Côte d'Ivoire
l'ex Président Laurent Gbagbo hier à Daoukro

(Agence de presse panafricaine) -Les leaders du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) et du Front Populaire Ivoirien (FPI), se sont rencontrés les 10 et 11 juillet dernier à Daoukro, dans le centre de la Côte d’Ivoire. À cette occasion, les présidents Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo ont lancé les jalons d’une nouvelle alliance politique. Le communiqué qui a sanctionné cette visite de l’ex pensionnaire de la prison de la Cour pénale internationale à son aîné, insiste sur leur volonté commune d’œuvrer à la réconciliation nationale. ‹‹ Le président Henri Konan Bédié ressent cette visite comme un acte fort, à la fois de rapprochement et de convergence de vue sur le besoin de réconciliation nationale››, précise ce document dont nous avons reçu copie.

 

 

Dès son arrivée dans le fief du Sphinx de Daoukro, le samedi, Laurent Gbagbo a annoncé les couleurs. Dans son adresse, il a fustigé le 3e mandat son successeur qui selon lui, a causé beaucoup de tort au pays. ‹‹ j’ai suivi l’actualité politique ivoirienne, comme le 3e mandat. J’étais à Bruxelles quand j’ai suivi le braquage. Moi même j’ai appelé TV5 (…) J’ai dit qu’il ne fallait pas un 3e mandat, parce qu’en Afrique, on a un problème et un seul problème. Nous écrivons des textes, et puis on les froisse et on les jette. Un texte écrit est fait pour être respecté››, a tancé le fondateur du FPI.

 

La réaction du parti au pouvoir ne s’est pas faite attendre. Animant une conférence de presse, le lundi 13 juillet, à Cocody rue Lepic, le Directeur exécutif du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), Adama Bictogo, a porté la réplique à l’opposition. <<En 2010, n’acceptant pas sa défaite, Laurent Gbagbo a occasionné 3000 morts. Donc monsieur Gbagbo ne peut pas nous donner ni de leçon de respect des textes, ni de leçon de démocratie. Encore moins, nous parler de crimes. Parce le président Alassane Ouattara, pendant 10 ans, n’a commis aucun crime. Alors que la désobéissance civile engagée par monsieur Bédié a occasionné 80 morts et le refus de Gbagbo de reconnaître sa défaite en 2010, a occasionné 3000 morts. Soit 3080 morts pour les 2 anciens chefs d’État>>, a-t-il répliqué.

 

La polémique ne s’arrête pas pour autant. Blaise Lasm, Un partisan de Laurent Gbagbo, va se ruer dans les brancards d’Adama Bictogo. ‹‹ Ce n’est pas à force de répéter que le président Laurent Gbagbo est un criminel qu’il le deviendra. Ils ont eu 9 ans pour le prouver à travers des éléments probants mais ni le bureau du procureur, ni l’avocat des victimes, ni les avocats de l’État n’ont pu prouver quoi que ce soit et sans même qu’il puisse présenter un seul témoin, Laurent Gbagbo a été déchargé. Il est temps d’arrêter les propos indignes et lamentables qui mettent en mal la cohésion sociale››, a-t-il exhorté.

 

Le président de la Côte d’Ivoire de 2000 à 2010 a quitté la capitale de l’Iffou le dimanche 11 juillet 2021. Mais, la polémique continue d’enfler. Si certains ivoiriens saluent ces retrouvailles entre les deux ex-chefs d’Etat comme le départ d’une nouvelle ère du pardon et de la réconciliation, pour d’autres, il s’agit d’un retour vers les vieux démons de la haine et de la division. Un troisième groupe voit dans la rencontre de Daoukro, un signe annonciateur d’une future élection anticipée. Mais la constitution Ivoirienne a-t-elle prévu ce cas?

Dans ses dispositions, la constitution Ivoirienne prévoit un poste de Vice-président qui est élu en même temps que le Chef de l’État. Il achève le mandat du président de la République en cas de décès, démission ou incapacité de ce dernier. Cependant, la Côte d’Ivoire vit une situation exceptionnelle. Le Président Alassane Ouattara a été réélu seul pour un 3e mandat en octobre 2020. Selon certains observateurs de la scène politique ivoirienne, ce vide constitutionnel ouvre la voie à toutes les possibild’Ivoir

 

 

Stéphane Beti,correspondant (App) Côte d’Ivoire

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