ami qui m’a porté. Mais j’ai tout perdu, y compris mon fauteuil rouant et maintenant, je n’ai aucun moyen de me déplacer de manière autonome ».

Une femme de 27 ans, paralysée de la jambe gauche suite à une poliomyélite contractée pendant l’enfance, a indiqué qu’elle est restée seule dans son village, Esu, dans la région du Nord-Ouest, en mars 2018 : « Après trois jours d’affrontements et de tirs ininterrompus, mes parents ont fui et m’ont laissée seule à la maison. J’ai cherché refuge dans une maison voisine, mais, les voisins étaient partis eux aussi. Ma famille pensait qu’il était plus sûr pour moi de rester et de me cacher, plutôt que de me porter et de courir. Mais, j’ai vraiment eu peur… ».

Ces personnes doivent être protégées

C’est ce que rappelait le 20 Juin dernier, le Conseil de sécurité a adopté une résolution appelant les États membres de l’ONU et les parties au conflit armé à protéger les personnes handicapées dans les situations de conflit et à s’assurer qu’elles aient accès à la justice, aux services essentiels et à une assistance humanitaire accessible et inclusive.

Par Ricci Eyock App

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