Crise en Côte d’Ivoire
chefs traditionnels Baoulé

(Agence de presse panafricaine) -Dans la crise qui secoue la Côte d’Ivoire depuis quelques mois avec  ses nombreux morts et blessés, chacun veut jouer sa partition pour y trouver une solution définitive. C’est le sens de la démarche des chefs traditionnels  Baoulé (ethnie du centre de la Côte d’Ivoire) qui  voulaient se rendre le samedi  7 novembre  2020 à la résidence du Président Henri Konan Bédié lui apporter réconfort et surtout voir comment engager  un processus de dialogue. Malheureusement, ils ont  été repoussés par la police. Les empêchant ainsi de voir le président du Conseil National de Transition.

 

 

 

Partis apporter leur soutien au Président Henri Konan Bédié et essayer  de créer une médiation pour une sortie de crise, plus de 200 chefs traditionnels Baoulé (ethnie du centre de la Côte d’Ivoire à laquelle appartient Henri Konan Bédié) ont été gazés et refoulés le samedi  7 novembre 2020 au carrefour Saint Jean, dans la commune de Cocody. Après cette humiliation subie, Nanan Diby Yao et ses frères se sont retranchés à Yopougon pour examiner après l’attitude à adopter.  « Quelques jours après l’élection présidentielle du 31 octobre 2020, nous avons appris que la résidence du Président Bédié, président du PDCI-RDA, celui  que le Président Houphouët avant sa mort, a choisi comme héritier, est l’objet d’un blocus de la part des forces de l’ordre et de défense.  Suite à cette information, Nanan Diby Yao, chef des Baoulé du district d’Abidjan, a convoqué tous les chefs Baoulé du district d’Abidjan  afin de s’entretenir  sur une éventuelle solution.  La première action que nous avons décidé de mener, c’était d’aller vérifier la véracité de cette information.  Et surtout entendre de la bouche du Président Bédié, les raisons pour lesquelles sa résidence a  été encerclée.  C’est ainsi que tous les chefs traditionnels Baoulé des communes d’Abidjan, plus de 200 chefs, se sont mobilisés pour rendre visite au président Bédié », explique Nanan Koffi Kouadio François, chef  des Gblo (Languibonou et Diabo), porte-parole. Malheureusement les têtes couronnées Baoulé n’ont pu atteindre la résidence du Président du Conseil National de Transition.

Crise en Côte d’Ivoire
chefs traditionnels Baoulé (ethnie du centre de la Côte d’Ivoire)

Ils ont été confrontés au zèle des forces de défense et de sécurité. « Pendant que nous attendions notre  guide au niveau de l’église Saint Jean de Cocody, nous avons été encerclés par la police.  Ils nous ont demandé les raisons de ce regroupement. Nous leur avons expliqué que c’est pour  rendre visite au président Bédié pour lui demander ce qu’il se passe.  Comme ça se fait dans nos traditions et cela depuis le temps d’Houphouët, dans tous nos villages, il y a un chef et quand des problèmes se posent, c’est par le dialogue qu’on les règle.  Donc nous allons demander à notre père Bédié ce qui ne va pas et pourquoi il est en résidence surveillée.  A partir de ce qu’il dira, nous verrons  s’il faut  qu’on parte voir le Président Ouattara  pour  tenter,  si possible, un rapprochement entre les deux et engager un processus de réconciliation. En retour nous avons subi une humiliation de la part des policiers. Ils nous ont dit de quitter les lieux parce qu’ils n’ont pas été informés de cette action. Et que si nous insistions, nous aimerions tout ce qui pourrait arriver », regrette le porte-parole des Baoulé, avant de préciser  « nous étions  pourtant partis dans le but de créer un cadre d’échanges et de dialogue et non pour mettre de l’huile sur le feu ». Pour le chef des Gblo, l’objectif  de cette démarche était  de trouver une solution. Alors pour éviter d’être taxés de semeur de trouble, nous avons rebroussé chemin. Les policiers ont arraché les portables de certains frères .

 

 

 

Depuis Houphouët, les chefs traditionnels ont toujours eu pour rôle d’être les facilitateurs de dialogue pour le règlement pacifique de  tout problème qui pouvait survenir.  « Alassane même dès son arrivée au pouvoir  a créé la chambre des rois et chefs traditionnels dont le siège est à Yamoussoukro.  Si ces chefs veulent intervenir dans la situation actuelle du pays  et qu’on leur inflige ce traitement, nous en prenons acte.  Le  monde évolue, c’est peut être que c’est de cette manière qu’il fonctionne maintenant nous ne savons pas. Néanmoins, nous avons pris note », a indiqué Nanan  Koffi Kouadio François.  Pour la suite, les chefs traditionnels envisagent des actions. « Nous interpellons la communauté nationale et internationale à travers des témoins comme vous les journalistes,  qu’aujourd’hui en Côte d’Ivoire, quand il y a une crise, les personnes qui prennent l’initiative d’essayer de la régler subissent des humiliations.  Pour le moment, nous sommes ici à Abidjan. Nous allons faire part à nos parents des villages de l’humiliation que nous avons subie.  S’il est nécessaire de faire des appels de mobilisation, nous le ferons à l’occasion », a conclu nanan Koffi Kouadio François, porte-parole des Baoulé du district d’Abidjan.

 

 

Eugène YOBOUET (cp) pour (App) en Côte d’Ivoire

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