Koné Yacouba ,Vice- président du Conseil des entreprises de transport de la région du Gbêkê

(Agence de presse panafricaine) -A l’instar des autres pays du monde entier, la Côte d’Ivoire est frappée par la crise Sanitaire due au Covid-19. Dans le cadre de la lutte contre la propagation de ce virus mortel, le Conseil National de Sécurité (CNS) a pris plusieurs mesures. Notamment dans le secteur du transport allant à réduire le nombre des passagers selon le nombre de places dans les véhicules. Le transport routier est l’un des principaux secteurs durement impacté par cette pandémie. En effet,  plusieurs mesures barrières ont été levées par le CNS dont l’isolement d’Abidjan. Depuis lors, plusieurs voyageurs ont dénoncé l’augmentation du tarif du transport. Dans l’optique d’en savoir davantage, Koné Yacouba, Vice- président du Conseil des entreprises de transport de la région du Gbêkê a bien voulu répondre à nos questions dans cet entretien.

 

 

 

 

 

 

 

(App) -Bonjour Monsieur Koné Yacouba. Que retenir de l’impact de la Covid-19 sur les transporteurs de la région de Gbêkê ?

 

 

(réponse) -Cette maladie est terrible et difficile à supporter pour nous les transporteurs de la région de Gbêkê. Surtout avec l’interdiction de transporter les passagers d’Abidjan vers l’intérieur vice versa. Nos véhicules ont passé trois mois garés. Vous vous imaginez que les grandes sociétés de transport, en temps normal, font 4 à 5 visites. Imaginez-vous une compagnie qui possède 25 voir 50 véhicules qui ont été stationnés durant ce temps. Comment arrivera – t-elle d’un coup à supporter les frais de visite ? Ceci est lourd pour nous.  Et jusqu’à présent nous nous sommes retrouvés dans d’énormes difficultés, nous transporteurs de la région de la région de Gbêkê.

 

 

 

(App) -Mais, Président dans le cadre de cette lutte l’État Ivoirien a accordé aux grandes entreprises ainsi qu’aux PME-PMI un fond de soutien pour faire face à ce genre de difficultés. Est ce que les transporteurs de la région ont bénéficié de ce fonds ?

 

 

 

(réponse) -A notre niveau nous n’enregistrons aucun transporteur de cette région qui a bénéficié de ce fond. En tout cas, je n’en connais pas. Et si, il existait, je le saurais. Personnellement, j’ai fais cette demande remplissant toutes les conditions  (bilan, factures, impôts…) au nom de ma société pour obtenir une aide  mais jusqu’aujourd’hui je n’ai reçu aucun coup de fil m’invitant à percevoir ce fond.

 

 

 

(App) – Pendant l’isolement du grand Abidjan existait-il des voyages entre les villes de l’intérieur ?

 

 

 

(réponse) -Oui ces voyages existaient mais dans le strict respect des mesures-barrière telles que prescrites par le Conseil National de Sécurité. Mais la circulation n’était pas fluide comme au jour sans la Covid 19. Les populations ne sortaient presque pas. Certains transporteurs étaient obligés de sortir pour avoir le prix du riz. C’était difficile. Imaginez vous que pour un véhicule de 40 places on demande de prendre 20 places. Et on te demandait de ne pas augmenter à cette époque le prix du transport. Et certains de nos membres beaucoup de transporteurs se lançaient dans cette aventure perdue d’avance ne serait que pour avoir 2000 f pour rentrer à la maison.

 

 

(App) -Dans cette période on a vu des autorités faire des dons. Quand on sait que sur chaque car  il y’a au moins 2 apprentis, aviez vous été approchés par ces derniers dans le sens d’une quelconque aide pour vous soutenir et soutenir aussi ces travailleurs à vos cotés qui nourrissent aussi des familles?

 

 

 

(réponse) -Je n’ai rien reçu d’aucune autorité dans le sens d’une aide pour soutenir le secteur des transports que je représente dans cette période pandémique. ni pour soutenir les chauffeurs, encore moins pour aider les apprentis .Fort, dans le souci de rester conforme aux mesures, moi et mon DR avions même acheté des cache-nez et installé des dispositifs de lavage de mains dans toutes les gares que vous voyez en ce moment sur fonds propres. Aucune autorité ne doit donc se vanter du mérite de les avoir faits. Nous avons fait cela avec nos maigres moyens malgré ces conditions difficiles.

 

 

 

(App) -Est-ce que vous aviez effectivement bénéficié de  sensibilisation  du côté de la mairie où le premier magistrat dans un point de presse gouvernemental sur la covid-19 a affirmé que toutes les structures de la ville de Bouaké ont été sensibilisées par rapport à cette pandémie ?

 

 

 

(réponse) -Effectivement des agents depuis la mairie, du ministère de la santé et même de la haute cours qui sont passés 2 fois faire des sensibilisations.

 

 

 

(App) -Est-ce qu’il y’a eu des cas confirmés du Covid-19 à votre niveau?

 

 

 

(réponse) -Jusqu’à ce jour nous ne déplorons aucun cas. Ni au niveau des chauffeurs et encore moins des apprentis.

 

 

 

(App) -Que dire du cas des chauffeurs qui feignent de respecter les mesures une fois à l’intérieur de la ville et après avoir franchi le corridor remplissent leurs véhicules de  passagers au delà du nombre de voyageurs prescrits et aussi  sans respect des mesures de distanciation ?

 

 

 

(réponse) -A ce niveau, sachez que nos responsabilités sont circonscrites à la ville de Bouaké et ce qui se fait au delà de ses frontières relèvent de la compétence d’autres structures.

 

 

(App) -Plusieurs cas de ressortissants de l’Afrique de l’ouest entrant  illégalement en Côte d’Ivoire ont été enregistrés. Notamment, à Bouaké, le cas du gros camion dissimulant des voyageurs parmi du bétail ayant été arrêté par les autorités au poste de contrôle à la sortie de la ville. Qu’est ce que vous faites à votre niveau pour stopper ces migrations qui vont à l’encontre des mesures prescrites?

 

 

 

(réponse) -D’emblée je condamne ce fait car ce type de véhicule n’est pas affecté au transport de personnes. Aussi c’est le lieu pour moi de rappeler que c’est pas notre rôle de faire des contrôles dans les postes frontaliers.il y’a des  autorités pour le faire. Il ne nous revient pas d’organiser des fouilles de véhicules, c’est pas notre rôle vraiment. Notre rôle est la facilitation de la libre circulation des individus dans l’espace CEDEAO.

 

 

(App) -Expliquez nous les raisons de la flambée des cours du transport qui passe à 8100 et pendant l’état d’urgence avec l’isolement de la ville d’Abidjan, ces montants varient entre 15 miles voir 25 miles selon certaines de nos sources?

 

 

 

(réponse) -Les montants de 15 miles à 25 miles ne sont pas de notre ressort. Nous avions été plusieurs fois interpellés par le préfet sur la question où il est ressorti la responsabilité des chauffeurs de véhicules personnels qui en ces temps assuraient ces trafics illicites. Là encore ce n’est pas à nous de les arrêter mais plutôt aux autorités. Le prix a doublé parce qu’il faille que nous arrivions aussi à survive. En réduisant de moitié le nombre de voyageurs ,c’est 50% de nos recettes que nous perdons. Par ailleurs ce tarif de 8100 pour le trajet (Bouaké-Abidjan) qui est décrié si fortement, s’est fait avec l’approbation des autorités.  Aussi un détail majeur est  que cela n’excède pas le tarif normal selon le barème qui est en réalité de 9100 francs Bouaké-Abidjan et ce depuis le temps d’Houphouët. Le montant des 6000 francs (Bouaké-Abidjan)  n’est que la résultante d’un avantage concurrentiel du marché de transport.

 

 

(App) -Est ce que vous prévoyez un retour au tarif de 6000 francs CFA si les choses redeviennent normales?

 

 

(réponse) -Nous avons toujours fais du social, je dirais que nous pourrions même descendre jusqu’à 4000 FCFA si tout redevient normal.

 

 

(App) –Nous vous avions vu à Korogho au côté de la famille du premier ministre Amadou Gon Coulibaly pour présenter vos condoléances. Nous voudrions si possible un témoignage concret des actions du premier ministre dans le secteur du transport ?

 

 

 

(réponse) -La nouvelle du décès du premier ministre nous a beaucoup attristé personnellement, c’est une homme que j’ai connu, un grand travailleur, un bosseur, quelqu’un qui avait l’autorité de commander, qui avait aussi le sens de l’écoute. Nous avions faits beaucoup de doléances notamment nous lui avions adressé une dans le cadre du renouvellement du parc automobile de Bouaké. Dans l’immédiat, cette doléance a trouvé une réaction favorable à ses cotés à travers le don de 66 nouveaux véhicules. Et nous avions été les seuls  à avoir bénéficié de ce privilège, c’est vous dire combien cet homme était un homme de valeur pour notre secteur.

 

 

 

(App) -Les mesures peu à peu sont en train d’être levées même si le risque du Covid-19 reste réel, Quel est Votre mot de fin par rapport aux comportements que doivent avoir les acteurs de votre secteur?

 

 

 

(réponse) -Les transporteurs étant  les plus exposés, ils se doivent donc d’être au cœur de la lutte contre la maladie du Covid-19, j’aimerais ainsi les exhorter au respect strict des mesures- barrière car il y va de nos vies et aussi de celle des usagers de transport,voire même de toute la Côte d’Ivoire.

 

 

 

 

 

Entretien mené par Stéphane Beti pour (App)

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