(Agence de presse panafricaine) C’était dans le cadre des élections générales et, la crise socio sécuritaire que traverse le pays n’a pas empêché les uns et les autres à aller accomplir leur devoir citoyen.

Un scrutin qui, selon les observateurs vient mettre fin au règne absolu du parti au pouvoir depuis plus de quarante ans. De 8h à 18h, les vingt mille bureaux de vote n’ont pas désempli et, d’après l’organisation non gouvernementale Afric, présente dans plusieurs provinces du pays, on ne déplore aucun incident.  

la première dame vote fièrement

Le chef de l’Etat sortant Filipe Nyusi a voté  à 8 h heure locale  au centre de vote d escola secundaria à maputo et, au sortir de là, il s’est montré confiant face aux journalistes venus couvrir l’évènement : « Le Mozambique a choisi d’aller de l’avant de façon pacifique. Continuons ce processus de façon sereine. Que le meilleur gagne ».

la liste des candidats

« J’appelle la population mozambicaine à venir voter massivement. J’en appelle à mon frère Nyusi, le chef de l’armée à respecter la volonté du peuple… », a de son côté lancé M. Momade, après avoir glissé son bulletin dans une urne de Ilha de Mozambique (centre).

L’on ne risque aucune surprise désagréable, au sein du Front de Libération du Mozambique. Les candidats de cette formation politique sont bien partis pour remporter ces élections et toutes les autres en dehors des scrutins régionaux. Lors de ces dernières, les gouverneurs des dix provinces du pays, jusque-là nommés par le régime, sont élus au suffrage universel.

Un espoir sur lequel s’accroche leur principal challenger Ossufo Momade et son parti  « Résistance nationale du Mozambique » (Renamo).

La Renamo pourrait ainsi priver le Frelimo du contrôle de trois à cinq des dix régions du pays, une grande première, selon certains analystes, notamment  l’avocat Ericino de Salema, de l’Institut électoral pour une démocratie durable en Afrique: « La géographie politique du pays pourrait changer de façon substantielle, peut-être même dégénérer en affrontement… ».

Une période électorale émaillée de nombreuses violences avec des affrontements inouïs pendant les six semaines de campagne. Des tensions qui ont culminé avec l’assassinat d’une figure de la société civile de la province de Gaza (sud), chargée de l’observation des élections, abattue au volant de sa voiture par des policiers.

Pour Luter Simango, député du Mouvement démocratique du Mozambique, « Le Frelimo a peur de se retrouver dans l’opposition, alors il utilise tous les moyens de l’Etat pour survivre (…), y compris la police et les services secrets… ».

un observateur

Lors des élections locales l’an dernier, le Frelimo a réalisé la plus mauvaise performance électorale de son histoire avec seulement 51,8% des suffrages au niveau national.

Depuis 2016, son gouvernement est fragilisé par une grave crise financière causée par le scandale de sa “dette cachée”, un emprunt secret de 2 milliards de dollars qui a mis au jour une vaste opération de corruption au sommet de l’Etat.

Il est en outre confronté depuis deux ans à une mystérieuse insurrection islamiste qui a fait des centaines de morts dans la province du Cabo Delgado (nord) et risque d’y retarder l’exploitation très attendue de prometteuses réserves sous-marines de gaz.

Par Ricci Eyock App et Sikka Tv

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