(Agence de Presse Panafricaine ) Depuis quelques jours, une page du projet d’élaboration du budget de la prochaine fête de la Sainte – Barbe 2019 de la Compagnie Minière de l’Ogooué (COMILOG) qui a certainement fuité par mégarde du comité d’organisation et dans laquelle il est clairement proposé le montant de 30 millions de Francs CFA à l’artiste international Fally Ipupa pour sa prestation divise et enflamme les débats sur les réseaux sociaux où chacun y va de son commentaire et de son analyse face au traitement réservé aux valeurs locales.

A l’analyse des faits, plusieurs compatriotes s’insurgent beaucoup sur l’écart qui existe entre les montants proposés au volet « artistes et humoristes » à Fally Ipupa et aux artistes locaux. Dans ce document parvenu jusqu’à notre rédaction, il est clairement proposé la somme de 30 millions de FCFA au seul Fally Ipupa contre 15 millions pour le reste sur un total de 45.000.000 de FCFA. Interprétant cela comme un manque de considération vis-à-vis des artistes locaux dont le traitement laisse à désirer, plusieurs compatriotes sont montés au créneau et voici leurs réactions :

« Le complexe d’infériorité Gabonais n’aura jamais de limite. Notre devoir de promouvoir nos propres talents n’aura donc jamais de sens. La COMILOG, entreprise Gabonaise organise un concert populaire à Moanda au Gabon. Le traitement des artistes invités est une injure pour les valeurs locales.  30 millions de francs CFA pour le seul zaïrois sur un budget de 45 millions, 1 seul petit million pour une Gabonaise. Ce pays vous a fait quoi ? », S’interroge Hyacinthe Marcel M’ba Allogho (Journaliste).

Pour Marvel Zang ce « grand concert sert à célébrer d’une part les milliards de COMILOG et d’autre part la souffrance des Gabonais », ce que ne partage pas forcement Rhonny Starr Byong (journaliste et promoteur du Magazine Super Stars) qui demande de foutre la paix à Fally en ces termes : « Lajoie et le plaisir doivent savoir se vendre chez la personne qui en a besoin. Foutez la paix à Fally. Il ne vous a jamais demandé de brader votre talent à 100 balles ». Et Hervé Martial Minko Malonga de rétorquer « …votre raisonnement me semble être aux antipodes de votre amour pour la culture et les artistes de ton pays (…) le pays et ces grandes compagnies qui tirent profit de notre sous sol ont du mal à réserver une place de choix pour l’art Gabonais. Si l’absence des droits d’auteur plombe la carrière de certains talents nés, ces derniers pouvaient au moins être dignement revalorisés par ces grosses entreprises lors de leurs réjouissances. Ces cachets s’ils sont significatifs peuvent permettre à ces artistes comme tu les appelles à deux balles de grimper la pente de plusieurs milliers des millions de balles en sortant de leurs tiroirs leurs albums bloqués faute de moyens et de producteurs. Apprenons à valoriser notre génie créateur et à récompenser les efforts de ces artistes … ».

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Certain comme Alino Doukaga pense que c’est du gâchis : « Si COMILOG veut dépenser elle n’a qu’ offrir les tables bancs pour les écoles de Moanda, Bakoumba, Franceville où à Lastourville car 90 millions (budget prévisionnel des et du matériel) c’est trop pour une journée ». Même réaction pour Mory Hortense qui renchérit : « la responsabilité sociétale des entreprises ou RSE désigne la prise en compte par les entreprises des enjeux, sociaux et éthiques dans leurs activités. Les activités des entreprises sont ici entendues au sens large : activités économiques, interactions internes et externes. Célébrer la Sainte – Barbe est une tradition chez vous que nous ne saurons condamner car elle est en plus de la reconnaissance à votre sainte patronne, un moment pour gratifier en toute convivialité les efforts de vos employés.

Toutefois, investir 90 millions pour des trémoussages me parait d’une incongruité à abrutir une légion d’économistes quand on voit l’état des voiries d Moanda et autres. Vous me direz que ceci ne relève pas du cahier de charges de COMILOG mais je répondrai RSE. Avec 90 millionsFCFA, combien de star up peut-on financer afin de sortir les jeunes de l’oisiveté les entrainant à se livrer à toutes formes de vices ? Pardon, je ne boude pas mais j’aurai aimé que vous fassiez bouger autre chose… »   

Objectif, Mac Gregor Mass estime que « le business ne se gère pas avec des émotions. Chaque artiste à son prix et ils le savent. Celui qui sait qu’il vaut plus que ça, qu’il refuse tout simplement en attendant qu’il soit payé à sa juste valeur ». Avis appuyé par Curtis présentateur d’émissions télé qui recadre : « je vois la majorité s’offusquer sur la différence qui existe entre les artistes étrangers et les locaux. Il faut dire que ce domaine est libérale et chaque staff met en place une politique commerciale qui lui permettra de rentabiliser au max et tout passe par la qualité et la promotion du produit…Donc ne tenez pas rigueur au client COMILOG…C’est pourquoi on peut observer différents cachets …Aussi longtemps que les artistes locaux pour le cas de figure ne se donneront pas de la valeur on les prendra comme tel. J’ai appris que dans ce domaine il faut savoir créer et saisir les opportunités… »

Confus et surtout étonné  de la cette divulgation sur les réseaux sociaux, Stéphane Bivéghé (animateur télé et radio) moralise : « à ceux qui se demandent pourquoi faire prêter serment aux responsables d’administrations lors des prises de fonctions et leur demander de jurer de garder secret les dossiers même après leur départ …Voilà. C’est pour éviter ce genre de chose. Voilà une pièce comptable d’une entreprise sérieuse COMILOG qui est mise dans la place publique ».  

Certainement au fin du dossier, Jean Lilyan Ngoye Mikiela a tenu à apporter la précision suivante : « je tiens à apporter une précision qu’il s’agit ici d’un projet de budget proposé par le comité d’organisation qui n’a pas encore été validé par la Direction Générale ».  

Chaque année presqu’à la même date, la COMILOG organise la Sainte – Barbe pour récompenser l’abnégation des travailleurs méritant, louer les efforts au sein de l’entreprise et à renforcer la solidarité et l’engagement des travailleurs à travers des festivités sociaux, éducatives, sportives et récréatives généralement marquées par un concert populaire organisé au cours de la soirée de gala.

Par Yorick KOMBILA MANFOUMBY APP 

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