Exclusif/Tchad Jean Bernard Padaré
Jean Bernard Padaré, Porte-parole du parti au pouvoir, ancien ministre de la Justice et secrétaire général de la Présidence de la République

(Agence de presse panafricaine) -A la veille de l’ouverture du 2e forum national inclusif prévu du 29 au 31 octobre 2020 à Ndjamena, réunissant toutes les forces politiques du pays, le Porte-parole du parti au pouvoir, ancien ministre de la Justice et secrétaire général de la Présidence de la République, Jean Bernard Padaré, analyse l’environnement sociopolitique de la République du Tchad.

 

 

 

(App) -Excellence, on s’attendrait à vous voir monter au créneau avec la prolifération des effigies du Maréchal Président de la République, mais au lieu de cela, vous vous êtes plutôt appesanti sur les soldats récemment tués par l’explosion d’un engin. Seriez-vous en train de changer de paradigme quant à vos fonctions ? 

 

 

Padaré –Non, nous n’avons pas changé de paradigme, pour utiliser votre mot. Il y a eu déjà une mise au point du Directeur Général du protocole d’Etat à la Présidence de la République à ce sujet. Celui-ci a sorti une note pour interdire l’utilisation abusive des effigies du Maréchal. Donc, il ne sert à rien qu’on revienne là-dessus. Le DG du protocole d’Etat était dans son rôle. Maintenant, ceux qui veulent profiter de l’image du Maréchal pour en faire autre chose, s’ils violent la note circulaire qui a été publiée, bien évidemment, ils encourent des sanctions prévues par la loi. Donc pour nous, il n’y a pas matière à débat.

 

 

(App) -L’on se prépare à aller au 2e forum national inclusif prévu du 29 au 31 octobre 2020 à Ndjamena, mais déjà, l’opposition démocratique dénonce des manœuvres dilatoires opérées par votre parti. Quelle est votre réaction ?

 

 

padaré -Le 2e forum national inclusif n’est pas organisé par le parti au pouvoir. Cette opposition doit se rappeler que lors de la clôture du premier forum inclusif de 2018, le Maréchal Président de la République, Idriss Déby Itno, avait pris l’engagement de réorganiser un autre forum dans deux ans, pour évaluer la mise en œuvre des 74 résolutions qui avaient été adoptées par les participants. Homme de parole, le Maréchal Président de la République a tenu à sa parole. C’est pourquoi un comité d’organisation a été mis en place; des équipes ont été envoyées dans les 23 provinces pour soumettre aux couches sociales de notre pays le rapport qui avait été fait de la mise en œuvre des 74 résolutions. Il ressort entre les lignes, que 46 résolutions ont été totalement mises en œuvre, ce qui fait un taux de 62%; 20 autres sont en cours, il n’en reste que 8 résolutions qui n’ont pas été mises en œuvre. Donc, les forces vives dans le Tchad profond ont dû certainement se prononcer, leurs rapports ont été déposés au comité d’organisation. Nous attendons de pied ferme l’ouverture de ces assises prévues le 29 octobre 2020, pour entrer dans le vif du sujet. Vous savez, cette opposition est professionnelle en critiques stériles. Nous entendons ses membres brayer, mais nous disons que ce qui nous préoccupe le plus, c’est le quotidien de nos concitoyens surtout dans cette période de crise économique doublée de la crise de la Covid-19. Nos concitoyens ont plutôt besoin de l’unité nationale. Que les Tchadiens se solidarisent pour ensemble bouter la Covid-19 hors du pays et surtout soutenir nos concitoyens les plus faibles. C’est cela l’essentiel ! Le reste, pour emprunter une formule populaire, les chiens aboient, la caravane passe !

 

 

(App) -Dans les pré-forums décentralisés, il a été décidé de changer le drapeau national. Les gens ne sont-ils pas allés plus loin à ce niveau ?

 

 

padaré –Ce n’est pas que le drapeau tchadien va être changé. Vous vous rappelez certainement que la Roumanie avait ce drapeau (bleu-or-rouge) avant le Tchad. C’est après le régime communiste de l’époque que le drapeau avait été changé. Et quand Nicolae Ceausescu a été chassé du pouvoir, le peuple souverain a décidé de reprendre ses couleurs. Du coup, on se retrouve à l’ONU avec deux pays qui ont le même drapeau : bleu-or-rouge. Que faut-il faire ? La question a été soumise à nos concitoyens. Bien évidemment, on gardera bleu-or-rouge, mais il importe de donner une spécification à notre drapeau. Faut-il ajouter un T comme certains le disent, ou il faut simplement mettre une étoile ou encore, les effigies de Kelou ? Ce sera aux participants de décider. Nous sommes participants comme d’autres formations politiques. Pour l’instant, nous n’avons pas une opinion à imposer. Etant des démocrates, nous attendons à nous soumettre à ce qui sortira du forum. Si les participants nous disent que c’est plutôt à la Roumanie de changer son drapeau, on se soumettra, tout en sachant que ce pays avait ce drapeau avant qu’on accède à la souveraineté internationale. La question est ouverte.

 

 

(App) -Malgré d’importants amendements à venir pour réguler l’activité sociopolitique dans votre pays, certains de vos adversaires y voient plutôt des velléités pour le Président de s’éterniser au pouvoir, eu égard aux restrictions désormais en vigueur quant à l’âge requis pour briguer la magistrature suprême ?

 

 

padaré –C’est faux, on nous prête tellement des intentions. Si on voulait imposer des choses, on n’allait pas, le 1er décembre 1990, décadenasser les portes du camp de la mort de l’époque sous Hissène Habré. Alors que beaucoup de pays rechignaient à aller en démocratie, dès l’arrivée du Maréchal Président de la République du Tchad, président-fondateur du Mouvement Patriotique du Salut (MPS), son discours à la nation forçait la droiture : « Je ne vous apporte ni or ni argent, mais la liberté et la démocratie ». Cette démocratie est totale dans notre pays. Le MPS n’a rien à imposer au forum. Ils ont demandé à ce que la majorité désigne un certain nombre de participants et le chef de file de l’opposition aussi désignera des gens qui participeront aux débats. Si on nous dit qu’au niveau de la majorité nous avons dix, l’opposition doit en avoir 10 aussi. Ces agissements appellent de ma part, des procès d’intention de personnes malveillantes qui n’ont rien à exposer, mais passent tout leur temps simplement à vouloir ternir l’image de notre parti. Mais, le peuple tchadien n’est pas dupe, c’est un peuple averti qui voit qui fait du concret et qui passe son temps à pérorer.

 

 

(App) -Dans le microcosme politique tchadien, des langues se délient et dénoncent une certaine opposition acquise à la cause du MPS et prête à faire le jeu ?

 

 

padaré –Au Tchad, il y a la majorité présidentielle et l’opposition démocratique. Si les membres de cette opposition étaient acquis au MPS, on allait simplement leur demander de nous intégrer. Ça nous permettrait d’avoir encore plus de gens. Mais s’ils sont inscrits dans l’opposition, ils font leur travail d’opposants. Et il y a des opposants républicains, ceux qui savent faire le distinguo entre l’intérêt national et l’intérêt partisan. Quand il s’agit de l’intérêt national, quoi de plus normal de se retrouver pour un cas bien précis, dans la même logique que la majorité. Quand le Président de la République soumet une idée, si l’opposition trouve que cela va dans l’intérêt de notre peuple, y souscrire est quelque chose de normal pour moi. Mais il peut être anormal pour des gens qui ne sont qu’à la recherche perpétuelle de leurs intérêts personnels. Nous voulons dire à ces gens avides de pouvoir, que notre peuple prime avant tout et c’est cela être un patriote !

 

 

(App) -Sur un tout autre plan, le Tchad attend des échéances politiques surtout celles habituellement tenues en avril. Y aurait-il péril en la demeure en ce qui concerne les législatives d’octobre ?

 

 

padaré –Vous avez suivi comme nous le chronogramme déroulé par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). On a le 1er tour de la présidentielle qui est prévu le 11 avril 2021; on aura les législatives en octobre de la même année, et les communales en 2022. Donc, au sein du MPS, on s’en tient à ce chronogramme. D’abord, on se prépare pour les élections présidentielles, après quoi, nous nous déploierons immédiatement aux préparatifs des législatives. Tant que la CENI n’a pas publié un autre chronogramme, c’est cela qui fait force de loi.

 

 

(App) -L’opposition démocratique inculque la manie de voir les choses autrement dans la tête des citoyens qui n’attendent qu’un clin d’œil pour boycotter la présidentielle…

 

 

padaré –Le peuple tchadien n’est pas dupe. Il y a des marchands d’illusions, des opportunistes et des parvenus qui pour eux, la politique c’est ce réseau bleu. Quand on a plus de vues sur la toile, on pense que c’est cela la popularité. Ils ne connaissent pas le Tchad profond. Les réalisations du Maréchal parlent pour qui connait l’histoire du Tchad. Le peuple tchadien sait gré au Maréchal Président de la République Idriss Déby Itno, par rapport à ce qu’il est en train de faire pour sa sécurité et son développement. Il y a beaucoup de choses qu’on n’avait pas, mais grâce à l’engagement personnel du Maréchal du Tchad, dans les coins éloignés de nos villages et ferricks, on constate une amélioration.

 

 

(App) -Est-ce que c’est suffisant ?

 

padaré –Ce n’est pas suffisant, c’est pourquoi on se bat pour qu’il y ait un autre mandat de six ans pour nous permettre d’approfondir ce que nous avons entrepris. Au MPS, nous considérons que le Maréchal est le meilleur d’entre nous; il est notre candidat naturel.

 

(App) -Et si la campagne de boycott de la présidentielle arrivait à se réaliser ?

 

padaré –Ça n’arrivera pas. Le peuple tchadien sait distinguer le vrai de l’ivraie. Soyez sereins, rien de tel n’arrivera à notre pays. On en a vu pire. Ces appels de boycott publiés sur Facebook et quelques stations de Ndjamena n’impressionnent guère. Le peuple tchadien veut aller aux élections, et il ira. Certainement. Celui qui ne veut pas y aller, tant pis pour lui ! Celui qui veut y aller, nous aura en face de lui et, projets contre projets, réalisations contre discours creux, on prouvera. Ils peuvent appeler au boycott, mais comment avez-vous vu l’engouement des jeunes pour la révision du fichier électoral ? Malgré les vingt jours, les gens ont demandé qu’on proroge la date de révision, mais la CENI ne pouvait pas, dans la mesure où tout est calé en termes de chronogramme ?

 

(App) -N’est-ce pas une manière de sacrifier plutôt les jeunes qui ont atteint l’âge de voter cette année ?

 

padaré –Si elle proroge, cela va jouer sur la date des élections. De toutes les façons, si on prorogeait de dix jours, on dira pourquoi pas vingt, quand on connait des paramètres qui risquent de porter un sacré coup au chronogramme. Mais toujours est-il que sur une estimation de deux millions attendue de personnes à recenser, l’on est autour d’un million et demi. C’est largement suffisant. Donc, au lieu qu’on ait six millions d’électeurs comme par le passé, on sera à sept millions et plus. Ce qui fait dire que plus d’un million de nos concitoyens auront voix au chapitre pour décider de l’avenir du pays.

 

 

(App) -Quelle lecture faites-vous de l’élévation au grade de Maréchal Président de la République ?

 

 

padaré –Il y a cet homme qui, après avoir consenti de sacrifices, physiquement et intellectuellement pour chasser la dictature dans notre pays, ne cesse de sacrifier son temps pour que le nom de notre pays résonne dans le concert des nations, pour que les tchadiens soient aimés et admirés à l’International. Cette élévation a son sens d’être.

 

 

(App) -Après des années d’une croissance économique globale soutenue entérinée par de gros investissements au plan des infrastructures, on observe depuis un ralentissement de votre taux de croissance. A quoi cela peut-il être dû ? Le Tchad n’a-t-il pas entrepris de diversifier ses sources de revenus pour contrecarrer quelque dépendance au pétrole ?

 

padaré –Le ralentissement du taux de croissance est tout à fait normal dans la mesure où nous avons connu une crise économique assez grave qui nous a conduits à adopter les seize mesures pour pouvoir permettre de nous en sortir le plus rapidement et d’ailleurs, dans la sous-région, je crois que nous sommes 2e après le Cameroun à mieux nous tenir. Pour un pays qui n’a pas une économie diversifiée (Ndlr : L’économie du Tchad était essentiellement basée sur les revenus pétroliers). Or, à partir de 2014, il y a eu une chute brutale de cours du pétrole, ce qui nous a fragilisés dans nos prévisions budgétaires et en même temps, nous avons dû entrer en pourparlers avec le FMI, puisque nous étions sous contrat, des conditionnalités donnent à voir qu’il fallait revoir la masse salariale, parce que nos revenus hors pétrole ne pouvaient pas payer le salaire de nos concitoyens; il fallait sacrifier quelques indemnités en attendant les jours meilleurs. Nos concitoyens ont très bien compris cela. Vous auriez remarqué, que malgré la Covid-19, le Maréchal s’est déployé à restituer les indemnités qui avaient été amputées. Il a tenu à sa parole, voilà pourquoi les fonctionnaires sont payés à termes échus. Malgré les difficultés, le Maréchal a tenu contre vents et marées à ce que le niveau de vie de nos concitoyens soit maintenu. Les Tchadiens le savent bien. N’en déplaise à ces professionnels de critiques stériles.

 

(App) -Comment entrevoyez-vous le Tchad dans trois ans ?  

 

padaré –On a un bon capitaine, le Maréchal Président de la République, Idriss Déby Itno, qui veille heureusement pour mettre en confiance le peuple. J’ai confiance en l’avenir de notre pays. Bien évidemment, nous implorons Dieu pour qu’Il veille sur notre pays, qu’Il veille sur le Maréchal Président de la République pour que le peuple tchadien puisse vivre dans la paix.

 

 

 

Interview menée à N’Djaména par Steven Ngarhokarial pour (App)

 

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