(Agence de presse panafricaine) -« Le coronavirus ne se soigne pas mais on soigne  ses symptômes tels la température, la fièvre, la toux… »Dr Manaouda Malachie, Ministre de la Santé publique

(App) –Le Cameroun s’apprête à  accueillir dans les prochains jours une grande compétition sportive, en l’occurrence le Championnat d’Afrique des nations (Chan 2020). Quelles sont les mesures que vous avez prises pour assurer la sécurité sanitaire des populations ?

Nous avons pris un ensemble de mesure dans le cadre de l’actualité que vous connaissez. Ce n’était pas juste pour le Chan, mais pour la protection globale de notre pays contre l’importation du coronavirus.Maintenant pour gérer cette situation, nous avons pris des mesures de sécurité par exemple dans les aéroports où il y a 02 niveaux de suivi des
passagers : dès la sortie de l’avion et après quelques pas dans le hangar. Il y a un mécanisme de suivi des passagers à travers le corridor. Nous avons renforcé les effectifs du dispositif pour permettre à tous  les camerounais ainsi qu’à l’ensemble de ceux qui vont visiter notre pays au cours de cette période d’être  en sécurité totale.

 

(App) -Un cas de coronavirus a été signalé au Cameroun. Comment organisez-vous la riposte ?

Il faut d’abord désinfecter la zone d’émergence de l’aéroport. Et puis essayer de remonter le parcours de la personne contrôlée positive afin de voir avec qui cette personne a été en contact pour que nous puissions circonscrire le niveau de l’épidémie. Sur le point de vue communicationnel, nous essayons de tenir au courant nos compatriotes  aussi bien de la situation que de l’actualité  de ce que nous faisons. Nous avons pensé à travers les représentants de la présidence de la République, le premier ministre et les gouverneurs de région, de commencer à faire en sorte qu’il n’y ait pas une propagation. Le temps pour nous de déployer l’ensemble des ressources que nous avons sur le plan matériel.


(App) -Quelle est l’état de votre relation avec la communauté internationale à ce sujet ?

Ce qui est aussi important de dire, c’est que nous avons l’appui étroit de nos partenaires techniques dans le cadre de la gestion contre l’épidémie. Et comme vous le constater, nous sommes ici à Douala pour remercier toutes ces institutions internationales qui accompagnent le Cameroun et surtout de faire savoir à mes collaborateurs que nous avons négocié avec l’Oms dans le cadre de la gestion de cette épidémie afin de ne pas céder à la panique. Dans le cadre de la surveillance épidémiologique des mesures sont prise pour pallier à la propagation du coronavirus au Cameroun. S’agissant de la synergie d’action avec la représentation de l’Oms dans notre pays,  Il existe un couloir de communication qui fait que ces représentants de l’Oms sont en contact permanent avec les pays concernés par le développement de l’épidémie. D’ailleurs, ils y a  quelques jours, Douala a abrité  la réunion des ministres de la santé et des professionnels de la santé de la Cemac. C’est le Cameroun qui, assumant la présidence, est à l’initiative de cette réunion qui à  participé  à la politique d’harmonisation de notre plan de préparation de la riposte à l’épidémie sur le plan institutionnel.

 

(App) -Il a été signalé d’autres cas de contamination…. Quelle est la vérité ?

Vous faites bien de le demander. Mais de manière officielle, nous avons un quatre  cas. Nous prenons un certain nombre de mesures. Nous avons constaté que le cas confirmé du patient camerounais qui avait un contact étroit avec une personne infectée et depuis lors nous avons mis cette dame en isolation. Dans la réalité, nous avons 05 cas confirmés au Cameroun.  

 

(App) -Est-ce que les Districts de Santé du pays sont à même de réagir face à des cas qui pourraient être signalés dans ces structures ?

Ce ne sont pas toutes les formations sanitaires qui doivent prendre en charge le coronavirus. Nous avons identifié les formations sanitaires. On peut avoir un afflux de formation sanitaires qui peut prendre cette charge. Je ne veux pas qu’on considère que ce coronavirus soit quelque chose d’insurmontable pour se demander si un district de santé peut ou non

prendre en charge un cas. Ce que nous faisons fait partie des soins primaires. Parce qu’en réalité, on ne soigne pas le coronavirus, on soigne les symptômes. Les symptômes, c’est quoi, c’est la température, la fière, la toux. C’est des choses primaires. Nous voulons
simplement maximiser sur la protection du personnel sanitaire. C’est pour cela que nous avons identifié un certain nombre de formations sanitaires qui vont prendre en charge ce virus qui n’est pas en soi un problème insurmontable. Ce qui devrait attirer notre attention, ce n’est pas tant la gravité de la maladie, c’est parce que la psychose préoccupe.

(App) -Comment faire pour que cette maladie ne se déplace pas?

Ce qui nous importe aujourd’hui est de circonscrire l’épidémie. Sur les 95000 cas détectés dans le monde, il y a 35000 ou 45000 qui ont trouvé complétement la guérison. S’il y a des cas de complications, c’est parce qu’on ne donne pas la bonne information. Je voudrais que les camerounais comprennent que le coronavirus n’est pas quelques chose d’extraordinaire. Il faut que les camerounais reprennent leur activités en respectant simplement certaines mesures de sécurité et d’hygiène  édictées et surtout qu’elles soient respectées. Une fois que cela est fait, on n’aura pas de problèmes.

 

 

(App) -Êtes vous satisfait des réformes que vous avez mise en place depuis votre avènement à la tête du ministère de la santé publique ?

Rappelons que ça n’a rien à voir avec le coronavirus. Toutefois, nous avons fait un ensemble de petites choses. Est-ce que je suis satisfait ? C’est comme si vous demandez à une maman si elle est contente de son enfant. Quand vous avez mis au monde, quel que soit ce qu’il est, vous l’aimez. Je pense que mon objectif aujourd’hui, c’est d’en faire plus.
Conformément aux très hautes instructions que nous recevons, conformément aux attentes de nos compatriotes, conformément à l’état de notre système de santé, nous devons en faire plus. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, nous avons mis à la disposition du personnel de santé un agenda de transformation du système de note de santé. Cet agenda est une traduction concrète des instructions du Président de la République qu’il nourrit pour notre système de santé. Vous savez dans son ouvrage : « Pour le libéralisme communautaire », il revient toujours sur ce volet santé, il revient toujours sur la couverture santé universelle. Nous avons l’obligation de trouver les moyens de rentrer de manière plus concrète, de manière plus opérationnelle, de manière plus efficiente et efficace dans l’action pour produire des effets. Et c‘est ce qui se passe en ce moment. C’est ce que nous avons fait l’année dernière et que nous continuons de faire.

(App) -Quel message aux populations?

Nous devons rester disciplinés pour soi-même, parce que lorsque nous sortons d’un entretien comme celui-ci et que nous nous sommes salués, je me dois de laver les mains avec de l’eau potable et du savon. Lorsque quelqu’un en face de moi est dans un état grippal, au moment d’éternuer, il faut que je me mette au moins à un mètre et demi de lui, qu’il mette au moins la main devant sa bouche. C’est la discipline personnelle que nous devons respecter. Mais si l’on se retrouve par exemple dans un aéroport, il y a premièrement ce test auquel il faut se plier et le reste suivra.

 
 
 
Entretien Réalisé par Nyobe Nyobe pour (App)

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here