sa Majesté Tanko Amadou Camille

(Agence de presse panafricaine) -Récemment désigné chef de 3e degré de Besseke à Douala 4e l’un des fils de feu Tanko Amadou dénommé Tanko Amadou Camille essuie depuis lors une forte contestation des populations autochtones qui s’insurgent contre une annexion de fait de leur territoire au profit d’un allogène qui n’aurait pas voix au chapitre au regard des us et coutumes régissant la succession et la désignation des chefs de son acabit. C’est à ce propos que la communauté sawa de Bonabéri s’est insurgée contre son installation le week-end qui s’achève non sans remettre au goût du jour la nécessité de toiletter ces textes en y intégrant la notion de vivre-ensemble plutôt mise à mal  à l’occasion avec de forts relents dexénophobie primaire.

 

 

 

 

Autant on ne saurait renier l’hospitalité du peuple sawa tout au moins celui vivant dans la métropole économique Douala, autant certaines réalités y vécues par ladite communauté participe à s’y méprendre de quelque réflexe identitaire exacerbé par les calculs politiciens et davantage par quelque malveillante volonté d’écarter subtilement cette peuplade de la gestion de la cité, en faisant prévaloir l’impératif du vivre-ensemble pourtant sabordé au travers de dispositions réglementaires à double vitesse. Et c’est fort à propos que le canton Bele-Bele, s’est insurgé contre la désignation sur son territoire d’un chef de quartier allogène au lieudit Besseke et en l’occurrence sa Majesté Tanko Amadou Camille. Car, quand bien même l’arrêté préfectoral qui le désigne chef traditionnel de 3e degré dudit est vieux de sept ans, celui-ci intègre inéluctablement des vices de forme tenant de la non consultation préalable des notabilités et des populations qui concédèrent  à son Tanko Amadou d’exercer, non pas en qualité de chef, mais plutôt d’une communauté établie à Besseke à savoir la communauté musulmane et singulièrement celle venant du Grand Nord à l’époque.

 

 

Tempérer les ardeurs vindicatives

 

 

Aussi peut-on comprendre le courroux des autochtones qui croient ainsi perdre toute souveraineté dans cette parcelle de leur territoire de prédilection. Car, quand bien même on voudrait circonscrire ladite désignation à un simple acte administratif, d’autres y voient par contre un artifice savant pour restreindre les opportunités des natifs de Bonaberi-Bonassama, dans la perspective des élections régionales annoncées. Et même si le problème qui en a découlé tient du fait que certaines personnes ont fait croire à la communauté Sawa en général et de Douala en particulier, que l’administration aurait attribué à tort la posture de chef de quartier de Besseke à un allogène, il n’en demeure pas moins vrai que le mal est davantage profond et induit plutôt quelque volonté d’offrir à la communauté sawa quelque motif de sortir de ses gongs.

 

document Chefferie traditionnelle

Sinon, comment croire que vivant de tout temps en intelligence avec la pléiade des communautés installées en ses terres, celle-ci ne vienne que décrier celle d’obédience musulmane ?  Surtout que de l’avis même  de Tamko Amadou Camille : «les Haoussas ont été adoptés par les Bele – Bele». Et y installés depuis plus de 160 années. Aussi n’est-il pas loisible de les considérer comme des étrangers. Puisque sociologiquement, les Haoussas sont comme le peuple Bororo qui se sédentarise à l’endroit où il se trouve. Et celui-ci devient son village. Et quand bien même il existerait un différend personnel entre Tanko Amadou et sa Majesté Edjangue (chef de quartier Bonassama), on ne saurait vouloir l’étendre à leurs communautés respectives. Pire encore, que le chef de Bonassama veuille s’y agripper pour retourner les sawa contre les haoussas serait la pire des choses à faire au su de la symbiose qui a jusqu’ici caractérisé les rapports entre ces deux communautés. Suffisant pour comprendre que l’autorité administrative saisie fort à propos ait joué la carte de l’apaisement en invitant les uns et les autres à plus de tempérance.

 

 

Réactions

Dieudonné Ivaha Diboua, Gouverneur de la Région du Littoral

 

«Nous sortons de cette concertation avec beaucoup de compréhension»

 

Nous sortons de cette concertation avec beaucoup de compréhension car ce quia commandé le tenue de cette réunion c’était justement le fait que nous voyions dans les réseaux sociaux beaucoup d’agitation et de tension dans l’air en matière d’encadrement populaire par les Chefs. Nous pensons avoir fait un distinguo entre les Chefs dits traditionnels et les autres Chefs qu’on pourrait qualifier d’administratifs. Traditionnels parce qu’il y a la coutume qui permet que les gens puissent se relayer les uns après les autres et le territoire de commandement traditionnel également qui sont des éléments-clé avec le conseil des notables ; ce qui n’est pas le cas avec une chefferie administrative parce qu’on n’a pas le souci de la coutume à cet endroit mais davantage des relais afin que nous ayons des points de contacts au sein des agglomérations où il y a une pléthore de personnes. Des zones relais incompétents quand il faut parler tradition. Nous voulions lever quelques équivoques en faisant remarquer que Douala est comme un creuset, un laboratoire de toutes ces frictions qui depuis les indépendances ont eu à présenter des situations que nous ne saurions qualifier d’anodines puisque l’histoire se fait ainsi. Et nous nous devons de porter les doléances des populations à la très haute hiérarchie.

Nyobe Baudouin pour (App)

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